Les mémoires d'une jeune femme frondeuse
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WARNING

Ceci est un journal intimo public ce qui peut être explique bien des choses mais sûrement en rend d'autres nettement plus obscures.

Certains faits ont été volontairement passés sous silence, d'autres modifiés pour des raisons d'anonymat ou de cohérence et quelques uns, sont le fruit d'un délire purement Topakovlien.

Lecteur, tu n'es pas au bout de tes peines....Mais dis toi que pour moi, c'est pire

nb1: j'oublie la moitié de ce que j'écris, je ne vous en voudrais pas d'en faire autant.

nb2: Lecteur j'en appelle à présent à ton indulgence, fais fi de ma syntaxe désastreuse

Bref je vous conseille de partir.
Tout ceci est affreusement compliqué.

AnnuArt: le portail culturel et webzine d'actualité sauce piquante qui cultive sa différence...
http://perso.club-internet.fr/fabienma/annu-art


http://www.biographesdunet.net

http://www.annublog.com/


< <http://www.ringsurf.com/netring?ring=ParisBlog;id=303;action=prev>
? <http://www.ringsurf.com/netring?ring=ParisBlog;action=rand>
ParisBlog <http://www.parisblog.fr.st>
* <http://www.ringsurf.com/netring?ring=ParisBlog;action=list>
> <http://www.ringsurf.com/netring?ring=ParisBlog;id=303;action=next>

carlafrondeuse@yahoo.fr

Ceci est une archive du journal et non pas le journal lui-même.

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mardi 11 mars 2003 à 12h11
Ecrire, toujours écrire, même quand on a rien à en dire
Tentative d' « adjectivisation » de ma délicieuse personne

inconstante
infidèle
surprenante
drôle
attachante
parfois époustouflante
rieuse
moqueuse
charmeuse
divine
contrariante
excessive
vive
intelligente
souvent stupide
traîtresse
jalouse
exaltée
amoureuse
douce
violente
sensible
féminine
intransigeante
excessive
indépendante
folle et heureuse
lunatique
individualiste
égocentrique
généreuse
narcissique
ambivalente
voire ambiguë.

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mercredi 12 mars 2003 à 13h09
Alice : Retrouvée une amie d'enfance et découvrir que les mythes ne resistent pas à la réalité
Je me souviens d'une enfant blonde, fière parfois prétentieuse, brillante et dure, d'une musicienne douée et d'une danseuse légère, d'un corps long et fin, d'une petite fille que j'aurais souhaité être tant tout autour d'elle paraissait évident.

Elle se souvient d'une enfant brune aux cheveux longs et épais, harmonieuse, intelligente et insaisissable, une danseuse aux mouvements sensuels et fluides, d'une musicienne sensible, d'une petite fille qu'elle aurait souhaité être tant tout autour d'elle paraissait évident.

Aujourd'hui, hier, nos retrouvailles.
Et découvrir soudain quelle chance j'ai d'être ce que je suis, non pas en opposition de ce qu'elle est, mais simplement parce que c'est moi et que je ne pourrais pas être autrement, que je ne voudrais pas.

_______________________

Le plus curieux à l'entendre parler de notre enfance et de moi: j'étais déjà ce que je suis, n'appartenant qu'à moi même, mes désirs, mes rêves.

J'étais heureuse. Je le suis toujours.
Et libre.


Alors j'ai eu envie de partager. Partager cette vie que je ne reconnais pas toujours, que je comprends si peu, de l'écrire au jour au jour le jour.

Des raisons que l'on évoque parfois pour expliquer le pourquoi du comment...

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jeudi 13 mars 2003 à 13h15
Mon amoureux : Comment je me suis disputée avec Armaury, ou l'on acquiert la certitude qu'il existe une certaine fatalité
Résumé des épisodes précédents: discussion dominicale et claquage de porte

Un dimanche.
Un dimanche qui avait mal débuté : nous nous étions couchés tard, des amis étaient passés chez moi, nous avions beaucoup bu et à vrai dire j'aurais préféré me réveiller seule.

Mais ce matin, il y avait indubitablement deux individus dans mon grand lit .

Moi comprise naturellement.

Conséquence inévitable de cette délicate situation......

Exemple de dialogue de sourds qui n'ont pas perdu leur langue

"bonjour toi"

Je vous présente Amaury, mon amoureux du moment, qui ne se doute pas un seul instant de mes sombres pensées (1). Il a 29 ans, il est libraire, c'est un intello qui porte des lunettes, écoute de la musique expérimentale et estime que le supplément du monde des livres est d'une nullité rarissime

"salut"
La petite brune là avec les cheveux en bataille, des cernes violettes et un air d'héroïne aux prises avec de terribles dilemmes existentiels, c'est moi.

et voici l'improbable dialogue que nous allons avoir....


"Amaury, tu as prévu quoi pour aujourd'hui?
l'air de rien, je me renseigne, parce qu'il a tous les signes distinctifs du félin qui élit domicile sous la couette,

"je suis libre comme l'air mon amour, comme je repars samedi en mission je me suis débrouillé pour avoir du temps libre pour toi chérie"

Il est touchant quand il dit ça. Presque un peu trop.
Et moi je me sens déjà affreusement coupable.

La conversation s'engagent mal. La situation me paraît périlleuse.
C'est qu'Amaury est un chic type.


"Mais hum oui, hum, Amaury? je dois déjeuner chez mes parents"
Je sais, l'excuse est bidon. Je n'ai pas toujours des explications délirantes sous la main, je suis humaine !

"un dimanche?"
Là je le sens franchement sceptique, pas vous ?

"oui parfaitement, tout le monde fait ça tu sais"
Après tout, je ne suis pas si différente des autres...

"toi jamais"
Les libraires intellos sont toujours implacables et Amaury est un paradigme du genre.

Que faire ?
Se taire.
Un silence.

Changement de service.


" et bien aujourd'hui si, mon père m'a invité à un brunch"
Na.
C'est un peu plus crédible non ? Genre ex 68ards embourgeoisés.

"présente moi"
Ça pour le coup, c'est bourgeois ! Et il est très sérieux quand il me demande ça. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il insiste pour se faire supplicier par mon père

"mes parents? Armaury! présente moi les tiens d'abord"
Na na nère.

Je me sens déprimée tout d'un coup. Combien de fois avons nous déjà eu cette discussion ?

"je te l'ai souvent proposé"
Le voilà impitoyable maintenant. Mais il n'a pas le physique de Clint Eastwood <http://www.clinteastwood.net/welcome.html>. Non c'est plutôt le style torturé limite gothique. Marilyn Manson <http://www.marilynmanson.com/> ? Non plus.
Entre Marilyn Manson et Clint Eastwood, vous voyez le juste milieu ? C'est lui.

"écoute, ça n'a rien à voir avec toi mais tu sais que j'ai besoin de mon espace...."
Voilà, maintenant mes explications embarrassées...Il sait très bien que je déteste dire non (parce que je déteste qu'on me dise non. « Ne fais pas à autrui... », à quand la joue gauche ?).

"oui Carla....encore le fantôme de X, j'en ai assez"
Il soupire, il compatit, il geint un peu, je crois.

A ce moment tout s'accélère,

"Amaury, pardon, c'est la fatigue, j'ai les idées noires, je suis irritable. Il vaut mieux que tu partes"

"mais je t'aime aussi comme ça Carla; je veux tout avec toi, mon amour ne varie pas selon tes humeurs"

(attention ce qui va suivre est un exemple type de ce genre de dialogue)

"j'ai besoin d'être un peu seule"
"si nous vivions ensemble Carla?"

(un classique du genre)

« Amaury; c'est trop tôt je ne me sens pas capable de.....
"pas capable d'aimer?
" ce n'est pas ça, tu es injuste
"tu ne m'aimes pas vraiment
"j'ai un autre rythme, Amaury
"tu ne veux pas t'engager"
"tu as raison pas comme ça, pas encore, je retrouve à peine mes marques...
"ok je me casse


Je ne l'ai pas retenu. J'étais mal. Et triste. Il a laissé la porte ouverte quand il est parti.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je me suis remise au lit, j'ai allumé l'ordinateur, consulté mes mails.
Et mon horoscope.

"Dimanche: évitez tout contact avec l'espèce humaine, si ce n'est pas possible, n'engagez absolument pas de discussion sérieuse qui risquerait de mal finir"

Merci pour l'info. Comme quoi il y a des fatalités auxquelles on ne peut pas échapper.

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jeudi 13 mars 2003 à 14h16
Petit mot sur la table de la cuisine, où l'on évoque le pardon
Amaury,

Mes désirs naissent en dehors et au delà de toi, est ce que cela veut dire que je ne t'aime pas ou pas assez?

Peut être.

je ne laisserais plus jamais un homme me manger toute crue.

Tu dis que je suis une femme fatale parce qu on ne peut que m'aimer passionnement.

Peut être.

suis je vraiment responsable de l'amour qu'un homme peut me porter?

Armaury, je te demande pardon, mais tu le sais déjà: je ne resterai pas si tu l'exiges.

ta bien mal aimée

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lundi 17 mars 2003 à 19h32
Ce soir
mes débuts dans l insoutenable légéreté de l'être; tristan à nous deux

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mardi 18 mars 2003 à 11h53
Où l'on s'aperçoit qu'il ne suffit pas de s'appeler Tristan pour pratiquer le "fin amor"
ou De l'infidélité comme technique de rupture, illustration du syndrome don juan au feminin)

Le leitmotiv du beau Tristan:
"sexe et coolitude"

Nous nous sommes rencontrés la première fois il y a moins de trois semaines. Il me plaisait, oui il me plaisait, je lui plaisais forcément puisque seul le sexe l'interesse et qu'il l'assume sans complexe.

Mais c'eut été trop simple. Et j'ai trop de plaisir à l'espeglierie.

Et puis ou irions nous si nous cedions systematiquement à la premiere tentation venue?

(d'autant que je vivais une très jolie histoire avec Armaury à ce moment précis)

Alors je lui ai dit que je ne couchais pas. Que je detestais le sexe. Que les seuls hommes qui trouvaient grâce à mes yeux étaient les homos, les hommes séniles et les moins de 18 ans justement parce que le sexe était inenvisageable avec eux. ça l'a fait rire. Avec mon petit corps de latino comme il dit, ca lui semblait un discours improbable. Forcément. Mais il n'a pas insisté.

Parce que comme il dit "keep easy, pas de pathos dans ma vie".

Et puis Armaury a recommencé à me parler d'amour. Pire nous nous sommes disputés mechamment.

Jusqu'à sa phrase fatale:
"tu n'es pas capable d'aimer alors?"

Mais bon sang! ce qui est important c'est le bonheur qu on a ensemble non? dire je t'aime, c'est si simple et j'aime tant de choses, j'aime les fleurs, le bleu du ciel, ma boulangère...

Est ce que cela ne suffit pas? Faut il toujours envisager l'avenir plutôt que de vivre le présent? doit on se déchirer pour de simples mots dits dans un moment de fatigue?

(séquence émotion)

Dire qu'on m'a fait croire pendant des années que les hommes étaient des brutes, obsédés et anti romance.

Je ne connais que des hommes amoureux.

Je m'embrouille dans mon propos.

Hier Victoria me disait que c'est ce dont elle rêve: des hommes amoureux. Et là messieurs je me dis que vous êtes stupides ou hypocrites. Après tout c'est facile de vouloir tout d'une femme qui n'est pas prête à abandonner sa liberté au nom de valeurs totalement dépassées. Il y a un tas de filles qui ne demandent que cela, pourquoi toujours vouloir épingler les papillons? Ils sont tellement plus beau en liberté...

je ne veux que des moments heureux, ou pas d'ailleurs, mais de respect, de partage, et surtout que ce soit toujours un choix et pas une habitude, pas un carcan. Je ne veux pas briser de coeur, juste donner du bonheur, le bonheur de l'instant.

Alors j'ai rappelé Tristan.

et....

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mardi 18 mars 2003 à 15h37
Où l'on note quelques constances dans les pratiques de l'amour en occident
" Au Moyen-Âge, au XIIe siècle, naquit l'amour courtois ("fin amor" en occitan), un genre littéraire dont la naissance est attribuée au troubadour Guillaume IX d'Aquitaine.(4) On y aborde des thèmes comme la sublimation de la femme, les passions chevaleresques et vaillantes et bien sûr la courtoisie. Des poèmes et chanson provenant de cet amour courtois, mettant en scène la dame que les troubadours vénèrent, vint le roman courtois. Ces derniers mettent en scènes des exploits de chevaliers et des aventures amoureuses. Tristan et Iseult est un de ceux-là, il suit certaines règles de l'esprit courtois de l'époque. Donc, dans ce récit, le mariage est arrangé, la dame est toujours unique et parfaite, le chevalier présente les qualités que requiert le droit d'être dans cet amour, etc. Mais plus souvent qu'à son tour, ce texte ne respecte pas les règles et préceptes de l'amour courtois. Plusieurs passages du roman s'apparentent davantage à d'autres écrits de la même époque (dits, fabliaux). À l'époque, la dame n'est pas supposée avoir de parole et de voix propre. Elle doit être passive et son pouvoir n'est que symbolique. Tristan et Iseult ne respecte pas toujours ces règles de l'amour courtois.
. " Isabel Millaire


Comment Tristan et Carla réinventèrent l'amour courtois "

Lundi soir, au coeur du quartier latin, dans un appartement sous les toits.

" je peux t'embrasser ? "(1)

Voilà une question qui me perturbe toujours, surtout quand elle vient d'un homme qui me plait "visiblement". Mes signaux ne sont ils pas clairs ? cela fait 2h que je suis là à faire l'idiote . Nous sommes assis sur son canapé, il m'a montré quelques un de ses documentaires (2), nous avons discuté, j'adore déjà le titiller.

" Tristan, pourquoi tu me poses la question ? "
" Parce que je veux être sûr que tu en as envie, bébé (3) "
" ca ne se voit pas ce dont j'ai envie ? "
" oui et non, tu es ambiguë, cela dit, cela donne encore plus envie de t'embrasser "

S'en suit une discussion absurde dont j'ai le secret qui aboutit à cette phrase summum de mon art du dialogue

" d'accord pour un baiser mais sans la langue "

Il a posé ses lèvres sur les miennes. J'ai glissé ma langue entre ses babines (4)

Je me suis éclipsée au petit matin , un dernier baiser sur son front endormi ; je me sentais légère, vivante, mais pas fébrile.
Rentrer dans ce petit bar de la montagne ste G
Prendre un café au comptoir
Ecouter les gens parler
Apprendre que ce n'est pas encore la guerre
Regarder dehors les autres, plus pressés
Sourire a toutes ces inconnues que contient une journée.

__________________________
Notes

(1)C'est difficile un premier baiser. Ça ressemble toujours à une toute première fois, un instant suspendu, d'incertitudes prometteuses
Accepter un étranger dans sa bulle.
Se laisser capturer et saisir.

(2)Je l'avais prévenu, je veux bien voir tes doc. mais ne me demande pas mon avis ensuite, je te dirais que c'était super de toute façon
Lui rieur : pourquoi ?
Moi : traumatisé par mon papa et ma belle mère qui des qu il font un nouveau film m'en impose le visionnage. En soi ce n est pas si désagréable mais quand ils s'assoient, mon père a droite ma belle mère a gauche et observent chacun de mes mouvements durant la séance, c'est une pression effroyable !

(3) j'ai honte oui j'ai honte mais j'adore qu'il m'appelle bébé avec sa voix grave et chaude, douce….hum et aussi quand il ronronne de désir

(4) un délice. Quant au reste il appartient déjà à une autre histoire qu'il m'est impossible de relater ici

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mardi 18 mars 2003 à 16h12
Conversation avec Theobald, où l'on s'aperçoit qu'il ne suffit pas d'être prof de philo pour comprendre les méandres de la nature humaine ( et spécialement féminine)
Theobald, 35 ans prof de philo ne comprend pas ce que je lui raconte autour d'un cocktail dont lui seul à le secret

-écoute n'importe quel mec normalement constitué se proposerait de coucher avec toi si tu lui demandais
-mais non c'est différent. Tristan me plait, il me respecte, il respecte mes désirs, mes envies, et quand je suis avec lui je suis certaine que c'est uniquement parce qu'il aime bien que je sois là. Je n'ai pas besoin d'être exceptionnelle, juste moi
-mais tu es spéciale, c'est un fait
-non justement, et puis j en ai assez d'être spéciale ; on discute, on fait l'amour, il ne me pose pas de question, je me sens totalement libre, de partir, de rester, de me taire, ou de dire des bêtises
-et le sexe ?
-c'est bien mais je suis une cérébrale, ça ne peut pas être aussi bien qu'avec un homme pour qui j ai le frisson amoureux. C'est étrange, je ne ressens vraiment rien pour tristan. Je me sens bien avec lui, je me sens femme et petite fille. Il peut être très tendre ; je n ai jamais connu cette absence de sentiment tu sais comment je suis…
-oui tu tombes vite amoureuse et tu te lasses aussi vite
-ce n'est pas de ma faute si les hommes sont décevants !
-Carla !
-Tristan n'a pas besoin de me posséder
-Tu es naïve, c'est épatant ! et Armaury ?
-Armaury m'aime trop
-Trop !
-Oui trop pour m'aimer vraiment
-Tu dis n'importe quoi !
-Mais non : il aime une image, une Carla inventée de toutes pièces pour lui
-Non je crois que tu te trompes
-Je dois sans cesse être à la hauteur de ce qu'il imagine de moi, je dois toujours être hors norme (1)
-Tu l'es
-Non, enfin peut être que oui mais pas comme ça
-Tristan t'as dit que tu étais normale ?
-Non mais...
-Tu vois
-Argh !!!!!!!

Est ce que quelqu'un me comprend ?

(1) comme avec mon Papa

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vendredi 21 mars 2003 à 18h03
Balthazar, ou les circonstances tragi-comiques de mon second baptême
Lorsque nous avions 17 ans, Balthazar (1) s'inspira de mes (més)aventures pour créer un personnage (2) de bd et autres romans feuilletons : Mirabella, femme fatale et fatalement dangereuse, diabolique et assassine ; la belle et cruelle étant assisté dans ses méfaits par le Vicomte de C (Balthazar lui même).

(sur la couverture de l'album on voit Mirabella avec un look à la Marlène Dietrich rayant le nom d'un amant sur une liste, un couteau ensanglanté et un corps inerte d'homme à ses pieds, un téléphone des années 50 sur une petite table et son fidèle chat aux airs de félinité légèrement perverse qui semble attendre quelque ordre de sa maîtresse)

Même rétrospectivement, l'histoire a bien vieilli et épingle avec une acuité étonnante la petite bande que nous formions à l'époque.

Genèse d'une œuvre, où l'on découvre que les adolescents lisent parfois trop de romans

Présentation des acteurs du drame et autres personnages fantaisistes (3)

En seconde, nous formions une petite bande digne d'une série d'Aaron spelling pour public averti ; il y avait en un mot comme en huit:

Godefroi, grand blond qui se donnait des airs de rebelle ténébreux mystérieux.
Constant, le musicien farceur
Mariam qui a trop lire Balzac et Laclos avait pris un goût excessif pour les intrigues mesquines mais je ne le savais pas encore (pourtant Balthazar m'avait prévenue)
Babeth militante gauchiste, insoumise et pourtant chouineuse (
Oscar, grand manipulateur devant l'éternel
Vania, vrai romantique rêveur
Balthazar, intellogogo, déjà acteur dans l'âme, membre actif de l'oulipo, futur pataphysicien si il n'était devenu acteur
Maxence, beauté brune et légèrement efféminée

Au début de l'année Maxence et moi tombions amoureux ; Mais très vite nous préférâmes les liens d'amitié pour des raisons qui paraîtront évidentes aux lecteurs de la note (4).
Quasiment instantanément, Mariam tomba amoureuse de Constant. Mais Constant préférait la musique aux femmes phalliques. Ce fut alors de Godefroi qu'elle s'épris, hélas sans retour car Godefroi la préférait comme amie (5) . Elle ignora Maxence trop délicat pour sa poigne de fer et se méfia toujours de Balthazar.
Parallèlement, Vania brisait le cœur de ma meilleure amie Olga, le temps d'une coucherie et se brouillait avec moi sans que je comprenne pourquoi, tandis qu'Oscar m'avouait qu'il ne comprenait pas pourquoi je lui avais toujours préféré son meilleur ami, en l'occurrence ce même Vania (6).
Conjointement, Babeth, jamais à cours d'idée pour se prouver qu'elle était différente des autres et définitivement particulière, se pris de passion amoureuse et littéralement sexuelle pour ma personne sans que je sache jamais comment elle avait pu concevoir une idée aussi saugrenue dans le contexte de l'époque.
Quant à moi je servais de muse à Balthazar et Constant qui passait tout leur temps libre chez moi dans une joyeuse insouciance.

L'année passa. L'été pointa son nez au dessus du jardin du Luxembourg. Et Constant et moi tombions amoureux sans même nous en apercevoir tant nous avions pris l'habitude de la présence l'un de l'autre ;

Un soir tout le monde s'aperçut que notre belle amitié avait pris la tangente et c'est là pour ainsi dire que tout se détraqua.

Le lendemain, Mariam prétendit avoir besoin de me parler. Nous avions rendez vous dans un bar à Montparnasse. Elle m'attendait là avec Oscar, très dignes tous les deux. J'étais surprise mais nous étions amis non ?
Et bien non.

" Carla est ce que tu te rends compte ? es tu inconsciente ? "

Mais de quoi s'agit il ?

" Tu es vraiment une garce "
ah ? flûte j'ai encore raté un épisode

" Godefroi est amoureux de toi ; te rends tu compte que c'est le meilleur ami de constant ? "

Mais qu'est ce qu'ils me racontent ? Godefroi ne m'a jamais parlé d'amour, ni à Constant d'ailleurs, Constant et moi n'avons aucun secret.

" tu as brisé le cœur de Vania "

Quoi ? mais non c'est lui qui a brisé le petit cœur d'Olga ! nous n'avons jamais été autre chose que des amis !

" même moi, j'avais un faible pour toi "
Oscar dragueur silencieux et parfait exemple de fatuité

" Babeth se consume pour toi "
ah ça je n'y peux rien quand même !

" et j'aime Antoine ! "
Mariam, et bien moi non !

" tu es trop légère ! "

A ce stade je suis partie

(cette histoire nous a tout de même occupé jusqu aux grandes vacances avec reglement de comptes et tout le tralalalala)

et c'est ainsi que Balthazar imagina ce fameux personnage de femme fatale et ceux qui l'entourent.

Pour me consoler et me faire rire.

Mais pourquoi je raconte tout cela ?

Pour la suite pardi !

(1)mon meilleur ami encore aujourd'hui, amitié à part, exceptionnelle et savoureuse
(2)à mon image physique et allégorique
(3)J'avais aussi une autre bande d'amis, gardée du collège et curieusement uniquement constitué de garçons, Anthelme, Joris, Aaron, Michael et Jérémie, auquel s'ajoutait mes deux meilleures amies (encore aujourd'hui), Olga et Amandine
(4)j'eus la chance comme avec Balthazar d'être la première au courant de son homosexualité
(5)ce qui selon moi était une erreur , ils étaient parfaitement fait pour s'entendre à tout point de vue
(6)la boucle est bouclé

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vendredi 21 mars 2003 à 19h07
Femme fatale ou fatalité féminine
J'avais presque oublié cette histoire, celle de Mirabella, femme fatale et c'est tout à fait par hasard (ou destinée ?) qu'elle est revenue au goût du jour dans mes conversations avec Balthazar.

Nathalie, ou la démonstration que les psys sont souvent plus tordus que la moyenne

Nathalie est une amie d'Armaury : la quarantaine florissante, mariée à un ingénieur du son de théâtre, une fille de 16 ans, huitième merveille du monde, évidemment. La parfaite petite bourgeoise, bien sous tout rapport : intelligente, drôle, cultivée, vote à gauche, bonne épouse, bonne mère .
Mais derrière ce portrait lisse, s'agite une autre femme, adultère et qui plus est multirécidiviste, un brin manipulatrice, une séductrice de talent vu son physique qui ne prête pas a priori a ce genre d'exercice.
Or donc un soir il y a déjà quelque mois (1), Armaury m'invite à un dîner mondain chez lui, une dizaine d'invités, tous plus ou moins des intimes. On me présente, oui c'est moi Carla tralalala, le repas se passe plutôt sous de bons hospices (de ceux qu on oublie une fois passé même si ils sont agréables), le vin est bon et abondant.
Je trouve Nathalie sympathique, c'est notre première rencontre. Elle est venue sans son mari, mais Armaury m'a déjà parlé d'elle (2). Elle me fait rire, elle a le sens de la repartie et surtout sait rester très naturelle. Un peu plus tard, elle me prend en aparté sur un coin de canapé

-Carla, dis moi, tu ne connaîtrais pas Lothard L par hasard ?
-Si, mais je ne l'ai pas revu depuis longtemps
-Je sais
-Ah oui ? mais pourquoi tu me demandes ça ? c'est un ami à toi ?
-Un ex, un ex que nous avons en commun
-Ah (3)
-Le monde est petit
-Oui
-En fait je l'ai connu juste après votre séparation
-Oui ?
-Et il m'a beaucoup parlé de toi, en fait il ne parlait que de toi, Carla dit ça, Carla pense ça, Carla habite là, Carla fait l'amour comme ça
-Désolée, je ne savais pas qu'il avait autant fixé sur moi
-Il était persuadé d'avoir tout gâché
-Non, nous n'aurions jamais du nous rencontrer simplement
-Je crois que tu représentais pour lui la princesse inaccessible du conte de fée
- tu délires là Nathalie, tu es restais longtemps avec lui ?
-Je suis mariée
-Je sais
-Non pas très, un jour il n'a pas rappelé
-Ce n'est pas plus mal, ce type n'en vaut pas la peine
-Mais quel corps !

A suivi toute l'histoire de leurs relations auxquelles jétais semble t il et bien malgré moi, intimement liée ; j'étais surprise, un peu choquée qu'une femme de cet âge accepte ce type de relation avec un homme plus jeune mais après tout, ca m'était assez égal. Le seul moment ou j'ai tiqué c'est quand elle m'a dit
-tu sais Armaury est juste un ami, je n'ai jamais été attiré amoureusement par lui
Nathalie, d'une grande bonté

-je ne m'en suis jamais inquiétée
Carla, mielleuse

Le sujet était clos.

Cela dit quelques jours après dans un resto chinois, Armaury me rapportait une toute autre conversation…

-Nathalie t'aime beaucoup mais elle m'a prevenue contre toi
-Oui ?
-Elle pense que tu ne peux pas t'intéresser à un type comme moi (5)
-Elle pense ce qu'elle veut
-Et que tu es dangereuse, une sorte de femme fatale
-(rire) qu'on me trouve un peu folle, je veux bien, mais fatale !
-et dangereuse
-Armaury, qu'est ce que tu en penses ?
-Qu'elle a peut être raison
-Qu'est ce que nous faisons là ?
-C'est une part de la fatalité (sourire)
-Elle est culottée tout de même, elle ne sait de moi que ce que Lothard lui a dit, elle fantasme souvent sur les gens comme ça ?
-Parfois ça lui arrive, c'est souvent amusant
-Peut être, mais je ne suis pas dangereuse, je ne demande pas même que tu m'aimes Armaury
-Je sais
-Tu sais aussi que je suis amoureuse de toi ?
-Oui
-Qu'est ce qu'on fait alors ?
-Ca n'a plus d'importance, tout est déjà joué, ma chère veuve noire

Nous avons ri. Mais des souvenirs d'adolescence ont commencé à faire surface.
En rentrant j'ai appelé Balthazar

-Balthazar ?
-Non c'est Gio, Carla, tu es impossible
-Pardon Gio, c'est une urgence !
-(rire) tu as de la chance il est juste là
-Balthazar ?
-Oui carla ? quelle catastrophe menace ton monde intérieur ce soir ?
-Tu te souviens de Mirabella ? (4)
-Oui bien sûr, tu as peur que je devienne Alzeimer ?
-Balthazar ! est ce que tu crois que je suis une femme fatale ?
-Oui absolument, parfaitement, catégoriquement, mais je suis à l'abri de tes charmes, quoique, regarde l'heure, et je réponds encore à tes questions
-Balthazar non tu as tords !
-J'ai raison et je t'aime, tu veux venir dormir à la maison ?
-Oui ! Gio ne va pas râler ?
-Gio rêve d'avoir un enfant, tu nous serviras de cobaye
-J'arrive

Vous me direz quel rapport avec le reste ?

(1)Armaury me faisait encore la cours
(2)Nathalie a choisit Armaury comme confident de toutes ces frasques
(3)Lothard, nous avons été quelques temps ensemble jusqu'au jour ou je me suis aperçue qu'il vivait avec une autre, j'en ai profité pour le quitter mais alors il s'est mis en tête de tout laisser tomber pour me rejoindre. J'ai dit non, à cette époque j'étais vraiment perdue, j'essuyais les plâtre de ma séparation , nous nous connaissions à peine et sincèrement ce type était une erreur malgré son physique avantageux. J'étais tombé amoureuse parce que j'avais besoin de m'en convaincre et d'oublier le reste ; mais nous ne faisions pas partis du même monde, c'est aussi une réalité , qu'on la trouve cruelle ou pas.
(4)Voir écrit nommé " Balthazar, et mon second Baptême "
(5)Un intello rêveur, voilà ce qu'est Armaury

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samedi 22 mars 2003 à 16h01
3 nuits sur 7
Tristan a appelé ce matin (1)

Extrait :

" - allo Carla ?
-oui ?
-c'est tristan, alors libre ce soir ?
-tu as envie ?
-oui tu m'as trop manqué, ton corps m'a trop manqué, mais j'ai toujours la crève et un trou derrière la tête (2)
-alors d'accord
-c'est trop facile ! ça ne te ressemble pas !
-je suis une fille facile, mais si tu y tiens alors c'est non, je ne suis pas libre ce soir
-je te retrouve (3), 19h ?
-tu veux aller au lit à 22h30 ?
-oui, avec toi
-on ressemble déjà à un vieux couple, je ressortirais peut être après alors
-Carla ! petite brute§ (il rit) je suis un grand malade, tu oublies mon âge !, (4)
-oui mon chou
-italien, ca te va ?
-tu cuisines pour moi ?
-moi non mais mon traiteur si et j'ai invité mes parents,
-ahahah
-et sois à l'heure ensuite nous allons au théâtre
-tu as besoin d'une escort girl ?
-non je veux te présenter

Ce salaud joue bien la comédie, quand il a enfin senti que je paniquais il a admis qu'il n'avait aucunement l'intention de me partager.

C'est notre troisième rendez vous ; notre troisième nuit ensemble ; une semaine seulement.

(1)Je l'avais prévenu que je n'étais pas dispo avant : mercredi, sos cœur brisé, Frédéric me racontait les dernières frasques de Sarah, Jeudi, Mathieu m' a accompagné chez ma mère, mon frère aussi était là et tout ceci c'est fini très tard, vendredi, je dînais avec Hervé que je n'avais pas revu depuis 1 an mais c'est encore une longue histoire.
(2)3 points de sutures derrière la tête depuis qu'il me connaît
(3)les hommes sont simples ?
(4)Tristan a 33 ans, moi 26

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samedi 22 mars 2003 à 16h12
Chaos
Le but de ce journal était justement de me tenir à jour; or j'écris mes posts un peu partout, y compris sur des petits bouts de papiers, à peine une semaine et déjà je n'arrive plus à m'y retrouver

Il me fallait parler de Balthazar et Nathalie pour expliquer ma crise du mardi que je n'ai toujours pas inscrite ici et qui pour moi à son importance

De la nuit du mardi avec Tristan

De cette journée horrible au travail mercredi

d'Olga qui joue les filles de l'air

Les copines me manquent en ce moment; et Charlotte qui ne revient pas de Barcelone, Charlotte! pourquoi ne peux tu pas accepter d'apprendre a te servir d'un ordi?

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dimanche 23 mars 2003 à 17h04
Les rencontres du dimanche matin
En sortant en catimini de chez Tristan ce matin, je me suis retrouvée nez à nez avec ses parents qui avaient eu visiblement la même idée que moi : prendre le petit déjeuner dehors. Je refermais à peine la porte de mon amoureux, des affaires pleins les bras qu'une porte s'ouvre et que je me retrouve nez à nez avec le couple de géniteur (1)
" bonjour "
" bonjour "
dieu que je me sentais conne !
et au bord de l'évanouissement.

Je me sens bien avec lui, simplement. Nous parlons, nous faisons l'amour, nous fumons un joint, nous parlons, nous faisons l'amour…

Il est doux, il est tendre, il est….

Je suis troublée, fébrile, délicieusement….

Peut être bien que je suis en train de tomber amoureuse (2). Mais sans inquiétude(s), sans jalousie, sans nécéssité. Sans toutes ces conneries qui gâchent une histoire et font les romans d'amour occidentaux.

Nous nous connaissons pourtant à peine. Notre première discussion digne de ce nom a eu lieu Lundi. Nous ne sommes que dimanche. 3 nuits ensemble. Comme quoi le sexe rapproche !

Je me sens….wow !!!! juste….être bien….légère….si légère…j'ai envie d'écrire quelque chose de stupide comme " nous sommes en phase ".

C'est merveilleux d'être avec un homme aussi transparent : pas de question inutile, si il me demande de venir c'est qu'il en a envie, il me demande de rester, c'est qu'il est bien avec moi. Il fallait le voir hier soir quand j'ai voulu m'éclipser dans le salon pour lire un peu. Il m'a littéralement mise au lit et bordée, un ange.

L'homme idéal.

(1)Le pire est que je n'ai pas arrêté toute la soirée de me moquer de lui à ce sujet . Ses parents sont là pour quelques jours, chez sa sœur, qui habite juste en dessous de chez lui et qui n'est pas là en ce moment. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai su que c'était ses parents que je croisais sur le pallier.
(2)Le problème des femmes est que pour des raisons qui n'ont rien à voir avec elles (société, morale etc), elles confondent souvent amour et désir. Erratum : mon problème est que je confonds tout.

Comment après le énième joint et le troisième orgasme, un homme de 33 ans se transforment en petit garçon romantique

extrait :
-voilà, tu es une petite gitane
-vraiment ?
-oui vraiment, ça te ressemble, tu ne peux pas rester en place et hum (ronronnement de plaisir)
-et toi ?
-un prince, c'est évident !

(rires)

-tu nous fais un remake de disney ?
-oui pourquoi pas, l'insaisissable gitane et le prince charmant
-ben voyons Tristan chéri, un prince charmant….
-Héhé ! et la petite gitane se doit d'être maligne parce que les princes qui craquent sur elle sans parler de la concurrence, tout le monde veut épouser un prince…
-Tristan ?
-Oui Carla ?
-Si tu continues je me tire chou, je ne suis pas envahissante
-Non reste attends la fin, mais non, le prince tombe amoureux fou de la belle et….
-De son cul ?
-Carla ! j'essaie d'être romantique !
-Fais moi l'amour, et tais toi

Nous avons ri.

Carla selon Tristan

jolie
fofolle
amusante
sexy
speed
excitante
docile
mutine
compliquée
timide
petit format et un cul ….

Tristan selon Carla

beau
intelligent
branleur
cool
sexy
plus compliqué qu'il ne le prétend
tendre
drôle
sans complexe
sensuel

J'aime quand il ronronne de plaisir, de désir pour moi, quand il tire sur mes cheveux, quand il m'appelle bébé (1), quand il caresse mes fesses, quand il m'embrasse, quand je lui pique le tictac qu'il a dans sa bouche, quand dans le sommeil il attrappe ma taille et baragouine un " viens par là ".
Dire qu'il me trouve compliquée ! Il ne se rend pas compte, c'est normal il ne m'a jamais connu autrement, mais en temps normal avant qu'un homme puisse m'embrasser il y a des jours et des nuits qui passent. Je ne me laisse pas facilement approcher (2) mais je progresse visiblement.

(1)pourquoi tu m'appelles bébé ? tu appelles toutes les filles comme ça ? Non , mais tu donnes envie d'être affectueux, tu donnes envie de te faire des calins, de te bichonner de….
(2)Il m'a demandé pourquoi j'étais restée la première nuit, ou qu'est ce qui aurait pu tout gâcher. Je ne sais pas, mais le fait est qu'il ne m'a pas draguer comme un crétin. Et puis il me plaisait ; simplement ; en phase vous dis je !

Heureusement, ce soir je dois passer chez Balthazar, salon du dimanche, j'ai promis d'y être. Parce que sincèrement, ce matin je n'avais pas envie de quitter Tristan. D'abord, j'avais encore envie de faire l'amour. Ensuite je me serais simplement delecter de le regarder dormir.

Carla! du calme!

Bah ça me passera

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lundi 24 mars 2003 à 14h49
Des avantages de l'amour, ou l'on tente désespérément de démêler le pour et le contre
Avantage :
-perte de tout kilo superflu sans aucune privation (1)
-sentiment de légèreté qui curieusement augmente votre capitale sympathie auprès de la population urbaine tout du moins
-inspiration, crise imaginative, donc plus créative (très utile dans mon travail)

Inconvénient :
-rêverie intensive et subite dans des endroits incongrus et/ou déplacés (2)
-crise de manque
-oubli du déjeuner avec Olga
-insatisfaction sexuelle quasi permanente
-se retrouver comme une idiote à passer des heures à contempler un homme profondement endormi à sa gauche (3)

(1)cela dit Tristan adore le chocolat et à toujours un tas de cochonnerie à grignoter entre l'amour
(2)comme une salle de réunion ; " mademoiselle Topakov ? vous y êtes ? "
(3)en l'occurrence je ne l'ai pas fait, mais il a fallut que je me fasse violence. Je crois bien que c'est la première fois que cela m'arrive (d'avoir cette envie). Je me moquais souvent de Béatrice quand elle racontait qu'elle pouvait passer des heures à regarder André dormir. Je crois que c'est l'interdit qui m'attire. Tristan est l'homme dont je ne dois pas tomber amoureuse.

___________________________

Je suis transparente entre ses mains.

" Carla, je te soupçonne de dire ça ailleurs "
" quoi donc ? "
" tes petites phrases comme " tu m'en veux ? " avec ce petit air mutin….tu ne l'as pas inventé pour moi "

Je suis restée ce matin, et j'ai détesté ça : je ne voulais plus partir, il m'a fallut me faire violence et penser aussi à mon salaire pour que je décolle enfin.
Sa nonchalance.

J'ai la tête toute embrouillée. Je dois partir dans 3 jours, entre détente et travail, pour une dizaine de jours, peut être un peu plus. C'est sans doute mieux, parce que je n'ai pas envie de le quitter. Ce qui est amusant c'est que pourtant, on me le demanderait, j'affirmerais avec force que je suis célibataire et je le penserai. Je n'arrive pas à nous concevoir en terme couple, et pourtant ;

Je suis en train de tomber amoureuse c'est certain. Mais cet état me plait (1), il est réduit à son essence : le plaisir de l'autre, le désir de l'autre. Je crois que j'aimerai que notre relation reste comme elle est, intacte, simple, sexuelle et belle.

" tu parles de moi à tes amis ? "

En réalité, pas vraiment. Après Theobald et Victoria, je n'ai pas eu trop l'occasion ; Hier chez Balthazar et Gio le temps m'a manqué (2) et surtout tellement d'autres choses à se raconter. Il y avait Louise, ma jolie Louise, que je n'avais pas revu depuis 10 ans

" Carla, comme tu es belle " m'a t elle dit
Les femmes me font facilement rougir , surtout quand elles sont jolies. (3)

" j'aimerai que tu parles de moi à tes amis "
Tristan, ce n'est pas la première fois que je te soupçonne de narcissisme.

Je l'ai maintenu réveillé jusqu'au petit matin.

" c'est ça qui est bien avec toi Carla "
Tristan, prêt à s'effondrer

" quoi donc ? "
Carla, fébrile

" c'est qu'en plus de tout le reste (4), tu es amusante, tu me fais rire "
" c'est tout mon problème, personne ne me prend au sérieux ! "
" non Carla, moi je te prends très au sérieux (5), c'est toi qui n'arrive pas à te prendre au sérieux "

Peut être….mais je n'en ai pas vraiment envie.

Notre complicité.

(1)est ce que je serais masochiste ? je me le demande sincèrement parfois
(2)je suis partie vers 11h pour rejoindre ma brute amoureuse
(3)cet imbécile de Tristan me disait tout à fait tranquillement " Carla, si tu as des copines à me présenter " Non Tristan, je chasse en solitaire ! C'est curieux, l'idée qu'il couche avec d'autres femmes ne me gênent pas, simplement parce que je ne les connais pas. " pas une amie à toi Carla, non une de tes petites amoureuses ! " mes petites amoureuses ? mais qu'est ce qu'il croit , que je suis bi ? lesbienne ? une bête de sexe ? il m'imagine entraîneuse ? dire qu'il me trouve timide…
(4)cad mon cul
(5)pas de mauvais jeu de mot

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lundi 24 mars 2003 à 22h05
Le salon de Balthazar
Le dimanche, Balthazar et Gio font " salon " (1). Les gens sont invités à passer librement entre 18h30 et Minuit. On y parle de tout, de rien, Gio cuisine de fabuleux gueuletons (2), parfois on y fait des lectures de pièces de théâtre inédites (3), on y rencontre surtout des gens différents qui en général se mélangent bien. Depuis 1 ans que le salon existe, seulement deux dimanches ont été annulés (4).

Mais une fois n'est pas coutume, il me faut revenir aux circonstances de la création de cette tradition, car je n'ai pas encore abordé le principal attrait de ce salon : Robert.

(1)façon de parler
(2)Quand par hasard c'est Balthazar qui doit s'en charger, une seule adresse : le traiteur grec de la rue Daguerre. Délicieux par ailleurs. Et selon Balthazar, il y a une charmante vendeuse le samedi, qui lorsque vous hesitez sur le choix des olives vous convainc à gout de degustation et petit air coquin
(3)Balthazar est acteur, de théâtre principalement ; il a commencé avec le Baroque quand nous avions 14ans. On en pense ce qu'on voudra, mais il vit de son art.
(4)Balthazar et Gio s'étaient offerts deux semaines ensemble en Egypte)

Un salon pour Robert (1)

Il y a un an à la gay pride, après avoir "manifesté Gio et Balthazar se retrouvaient dans le métro. Quand soudain surgit Robert, 78 ans, une classe incroyable entre dandysme et aristocratie. Le personnage en soi aurait sûrement suffit à attirer leur attention. Mais Robert ne se contentait pas de porter son âge en bandoulière : un confetti dans ses cheveux trahissait sa participation au défilé. Gio (2) lui fit instantanément remarqué le petit papier sur le crane, ce à quoi Robert répondit
" Oh mon dieu quelle horreur, voulez vous bien le retirer de suite ? "

Et c'est comme ça qu'on en est arrivé là : grâce à un innocent confetti.

Suite de l'histoire du confetti, Robert, sa vie, son œuvre en deux temps et quelques mouvements.

Robert est né en 1925, dans une famille de la haute bourgeoisie strasbourgeoise. Jusqu'en 1968 il était couturier et a habillé essentiellement l'aristocratie de l'époque. Il a connu des gens aussi diverses que fascinants, connus et inconnus, il sait raconter les histoires fabuleusement bien, il a travaillé à Paris, Londres et Rome, il a été milliardaire, il s'est ruiné, il est tombé amoureux un nombre incalculable de fois, il est assez drôle pour que son snobisme soit une adorable affectation, il est extremement jeune mais ne fait pas de jeunisme, il connaît bien l'astrologie et est toujours de bon conseil, il est….incroyable !

Alors pour lui, parce qu'il avait la nostalgie d'un autre temps, Balthazar et Gioont inventé ce salon, qui ma foi, est un véritable succès et une très bonne manière de finir ses dimanches .
Et naturellement Robert n'en manque aucun.

(1)Contre un Banquet pour Socrate. Votez en fin de page
(2)Qui ne trahit jamais ses origines italiennes

Voilà ce que je fais de mes dimanches quand je suis à Paris.

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mardi 25 mars 2003 à 11h18
"You are a man who is more than a man" , ou les nouveaux mystères de l'amour (extrait d'un lundi soir)
Le bain à la fleur d'oranger est un moment intense de réflexion amoureuse.
Il s'agit d'abord de ne pas se tromper sur la température, le dosage de l'extrait de fleur,
puis de débrancher tous les téléphones, et ne pas hésiter à mettre sur la platine une musique hautement sirupeuse.

Ensuite se déshabiller délicatement et s'immerger avec douceur.

Une fois installée, se remémorer les instants merveilleux et romantiques que l'on a vécu auprès de son bien aimé durant les dernières 48h.

Tout Tristan : échantillons

Exemple de compliments : Le top ten de Tristan

Au top five (1):

-ton cul est magnifique
-ton sexe est sublime
-ton petit corps de latino
-tu donnes envie de te bouffer
variante : j'ai envie de te violenter
-j'adore les petits formats comme toi

Au top ten on retrouve quand même quelques adjectifs plus louables :

-tu es adorable
-viens par la , j'ai envie de te câliner
-tu es amusante
-tu es une petite gitane
-tu m'as manqué (2)

(1)c'est sûr écrit comme ça vous allez pensez cette fille est folle et ce type arrive tout droit de la préhistoire. Je ne dis pas que c'est faux mais si, ça l'est quand même, c'est le plus incroyable pour moi (je crois que je m'enfonce quand j'écris ça)
(2)j'aurais du écrire " tu m'as manqué … " parce qu'il y a peut être des suspensions, manqué ? sexuellement ? ou…..j'ai envie de croire que quand il dit ça je lui ai manqué tout court

_________________________

Autres exemples Tristanesques : Discussions en forme de cercle

Exemple petit a (1)

Premier Round
" Carla ?
" oui Tristan ?
" qu'est ce qui te plait ou disons t'a plu chez moi ? (2)
" à ton avis ?
" ça me plairait que tu me dises " parce que je te kiffais grave physiquement (3)
" et bien oui c'est exactement ça Tristan, tu me plais physiquement

Second round
" Carla ?
"oui Tristan?
"c'est quoi pour toi un intello?
" c'est un type qui pratique l'introspection, qui passe son temps dans les bouquins, cultivé à l'extrême voir érudit, qui privilégie l'aspect cérébral, que sais je !
" c'est toi qui aime bien les intellos Carla, tu devrais savoir puisque tu en tombes amoureuse
" je m'en fiche, il reste du nutella ?

Troisième Round

" Carla , j'aimerai que tu sois avec moi pour mon intellect
" Tristan, décide toi, faudrait savoir !
" Oui bon tu pourrais me trouver irresistible à tout point de vue ?
" oui, mais je risquerai de tomber amoureuse de toi. Et puis tu m'énerves je t'ai déjà dis, tu es l'homme idéal
" hum redis le encore (4)

silence.

(1) OBJET a
Les psychanalystes, à la suite de Lacan, appellent objet a ( petit a ), l'objet du désir, ou plutôt l'objet, cause du désir.
On peut s'étonner de ce terme, qui fait penser à une élaboration formelle, scientifique. Il y a de fait une certaine analogie avec ce qui se passe dans des sciences comme la physique par exemple. On sait que l'objet dont traitent ces sciences n'est pas l'objet empirique, qu'il n'est pas l'objet qu'on peut percevoir dans l'expérience triviale. Il en est de même en psychanalyse. Si nous devons accentuer cela, c'est pour rompre avec l'illusion commune. Le sujet croit souvent savoir quel est l'objet de son désir. Or, il y a là un leurre. Ce que la psychanalyse met en relief, c'est que, ce qui a pu causer son désir est perdu et que tous les objets, que désormais il se propose, fonctionnent seulement comme des objets de substitution.
En fait on peut même remonter un peu plus haut. Dès lors que l'homme parle, c'est dans le langage qu'il cherche à s'assurer de ce qu'il est. Mais, à ce niveau, il manquera toujours un terme qui viendrait le dire une fois pour toutes. C'est alors dans son désir qu'il tente de combler le manque qui le définit. Il est clair que, là aussi, aucun objet ne peut être posé comme totalement satisfaisant. On pourrait dire que la théorie lacanienne des objets a reprend, en la systématisant, la théorie freudienne des objets partiels, ces objets dont le sujet a du se séparer, le sein dans le sevrage, les selles dans l'apprentissage de la propreté.
Il faut souligner que l'objet, en tant qu'objet cause du désir, est d'emblée différent de l'objet du besoin. S'il s'agissait seulement du sein comme objet nourricier, on ne pourrait concevoir tous les avatars ultérieurs de la pulsion orale, à commencer par l'anorexie mentale.
Par ailleurs, Lacan ajoute aux objets de Freud la voix et le regard.
Ainsi le sujet ne sait-il jamais ce qui le séduit ou le fascine chez l'être aimé. Il pense s'éprendre d'une personne dans sa totalité. Mais est-ce bien sûr? Il s'éprend assurément de l'image de cette personne. Mais cette image - i(a) chez Lacan - dissimule sans doute ce qui cause son désir. " R. Chemama
(2)je pensais qu'il n'y avait que nous, les filles, pour poser ce genre de questions inextricables
(3)je rappelle que j'ai 26 ans et Tristan 33 est que c'est un journaliste très sérieux à l'occasion et qu'un sénateur l'emploi. Je trouve donc qu'il aurait été plus légitime que moi j'utilise ce genre de vocabulaire (il a peut être même dit " kiffer vegra "
(4)quand je disais que je le soupçonne de narcissisme. J'ai decompté une dizaine de miroir chez lui. Y compris à des endroits stratégiques.

Exemple petit b : il n'y a pas que le sexe dans la vie

" Carla ?
" oui Tristan ?
" tu lis quoi en ce moment ?
" Thomas l'obscur de Blanchot ; pourquoi ?
" J'aimerai bien que tu me dises un peu, que tu me racontes, les livres à lire, connaître….
" achète le monde littéraire, tout le monde lit les mêmes livres, tu sais Blanchot est mort il y a 15 jours alors on ne peut pas dire que ce soit le dernier auteur à la mode…
" j'aimerai plus lire, tu comprends un écrivain , même journaliste qui ne lit pas, ça choque souvent
" tu t'en fous non ? cela dit si tu veux des bons bouquins, des livres que tu aimeras, je peux te dégotter des auteurs, tu connais Paco Ignacio Taïbo 2 ?
" non
" ça va te plaire, il écrit des romans politiques et policiers mais avec un humour décapant, il ne se prend pas au serieux , épingle les petits travers des mexicains et particulièrement la corruption et l'absurdité du système et surtout il connaît sur le bout des doigts l'histoire de la gauche sud américaine, ses héros sont décalés, anti star, attachants, un peu à la Marlo mais dans une version plus épicés…
" tu me donnes envie , mais je n'aime pas lire
" Tristan, alors pourquoi tu me demandes ?
" parce que j'aimerai lire
" Tristan !

Comment voulez vous que je m'en sorte ?

________________________

Voilà à quoi une fille qui se prétend indépendante et moderne, pense dans son bain le lundi soir. On comprendra mieux pourquoi j'ai du mal à me prendre au sérieux

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mardi 25 mars 2003 à 18h21
Les crises amoureuses d'Olga (1)
La vie est difficile en ce moment pour Olga : un chagrin d'amour qui n'en finit pas ; s'étire et lui mange toute son énergie (2)

Résumé des épisodes précédents, ou comment on crée un drame cinématographique

Il y a un an (3), Olga rencontrait dans une soirée Felix, 30 ans, poète et rentier. Ce dernier tomba immédiatement amoureux d'elle, mais la belle fit la difficile et l'ignora. Peu de temps après, sous les assauts répétés et fort romantiques de Felix, Olga finit par céder, mais alors du bout des lèvres. Il fallait voir le poète satisfaire le moindre de ces petits caprices ! un rêve ou un cauchemar selon les goûts (4).

Leur relation qui étonnait tout le monde s'étira de jours en mois. Olga repetait à qui voulait l'entendre qu'elle l'aimait bien, que c'était agréable mais enfin que tout ceci n'était pas très sérieux. Lui était fou amoureux, s'en était presque pathétique (5).

A cette époque Olga terminait le scénario de son second court métrage. Une sombre histoire de serial killer, avec un thème imposait, une citation de Mallarmé " jamais un coup de dés n'abolira le hasard ". Il ne lui restait plus qu'à organiser le tournage.

Avec l'aide de Felix et quelques fidèles compagnons, elle trouva de l'argent, du materiel, un chef opérateur compétent, un ingenieur du son et tout ce dont un metteur en scène a besoin pour faire un film même court. Le seul " hic " est qu'il lui manquait l'actrice principale, la fatale tueuse. Alors qu'elle était prête à tout laisser tomber, aucune femme ne trouvant grâce à ces yeux, elle rencontra l'incarnation de son personnage.

C'était à un vernissage d'un peintre russe, dans le quartier de Beaubourg. Je l'accompagnais, toujours curieuse de ce genre de mondanités. Et là, soudain, Olga m'attrape la main à m'en faire mal et me dit au bord de la crise d'hystérie

" c'est elle, regarde là bas, c'est elle !
" qui donc ?
" mon actrice !
" de quoi tu parles Olga ?
" La grande brune au type slave la bas, Carla, stp, tu veux bien aller lui parler !
" Olga !
" stp Carla ! tu sais mieux parler aux filles que moi (6) je t'en supplie, il me l'a faut !

Elle me faisait rire ma petite Olga (7) avec ces grands mots de metteur en scène illuminé. La fille fumait des cigarillos et avait l'air passablement folle. Mais l'amitié que voulez vous

" bonjour, vous m'accordez 5 minutes ?
" oui bien sûr, vous êtes une amie de Sacha ?
" non pas encore, ou peut être mais je l'ai oublié
(elle sourit)
" je suis avec une amie, elle fait du cinéma, elle est génial mais fauché et inconnue encore
" je suis chanteuse
" oui ? et incarné une femme fatale pour le cinéma, ça vous plairait ?
(elle rit de nouveau)
" c'est une proposition ?
" j'aimerais, mais ce n'est pas à moi de la faire, je me présente, Carla
" moi c'est Mylène
" enchantée, je vous présente à mon amie ? elle vous parlera de tout ça mieux que moi
Et c'est ainsi que je fis entrer le loup dans la Bergerie

_________________________________

(1) c'est une de mes meilleures amies, alors j'y reviendrais. En bref, Olga rêve de faire du cinéma, elle est photographe à la base.
(2) c'est le problème de ce genre de drame, on a beau savoir que ce n'est pas raisonnable de souffrir comme ainsi pour un homme, ça fait mal
(3) il faut croire que l'année dernière a été une année amoureuse pour mes amis.
(4) pour les amateurs de Sacher Masoch, Olga aurait fait une divine " Vénus à la fourrure "
(5) personnellement j'aime bien Felix
(6) c'est faux
(7) Façon de parler, Olga mesure 1m80

Phase 2 du drame: le trio infernal

Olga et Mylène devinrent soudain les meilleures amies du monde. Et Felix fut presque oublié. D'ailleurs Olga ne prit pas même la peine de lui présenter son actrice.

Novembre arriva.

Et l'anniversaire d'Olga. Pour l'occasion son frère Boris organisa une surprise party. Il invita bien naturellement l'amoureux puisque celui ci n'avait pas été totalement éconduit.

Nous étions une trentaine. Nous avons beaucoup bu. C'est peut être pour cette raison que la plupart d'entre nous ne remarquèrent pas les regards extatiques que Felix jetait sur Mylène.

D'ailleurs, pourquoi quelqu'un aurait du le voir ? Après tout, Olga avait toujours signifiait son indifférence pour le poète maudit

Le lendemain pourtant elle me telephonait et m'anoncait avec émotion
" Carla ?
" oui ?
" je l'aime, ça y est je l'aime !
" qui est ce ?
" mais Felix ?
" ah merveilleux, félicitation Olga, je peux me recoucher ?
" non je l'aime ! tu comprends je l'aime ! ah l'amour c'est merveilleux…..

Ca peut durer des heures comme ça.

La semaine suivante...

" Carla ?
" oui Olga ?
" Je ne comprends pas, Felix est devenu distant
" il se méfie peut être, c'est humain vu vos rapports, ton amour soudain a du l'alarmer
" tu crois ?
" Olga, je ne comprends rien aux hommes, tout ce que je sais, c'est qu'il vaut mieux apprendre à vivre sans (1)
" Carla ! nous sommes trop jeunes
" vivement l'âge adulte alors

A partir de ce moment là les appels d'Olga devinrent plus rares, mais de plus en plus desesperés. Quant à la voir seule….

" je ne peux pas, j'attends Felix
" non Carla, pas aujourd'hui Felix doit…
" oui je viens diner, ca ne t'ennuie pas si Felix est là ?

etc etc etc. On est toute passé par là. Moi aussi.
D'autant que dans le même temps, Olga tournait son film.

Et puis un soir, très tard, j'étais avec une amie à la maison, quelqu'un frappe frénétiquement à la porte

" Carla, ouvre moi je t'en supplie, Carla !
" putain ! Olga ! il y a une sonnette tu n'es pas obligé de reveiller l'immeuble

J'ouvre. Olga est en larmes.
" Olga !
" Carla !
" Olga, je te présente Gigi
" salut
" Olga qu'est ce qui se passe bon sang
" c'est Felix !
" il est parti ?
" non il dit qu'il m'aime
" Olga assieds toi je te serre une vodka et tu nous racontes calmement ok ?
" oui d'accord
Nouvelles crises de larmes

Quand les hoquets furent un peu passé grâce à la Zubrowska, Olga nous raconta comment elle avait surpris Felix, chez lui, dans son lit, avec Mylène, sa fatale actrice.

Elle venait lui annoncer qu'elle avait terminer le montage de son film. Elle pensait le réveiller vu l'heure et avait préféré se servir de ses clefs.
Choquer, elle s'était mise à hurler comme une dératée. Lui avait tenté de la calmer, pendant que Mylène ramassait ses affaires et tentait de s'éclipser discrétement.

Finalement Olga s'était enfuit. Jusque chez moi.

L'histoire aurait du s'arrêter là. Mais ce serait mal connaître mon amie.

Depuis ce soir de janvier, Felix et elle continue de se voir, de s'aimer avec méfiance, Mylène refait des apparitions, et tous les trois se déchirent. Aucun n'a le courage de mettre un terme à cette histoire. Et Olga dépérit. Elle a parfois des sursauts de conscience mais dans l'ensemble, elle ne vit plus que pour ce drame. Et me répète une fois par semaine, que jamais plus elle ne rencontrera un type comme lui.

A vrai dire j'espère que non.

_____________________

Donc voilà. Ma petite Olga. Nous avons dejeuné ensemble aujourd'hui puisqu'hier j'ai oublié notre rendez vous.

Et elle m'a parlé de Felix (3). Comme de juste. Avec une petite amélioration : elle a suivi mon dernier conseil, elle part à Cuba dans un mois. Chez un ami de ses parents.
Seule.

(1)vous avez le droit de rire

(2)Quant à savoir ce que je pense de cette histoire, il vous suffit d'ouvrir n'importe quel manuel de psychanalyse à la section " Hystérie, jalousie et homosexualité feminine " pour avoir une idée. J'ai tenté d'expliquer à Olga que peut être cette histoire n'est pas arrivé par hasard, que peut être chacun a sa part de responsabilité y compris elle, mais une fille amoureuse est une fille sourde aveugle et muette. Je ne suis pas épargnée par ce phenomène.

(3)Je remercie le créateur de ce site, parce qu'il existe au moins un endroit ou je peux étaler ma vie amoureuse sans vergogne

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mardi 25 mars 2003 à 19h26
Le cheval de Troie de Théobald
" allo ?
" Carla, ici Théobald
" salut, ça va ?
" écoute Carla, je voudrais savoir, tu es heureuse ?
" oui je crois, pourquoi ?
" pour rien

Clic.

Voilà. Dire que c'est typique de Théobald des coups pareils, des coups en traîtres serait la plus stricte vérité.

La conséquence de ce bref échange fut immédiate : je me demandais quelle raison j'avais de ne pas l'être (heureuse)

duel avec ma conscience: suis je heureuse?

-C'est la guerre en Irak, le monde est plein de gens qui vivent de vrais drames quotidiens et moi pendant ce temps…..

-je suis amoureuse (1) d'un type qui honnit l'amour et qui est un goujat première classe

-je viens d'abandonner un type très bien simplement parce que lui parlait très sérieusement d'amour

-je n'ai d'ailleurs pas rappelé Armaury qui s'est éclipsé avec une discrétion presque inquiétante mais très digne (2)

-je pars demain pour un endroit que je n'aime pas et ou je vais sûrement devoir revoir X qui prend toujours un malin plaisir à me rappeler le pouvoir qu'il peut ou a pu avoir sur moi

-mon horoscope me promet des difficultés financières mais beaucoup de bonheur par ailleurs
-j'y pense parce que ma mère vient de m'appeler pour me demander mon ascendant (elle passe l'après midi avec une voyante, je suis curieuse des retombées)

-d'un autre côté même si ce voyage me déplait c'est une occasion de m'éloigner de Tristan

-demain je dois voir Louise juste avant de partir pour peut être faire quelque chose ensemble (dans le travail et ça ce serait chouette, il ne faut pas s'endormir sur ces lauriers)

-je suis peut être une garce mais je n'arrive pas à m'imaginer ainsi

-c'est le printemps et j'ai enfin étrenner ma petite robe vichy à bretelles spaghettis, rouge et blanche

-je me demande si Tristan se souviendra de moi dans 10 jours

-j'ai acheté plein de fruits et légumes mais je pars demain, c'est donc Gigi qui en profitera (pas encore parler de Gigi parce que c'est spécial) - elle squatte mon appartement quand je ne suis pas là et même parfois quand j'y suis.

-Je n'ai pas encore fait mes valises

-Je suis intriguée par la débauche de mots sur mon forum

-J'ai vraiment honte d'être si futile.

-Je vais finir par croire que je suis vraiment un petit animal (dotée uniquement d'une conscience immédiate, quel bonheur!)

suis je heureuse Théobald selon toi?

(1)amoureuse, à prendre avec des pincettes, amoureuse….hum….désirante serait sûrement plus juste. D'ailleurs si je n'ai pas proposé à Tristan de me lire, c'est justement parce que je crains qu'il ne prenne ce mot là au sérieux
(2)il me connaît visiblement bien, moi et ma lâcheté, moi et mes peurs

_________________
Je me permets de gaver ce journal de mots du jour parce qu'ensuite je serais absente. Même si mon portable me quitte rarement, les connections internet peuvent s'avérer rares et ou compliquées

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mercredi 26 mars 2003 à 15h13
Je sais, tout ceci est affreusement sordide, mais aujourd'hui c'est bien FINI
Dans son dernier message(1), Armaury me disait qu'il était triste. Et de l'appeler si j'avais envie de le voir. Je suis restée silencieuse.
Peut être que l'amour des autres me fait peur. Ou bien l'amour tout court.
Je ne suis pourtant pas insensible.
Je crois simplement que j'ai des petits soucis avec moi même. Et que malgré toutes mes affirmations je ne me suis toujours pas complètement remise de cette histoire avec X

X, ou l'horreur amoureuse

X a été mon premier coup de foudre ; quand je parle de coup de foudre, je ne parle pas de mes amourettes comme avec Tristan ou d'autres (2). Non, je parle du vrai coup de foudre, devastateur, immédiat et irrémédiable. Au début ce fut merveilleux et réciproque. Je m'installais même chez lui, dans la foulée.

Et puis, très vite (rétrospectivement) un poison très particulier est venu ternir notre relation : la jalousie, sa jalousie.

A cette époque j'étais pourtant littéralement folle de lui. J'avais oublié amis, parents, passion et petit plaisir pour me consacrer à cet amour. Mes études aussi en pâtissait. Mais ça n'avait pas d'importance : j'aimais.
Pourtant X, pour des raisons que j'ignore encore aujourd'hui (3), se mit en tête que j'étais infidèle. Obstinément.

Il commença par fouiller dans mes affaires. Tout était prétexte à une scène, un numéro de téléphone sans indication, un texte ambigu, des lettres d'amis, une nouvelle robe.
Il m'a même suivi parfois.

Imaginez une femme amoureuse qui tous les jours doit expliquer, démontrer, prouver qu'elle n'est pas infidèle.
Des disputes à n'en plus finir.
Ses mots à lui si blessant.

Plus le temps avançait et plus la situation s'envenimait ; je ne sortais plus seule de peur de ses crises, même les amis étaient soupçonnés soit de coucher avec moi, soit de me protéger.

J'aurais du partir. Mais j'en étais incapable. Et je savais qu'il souffrait, sûrement plus que moi. Nos disputes devenaient de plus en plus violentes, j'en sortais tremblantes et totalement détruite moralement. Je n'avais plus aucune confiance en moi. Je me trouvais minable. J'étais persuadée que tout était de ma faute

Alors il a commencé de me tromper. Et de se débrouiller pour que je le sache.
Avec une voisine.
Avec une copine de cours (ex copine évidemment)
Il a mis une autre femme enceinte. Elle a avorté.
Personne n'était au courant. Je ne disais rien. Je donnais le change comme je pouvais. Tout le monde se doutait. J'avais honte.

Pourquoi suis je restée si longtemps ?

Maintenant ça n'a plus grande importance, mais je me suis promise de ne plus me laisser dévorer sous prétexte d'amour.

Si je parle de tout ceci, c'est qu'il a appelé tout à l'heure. Je n'ai pas décroché. J'ai effacé le message sans l'écouter. Mais jeudi, à W, je ne pourrais pas l'éviter. Tout ce que je souhaite c'est d'être assez forte pour ne pas me faire embobiner par ses mots, ses mots de souffrance, ses mots qui respirent le désespoir. J'ai si longtemps eu ce désir de le sauver de lui même…Mais je sais, c'est strictement impossible. Je ne suis pas une héroïne.
Non

Je suis juste Carla. Et le bonheur me va bien.



(1)laisser sur mon imperturbable répondeur
(2)je le repète je confonds souvent désir et amour mais uniquement dans le vocabulaire et les envolées lyriques.
(3)Les raisons de sa jalousie n'ont sûrement rien à voir avec moi d'ailleurs

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mercredi 26 mars 2003 à 15h21
Quand ma mère fait d' étrange rencontre
J'ai une drôle de Maman. Comme toute les mamans elle a ses qualités et ses défauts. Mais dans l'ensemble je dois dire que je suis heureuse que ce soit elle, ma maman.

Hier elle allait voir une voyante. Une adresse secrète obtenue par l'amie d'une amie. Un endroit étrange, au fin fond du 14ème arrondissement.

Je ne suis pas une accro d'ésotérisme mais je dois dire que cela m'amuse. Je suis toujours curieuse. Même si je manque de motivation dans ce domaine (1).

Alors, tout naturellement, hier soir, j'ai débarquée chez elle pour avoir le compte rendu de cette étrange séance. On ne sait jamais, peut être qu'on avait parler de moi….

Simone, la voyante qui savait tout ou presque

" incroyable Carla, si tu savais ! non tu ne peux pas savoir, cette femme est absolument extraordinaire ! je n'ai pas même eu besoin de parler que déjà elle disait tout "

tout ? hum….

" elle n'a pas arrêté de parler de toi c'était limite désagréable, ma puce ! après tout j'y allais pour moi "

Pardon maman ! mais dis moi….

" X va tenter de te recupérer par tous les moyens "
argh ! très mauvais ça

" mais tu vas réussir à t'en sortir, si tu savais ce qu'elle m'a dit à son propos, c'était tout lui "
moui bon et sinon ?

" ton avenir professionnel est assuré, dans la création évidemment "
évidemment, vaut mieux

"pour l'amour, tu as le temps, mais le prochain sera le bon "
le prochain ? le temps ? oui j'espère, je ne suis pas prête

" pas tout de suite "
bien très bien et sinon ?

" hum, je ne sais pas si je dois te le dire, tout est parfait, pourquoi t'influencer ? "
Maman !

" ah ça ma petite, si tu tiens à savoir, tu n'as qu'à aller la voir "

est ce que je veux vraiment savoir ?
Je crois bien que non. J'aime croire parfois que même si nos vies ne dépendent pas uniquement de nos décisions, le libre arbitre existe.

Alea jacta est comme disait si bien l'autre en son heure de gloire.

(1) par exemple, je n'irais pas jusqu'à prendre rendez vous moi même avec un(e) voyant(e). Mais j'écoute toujours attentivement Robert quand il parle d'astrologie.

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mercredi 26 mars 2003 à 18h38
Où il apparait comme evident que la vie peut être simple
Journée intensive professionnellement. Cela m'a fait du bien, au fond je suis juste une petite puce speedée, j'ai besoin d'action.

Je n'ai pas réussi à voir Louise mais nous nous verrons à son retour de M ou elle joue une pièce de théâtre avec Balthazar sur l'art de la conversation à l'époque Baroque (1).

Tristan ? Puni, il n'aura pas de mes nouvelles avant mon retour. Ca lui apprendra à dire des phrases comme " on veut toujours les femmes qui nous échappe ".

Je sais aussi être une chipie.

Mon départ est remis à demain. J'ai toujours un peu peur de revoir X mais je me dis que c'est un peu comme l'épreuve du feu : si je la passe, l'avenir sera radieux.

Dans l'enthousiasme du moment (2), j'ai même appelé un centre de psy, en me disant voilà Carla, tu vas devenir super woman et réglé tous les petits soucis que tu as dans la vie, autant dire devenir adulte.

Mes tentatives pour devenir une fille normale, sérieuse, adulte et responsable

-Bonjour Centre blablablabla psycho blablablabla
-Bonjour, je vous appelle parce que je voudrais prendre rendez vous avec un psychologue, mais ca peut être un psychanalyste ou un psychothérapeute, et je n'ai rien contre les psychiatre…
-Une seconde mademoiselle, pourquoi souhaitez vous prendre rendez vous exactement ?
-Et bien, pour tout dire, je crois que je ne suis pas tout à fait normale et je me complique beaucoup la vie, je crois même que je pense trop
-Vous savez c'est le cas de la majorité d'entre nous, la normalité est une notion subjective, personne n'est " normal "
-Oui ? vraiment ? ah bien merci du renseignement, au revoir "

Oui j'ai raccroché. Ou va le monde je vous le demande si quand vous dites que vous êtes folle on vous répond de ne vous en faire ?

J'irais voir la voyante de maman. Cela me semble nettement plus raisonnable.

(1)" Carla ? mais on se voit Carla ! ça m'a fait hyper plaisir de te recroiser chez Balthazar et j'ai envie qu'on se retrouve, tu as vraiment l'air super ! " Louise, surexcitée au téléphone. J'étais flattée!
(2)Le théâtre baroque peut paraître une anormalité pour les néophytes, mais il suffit d'assister à une représentation pour être conquis
(3)Matinée intensive et ultra gratifiante

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jeudi 27 mars 2003 à 19h45
Les dérives de l'insomnie, où l'on ne peut que s'avouer vaincu au point du jour
Hier soir impossible de dormir. La bonne vieille insomnie. Après avoir vainement tenté de répondre au courrier de Sélian, rompue, l'esprit vague et affreusement angoissée, je me lançais dans une de mes élucubrations dont j'ai le secret.

J'ai hésité à mettre ce texte en ligne.
Donner son intimité en patûre à des anonymes, n'est ce pas une manière de la maltraiter ?
Peut être.
Ou de la dédramatiser.

Ma vie sexuelle en long en large et en travers

Armaury me fait signe d'étrange manière. Il déclare sa présence par son absence comme si sa disparition pouvait me rendre à lui. Peut être que c'est vrai.
Je désirerais alors les hommes d'autant plus qu'ils sont loin.

Chez Tristan, il y a un miroir qui longe le côté gauche du lit. J'aime observer son visage quand nous faisons l'amour (1)A travers son reflet je note chaque variation, tension, relâchement, le moindre tic.
Je le toise. Faussement passive, je l'amène à la jouissance. Et je saisis dans mon regard ce petit éclair espiègle qui refuse de se rendre. Il le sait, il le sent. Je ne me donne pas entièrement à lui. Il ne comprend pas mes dernières réticences. Moi non plus.

" tu donnes envie de te violenter
" difficile Tristan, je suis consentante
" j'ai pourtant toujours ce sentiment, de te violenter un peu…

Je ne peux pas l'expliquer. Tout est dans les nuances. Aucune violence physique.
Je couche avec cette homme et pourtant je ne le laisse pas m'approcher, me toucher. Je m'échappe.

Les préliminaires sont réduits à leur strict minimum.

Ce serait une bataille silencieuse, je voudrais écrire muette.

" ne dis rien
" tourne toi
" ne bouge pas

Lundi matin, pendant que nous faisions l'amour, j'étais distraite, angoissée. D'être restée. D'être encore là. Je l'ai laissé découvrir mon corps parce que ma tête naviguait ailleurs

" Tristan, pardon, je n'étais pas à ce que nous faisions
" ne t'excuse pas Carla, tu es terriblement plus simple comme ça, j'adore

désarmant.

Mathieu est passé à la maison ce soir. Il m'a parlé de son amour perdu en chine. Il ne l'a toujours pas oublié.

Amandine me manque. Elle skie en Suisse avec son légitime. A elle je pourrais parler de Tristan, simplement.

(1) je devrais peut être écrire " quand il me fait l'amour " ; c'est la première fois que j'éprouve si fortement ce sentiment d'être une dolly consentante et maniable ; parfois je résiste. Mais pas encore vraiment. . Je suis presque docile. Je n'ose pas. Je me sentirai presque innocente avec lui.

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jeudi 27 mars 2003 à 19h46
Les nouvelles demoiselles de Rochefort
Amandine est aussi blonde que moi Brune.
Aussi sage que je suis excentrique.
Aussi romantique que je suis séductrice
Aussi douce que je puisse être passionnée
Plus fidèle que je ne pourrais jamais l'être.

Amandine est une perle.

Notre amitié a ceci de merveilleux que nous ne nous comprenons pas vraiment mais que nous nous acceptons totalement dans nos différences. Nous les aimons même.
Je vis les folies qu'elle se refuse, elle est mon port d'attache.
Je n'ai pas le sens de la métaphore, mes excuses, mais las, ceci se résume à cela.

Amandine vient de passer son CAPES de français. Elle habite un adorable appartement dans le 6ème arrondissement avec son petit ami, Julien, un ancien de notre lycée (1). Juste à côté de ses parents. Dans le quartier ou elle a grandit.

Elle est intelligente même si elle ne le croit pas. Attentive aux autres. Gentille et drôle quand elle se sent en confiance. Sociable et disponible toujours pour ses amis.

Parfois Amandine en a assez d'être cette enfant blonde et sage que tout le monde aime. Elle se sent prisonnière. Alors elle fait des crises d'angoisse et d'hypochondriaque. Elle se cache au fond de son lit, elle chipe des anxiolytiques à sa mère, elle s'empiffre de chocolat, de chips en s'abrutissant à coup de séries tv.

Nous n'avons jamais fréquenté les mêmes cercles (2). Non pas que nous n'aimions pas les amis de l'une et l'autre. Mais c'était une manière de préserver l'absolu de notre amitié.

Amandine sait tout de moi. Elle a été la première à qui j'ai pu parler de ce que je vivais avec X. J'ai été la première à savoir qu'elle ne voulait plus s'endormir par peur de mourir.

Amandine est mon îlot. Et j'espère l'être pour elle aussi.
12 ans déjà.

(1)3 ans de bonheur
(2)elle connaît tout de même presque tous mes amis et vice versa. Je ne la cache pas, mais j'aime nos tête à tête.

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jeudi 27 mars 2003 à 20h40
W , les souvenirs, ou comment le hasard fait parfois preuve de cynisme
J'ai fait une partie de mes études à W.
J'y ai connu un homme formidable (que j'ai quitté brutalement)
Un ami avec qui j'ai tout partagé sauf le sexe
Une amie que j'ai aimé plus que tout

J'en suis partie. Paris me manquait simplement
2 ans là bas.
J'avais 18 ans.

Le hasard veut qu'aujourd'hui X y travaille.

J'ai préféré loger chez mon amie Solvej.
Cela fait 4 mois que nous ne nous étions pas vu.
Je suis toujours fébrile mais heureuse.

Revoir des gens perdus.
J'oubli tout quand je pars. Les lieux ne me poursuivent pas.
Une conscience immédiate.

Ce serait si parfait....

le journal de G. Stein. entre les doigts

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vendredi 28 mars 2003 à 20h47
Quand les jeunes filles tombent des financiers de haut vol, où il est clairement démontré qu'on peut être beau, intelligent et riche (mais)
Une fille désespérée au bar, moi en l'occurrence
-vodka s'il vous plaît monsieur

Un barman placide
-pure ?

La fille désespérée
-parfaitement oui

Un golden boy sorti de la foule des golden boys
-c'est rare

La fille totalement désespérée (mais laissez moi tranquille ! je craque !)
-Pardon ?

Le golden boy qui a y regarder de plus près à l'air moins pénible que la moyenne environnante, plutôt mignon et grand indubitablement (1)
-c'est rare les jeunes femmes qui boivent de la vodka pure

La fille nettement moins désespérée ¨(il a dit "femme¨!)
-tout dépend de vos fréquentations
(je suis difficile, j'en ai conscience)

Le golden boy amusé
-vous vous êtes perdue ?

La fille plus du tout désespérée, mais faussement offusquée
-j'ai l'air de ne pas avoir été invitée (non mais)?

Le golden boy hésitant entre le sourire et la gêne
-non pas du tout, mais vous êtes atypique

La fille remise d'aplomb (merci! merci!)
-vous non, (na) mais la vodka n'est pas mauvaise : C'est une suggestion .

Et voilà comment on tombe de jeunes et beaux banquiers, dans des soirées mondaines et ennuyeuses : il suffit de s'accouder au bar et de commander des alcools forts (2).

La victime de mon ennui : Cristian, sans h, maximum 30 ans (3), tout droit sorti d'un catalogue Hugo Boss, financier de haut vol boursier.

Soudain, apparaît sur mon côté droit, Florence, la collègue qui m'a traînée dans cette affreuse soirée

Elle: -Vous m'excusez ?

L'ex désespérée devenue malicieuse
Moi: -Vous m'attendez ?

Le futur gestionnaire de ma future fortune :
Lui:-oui je vous attends

Une page de boudoir

Florence en aparté
" et bien Carla, tu ne perds pas ton temps
" oh pardon, je sors d'une déconfiture amoureuse (4), je dois oublier !
" oui d'accord mais fais attention, tu sais les hommes....
" je ne tiens pas à le savoir
" tu me raconteras....

fin du boudoir

(quelle horreur ce genre de dialogue !)

Cristian donc.
" une amie ?
" une collègue inquiète de mes humeurs carnassières, vous êtes de W ?
" oui et vous ?
" non je suis de la pire espèce
" (sourire) oui laquelle ?
" Parisienne

Bon je le fais rire. Mais j'ai bu. Je deviens prétentieuse.
C'est atroce. Je fais toujours rire les hommes. Femme fatale ? quelqu'un a osé parlé de femme fatale ?

" Vous m'emmenez dans un endroit amusant ou on peut trouver de la drogue, des gens fous et de la musique horrible ? Je suis trop jeune pour mourir ici !

" (rire encore) d'accord

Aussi simple que ça.

Tristan ça t'apprendra à me donner des conseils, je cite " valable universellement ". (6)

(1)La taille a son importance chez un homme. Comme je suis petite, je compense avec des hommes grands.
(2) comme quoi les hommes sont aussi impressionnables que les femmes
(3) en réalité 31, mais ça ne change pas grand chose
(4) cf Tristan même si ce n'est pas encore vrai, ce n'est pas totalement faux : après tout Tristan n'en veut qu'à mon corps
(4) pour preuve le dialogue précédent
(5) sauf à mon journal évidemment
(6) en réalité les conseils de Tristan n'ont pas été mis en pratique. Quoique puisse en penser les lecteurs de ce journal, je ne couche pas facile (j'adore cette expression, elle est complètement stupide). Sauf avec cette brute au nom si courtois. Mais il me reste une dizaine de jours à patienter ici. C'est étrange à écrire, avec sincérité et même un leger désarroi: Tristan me manque.

Il faudrait raconter le Kitkat un club hallucinant, mais je pense que j'en ai oublié la moitié ou que je préfère ne pas m'en souvenir. Quoique je sois certaine de ne rien avoir fait de mal.

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samedi 29 mars 2003 à 20h51
Le bref passage d'un personnage pourtant réel, Ou l'on se dit qu'il vaut mieux écrire un journal intime et anonyme plutôt que d'étaler ses états d'âme sur son lieu de travail
Florence a 42 ans et se caractérise par une hystérie légendaire quoique sympathique à dose homéopathique.

Tic tic

Je travaille parfois avec elle (1), comme maintenant. Je l'aime bien, elle est sympa mais c'est exactement le genre de femme dont je ne m'approche pas trop : Tout son être dégage des intentions d'invasion (2).

C'est sans doute pour cette raison que malgré tous les efforts qu'elle déploie, toutes les compromissions qu'elle fait, elle n'arrive pas à retenir un homme. Je ne vois pas d'autres raisons puisqu'elle est plutôt jolie et pleine de joie de vivre (3).

Dernière rupture en date : il y a deux jours. Juste avant notre départ. Elle a plantée son futur mari quasi devant l'autel (4).

Histoire de Florence et ZZ, ou l'abc de la catastrophe amoureuse.

C'était en Janvier (5). Florence venait de se séparer de PP, un danseur de Tango, plus macho tu meurs. L'histoire avait duré quelques 6 mois chaotiques.

A peine revenue de vacances de noël qui selon ses propres dire furent " affreusement déprimantes ", elle sortait pourtant de son chapeau pointu, un nouvel amoureux : ZZ, un beau sénégalais de 35 ans, musicien, sans papier, musulman. Bref tout pour plaire à sa famille catholique et normande, depuis des temps immémoriaux (6).

L'histoire aurait pu être sans suite, si 15 jours après sa rencontre avec ZZ elle n'avait appelé ses parents pour leur annoncer son prochain mariage. Oui Florence est comme ça. Impulsive.
Autant dire que tous les ingrédients étaient là pour créer un drame champêtre.
Car du fin fond de sa normandie, le papa, ulcéré, s'exclamer
" j'espère au moins qu'il a des papiers et qu'il n'est pas musulman " (7)
En bonne chrétienne, Florence n'hésita pas un seul instant à dire toute la vérité. Fusse t elle aussi contraire à la paix clanique.

Le scandale.

Mais la preuse, sans peur et sans reproche ne se laissa pas démonter. Et en moins de temps qu'il ne faut pour le décider les bans furent publiés.

Après tout une Juliette sur le retour, ça s'est déjà vu.

Or tout se compliqua soudainement quand ZZ exigea une cérémonie religieuse.
Au début, Florence ne se dégonfla pas.
Digne, elle accepta, contre tous ses principes religieux à elle. Une telle abnégation aurait pu être louable mais....

" Carla, toi qu'est ce que tu en penses ?
" de ?
" ZZ et moi nous marions à la mosquée
" ah ? rien, je crois
" à ton avis, à quoi cela m'engage t il ?
" demande à ZZ
" il dit que c'est symbolique
" alors...
" mes amis me disent de me méfier
" parce qu'il est sans papier ?
" aussi
" personnellement, je suis pour les mariages blancs
" Carla, c'est un mariage d'amour !
" oui, oki, désolée, alors ?
" et si il devenait soudain affreusement macho lui aussi (sous entendu comme PP )
" pourquoi tu as dit oui ?
" je ne sais plus

Et c'est ce qui semble le plus plausible : Florence paraissait avoir totalement oublié pourquoi elle voulait épouser ZZ.

Tant et si bien que la veille du mariage religieux, mercredi donc, elle se désista.

Depuis, cad 3 jours, elle est prise de crise de sanglots incontrôlables durant lesquelles on l'entend repetée, desesperée, " il ne m'a pas rappelé ". (cool.gif

(1) nous ne faisons pas le même job elle est moi (Carla, 26 ans, tueuse)
(2) limite érotomane mais j'ai le goût de l'exagération
(3) quoique cyclothymique
(4) façon de parler, c'était certes un mariage religieux mais à la mosquée
(5) autant l'année 2002 fut un bon cru amoureux autant 2003 promet quelques déconfitures
(6) les mythes familiaux ont la vie dure parfois
(7)Oedipus or not Oedipus?
(cool.gif je ne veux pas enfoncer le couteau dans la plaie, d'autant qu'il n'y a pas de quoi faire la fierotte mais 3 jours sans donner de nouvelles à Tristan ont eu des résultats fort probants (bien que douteux sous un certain angle) : ce soir un charmant message écrit sur mon téléphone " sweet kiss sexy "

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dimanche 30 mars 2003 à 20h56
Dimanche, ou la certitude d'en avoir enfin fini avec l'adolescence (dans une certaine mesure)
" Allo Tristan, c'est Carla !
-Carla, tu es revenue ?
-non
-qu'est ce qui t'arrive Bébé ?
-je t'appelais j'avais juste envie de parler, tu me manques
-toi aussi, alors raconte moi…. "

Et ainsi nous passerons 2h au téléphone, moi assise dans ce charmant jardin à W, lui sous ses toits à Paris. "

Voilà le genre de pensées qui m'ont obsédées toute l'après midi, en sirotant du coca cola light.
(1).
J'étais pourtant assise dans un jardin, le soleil signifiait sa présence, je portais mes lunettes de star. (Il y avait quelques amis, des connaissances que je n'avais pas vu depuis une éternité . Nous étions une dizaine. J'avais mène emmené Cristian avec moi. Ne demandez pas pourquoi c'est une histoire longue de 48h

Tout ceci fort agréable mais allez savoir pourquoi mon esprit tarabiscoté se mit à m'envoyer des messages signifiant La crise de manque

" et si j'appelais Tristan
" non je ne dois pas, j'attends de revenir à Paris
" mais juste pour lui laisser un minuscule message
" et si il décroche ?
" lui dire que c'est une envie subite
" et si il te trouve envahissante ?
" oui tu as raison
" mais tout de même, je ne peux pas avoir envie de lui parler simplement ? après tout il est du signe du poisson et les poissons....
" NON surtout pas

Héroïquement, stoïquement, j'ai résisté. Jusqu'au moment ou Cristian, amusé, m'a dit

" Carla, je me demande qui peut bien ainsi occuper tes pensées,

Silence de l'interessée

" à moins que tu es encore attaquée une bouteille de Vodka nature ? " (2)

Mes lubies ont ceci de merveilleux qu'elle cesse très vite.
Merci Cristian.
J'ai resisté
en pensant tristement
"Oscar W., je t'ai trahi" (3)

(1) Irais je jusqu'à dire que je bronzais ?
(2) aurais je mauvaise réputation ? et si oui, pourquoi ?
(3) mais c'est pour mieux succomber

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lundi 31 mars 2003 à 21h17
De la tentation encore, ou La nouvelle passion de Saint Mathieu
De la difficulté à noyer le poisson, de l'art subtile de la rupture et d'un plaidoyer bancal en faveur des jeunes filles inconséquentes (1)

Un dimanche matin comme un autre dans la paisible ville de W

Expediteur : Matthieu M. (2)
Titre du message : L'indulgence
Destinataire : Carla

" Quelques jours et quelques nuits plus tard (3).. Pas facile de t'écrire, comme il n'était pas facile de te parler vraiment ce vendredi soir. Tu avais raison, on ne s'est pas dit grand chose ce soir-là, certainement pas l'essentiel (4). Et en même temps, quand j'ai fait celui qui ne comprenais pas et qui t'a répondu " mais si on se parle ", je voulais dire que ça n'était déjà pas si mal que l'on puisse se parler, après tout ce temps, ces incertitudes, ces questions et ces petites et grandes douleurs, et que rien que pour cela j'étais heureux de ces heures d'insouciance et de petits rien passés avec toi. Je suis heureux également de te trouver dans cet état d'esprit, plus sereine, plus lucide, pas encore apaisée mais sans doute sur la voie de l'être un jour. Encore que, cela est-il bien souhaitable ? Tout cela pour dire laborieusement que j'ai besoin en quelque sorte de te découvrir a nouveau. C'est une nouvelle toi que j'ai eu en face de moi et que je veux connaître. Reste que je n'ai rien oublié de... de tout, reste que je te désire toujours autant, que le simple fait de me trouver en face de toi d'admirer tes épaules nues me fait monter l'envie de toi, le souvenir de nos baisers et puis encore et toujours... bref. Mais je ne sais rien, j'ai simplement l'envie de ne pas te perdre. "

Autant dire que j'ai eu un moment de panique.
Et d'ajouter à ma liste de briseuse de c&#339;ur, un nouveau nom

Armaury
Matthieu M
Lothard

(oui j'ai décidé de ne pas remonter dans le temps avant ma 25ème année. J'ai aussi décidée sciemment de ne pas compter X même si il prétend que je lui ai aussi brisé le c&#339;ur. Il l'avait bien cherché)

3 noms, c'était encore raisonnable.

Cependant si je suis totalement honnête avec moi même (horreur !), briser des c&#339;urs par inadvertance une fois, c'est une chose, briser le même c&#339;ur deux fois par inadvertance confine l'inconscience.

Parce que d'où m'est venue l'idée de recontacter Matthieu M. un an après avoir disparue (5) ?

(1) ou du culte des titres longuissimi
(2) à ne pas confondre avec Matthieu (tout court), un ami
(3) après notre dernière entrevue
(4) explication un peu plus loin
(5) disparue une fois n'est pas coutume après une dispute.

Histoire de Mathieu M. et tentative d'auto justification.

J'ai rencontré Mathieu dans un cadre quasi professionnel. Un copain, Ricardo (1), m'avait demandé de jouer les escort girl pour un dîner d'affaire et je trouvais ça amusant. (2) J'avais accepté et m'étais même habillée en jeune et jolie femme....sérieuse (3).
Mathieu M était une des relations d'affaire. Cependant, mon rôle était si ambiguë qu'il ne pris pas le risque de me faire des avances de n'importe quelle nature. Ce n'est que quelques jours plus tard qu'il appris (visiblement et) subrepticement par Ricardo que nous n'étions pas ensemble (4).
Et en profita dans la foulée pour obtenir mon numéro de portable.
Dire que je fus surprise par son appel serait faux. Entre temps Ricardo avait quand même pris la peine de me prévenir, je cite, qu'il "n'avait pas pu refuser ce service à Mathieu M. ". Je suis parfois indulgente quand ça m'arrange et j'étais curieuse de cet homme qui contrastait si douloureusement avec X (5).
Il me proposa une rencontre à une heure raisonnable, dans un endroit raisonnable.
Je glissais adroitement dans la conversation que je ne vivais pas seule.
Il se trouva que lui non plus.
La situation étant on ne peut plus claire, le rendez-vous fût pris

(1) ne riez pas je vous en supplie !
(2) A l'époque je vivais encore avec X mais il avait du se rendre à l'étranger
(3) dans la mesure du possible je suis capable de bien me tenir moi aussi
(4) j'ai toujours eu cet affreux doute que Ricardo avait sciemment omis de préciser que si je n'étais pas effectivement avec lui, je n'étais pourtant pas célibataire
(5) cultivée, délicat, attentionnée, respectueux....Il faut dire que ma relation avec X était arrivé au stade ultime de l'enfer.

Deuxième épisode du feuilleton de Mathieu M., les prémices amoureux

Je n'étais pourtant pas du tout prête à tromper X avec un quasi étranger. Ce premier rendez vous fut donc très sage. Urbain.
Nous parlâmes de tout de rien de nos goûts de nos couleurs.
Une séduction diffuse et douce.
Je me sentais libre, plus légère que je ne l'avais été depuis bien longtemps.

Dès ce jour, une fois par semaine, nous nous débrouillâmes pour nous voir : ciné, expo, goûter, dîner concert...

Et plus je passais de temps avec Mathieu M, plus il me paraissait évident que je devais abandonner la vie de couple. Pour vivre la mienne.

Deuxième épisode de l'histoire de Mathieu M :
Du couple au célibat, il y a l'adultère

J'étais amoureuse. Mais mes difficultés avec X n'étaient pas amoindris. Certes je me rebellais, mais je n'arrivais pas à quitter X definitivement.
La patience de Mathieu M, son attention, me faisaient du bien et me donner quelques espoirs de réussir un jour à partir.

De son côté Mathieu M, n'exigeait rien de moi. Il déclarait être amoureux de moi, puis de plus en plus amoureux, mais acceptait d'attendre que je sois prête.
Prête à ?
A vivre avec lui.
Pendant ce temps il continuait à vivre avec son amie, qui ne se doutait de rien. D'ailleurs je ne lui demandais pas de la quitter. Cette situation m'arrangeait. Je n'avais aucune pression.
Vint le temps du premier baiser.
Des premières chamailleries.
Et enfin de notre première nuit ensemble et du premier matin qui me décida à tout plaquer : X, lui et Paris.

Dernière épisode de l'histoire de Mathieu M :
Première Nuit, premier matin et apocalypse.


Notre première nuit ensemble fut vraiment belle, romantique à souhait, merveilleuse et tout adjectif que l'on voudra bien imaginer. Nous avions su l'attendre.
Mais le lendemain matin au petit déjeuner, je lui parlais de cette amie d'enfance que j'évoque au début de mon journal

" Tu sais, je crois que c'est vraiment important pour moi que je la retrouve. Que je la vois. Et que je lui dise combien je l'aimais et l'admirais quand nous étions enfant
" Carla, mais bon sang quelle importance ?
" Pour toi aucune, c'est vrai mais pour moi, c'est comme un sentiment inévitable
" tu devrais laisser tomber, la dernière amie d'enfance que tu as vu, c'était une catastrophe souviens toi
" oui mais elle je m'en doutais déjà et je l'ai rencontré par hasard, je ne désirais pas spécialement la revoir. Mais qu'est ce qui te gêne dans cette histoire ? je veux dire pour toi, ce n'est pas vraiment important
" je preferais que tu penses à l'avenir, et à l'avenir avec moi, plutôt que tu te replonges dans ton passé

Il a dit ça d'un ton sec. Le genre de ton qui peut craqueler une image d'épinal.
L'après midi je suis rentrée chez X. J'ai fait mes valises. Le strict nécessaire.
J'allais dormir chez Amandine et Julien.
Le lendemain matin je demandais au papa d'Amandine si la proposition du job d'accompagnatrice pour un de ses groupes au Vietnam était toujours valable.
Il avait besoin de quelqu'un sur place le mois d'après pour faire le lien. Mais gentiment il m'a proposé de partir sur le champ. La semaine suivante je m'envolais pour l'asie.
J'avais laissé une lettre à X avec toutes les bonnes raisons que j'avais de le quitter. Je le prévenais aussi que mon frère passerait prendre le reste de mes affaires (2) et lui rendre ses clés par la même occasion. (3)
Et à Mathieu, un mot, disant que je ne serais sûrement jamais prête.

(1) ce titre est affreux
(2) pour l'essentiel : des habits, des livres et des disques
(3) las, ca ne se termina pas si simplement mais c'est sans importance

Mathieu M, nouveaux épisodes, ou de mon goût indélicat pour le come back.

Un peu avant ma rupture avec Armaury, je tombais en rangeant des papiers sur des lettres qu'il m'avait écrites. Je ne fus pas spécialement émue, mais j'eus envie de le remercier pour le soutien indéfectible qu'il avait été à une époque. Et aussi lui expliquer ma disparition et donc ma peur de l'engagement (1).

Or il se trouve que Mathieu est l'archétype de ce que j'imagine d'un enfant unique. Et en écrivant cela, je pense, comme pour Armaury, à une fierté qui parfois est carrément imbécile (pas là en l'occurrence).
J'écrivais donc un mail, court et simple, dont le titre était " l'imprudence ".
Je lui disais mon désir de défaire le n&#339;ud de ma disparition.
Il en répondit un, dont l'objet était " la prudence ".
Il m'écrivait qu'il serait heureux que nous en parlions de vive voix.
Après comparaison de nos agendas respectifs, nous convînmes d'un vendredi
Le 21 mars.
Le 16 mars, j'immolais Armaury
Le 17 je découvrais les subtilités de Tristan.

Mathieu M, les nouveaux épisodes

Ce fut tout à fait logiquement un calvaire pour m'habiller. Comment être séduisante, sans être provocante, charmante, sans avoir l'air de proposer la botte comme dit Balthazar.
Irrésoluble.

Finalement j'optais pour une robe noire simple, sérieuse, étroite mais sobre et boutonnait jusqu'au collier (ce n'est pas une image). Mes baskets un peu spécial dont je suis aussi secrètement amoureuse (1).

Il m'avait donné rendez vous dans un bar que je ne connaissais pas. Mais que je n'eus aucun mal à trouver (2). Et qui s'avéra être un bar homosexuel. Nous étions à tout casser une dizaine de filles dans la foule.

Mathieu M, malin. Et en retard pour la première fois. (3)

Mais pas trop vu ma légendaire impatience.
Et voilà, comment nous nous retrouvâmes autour d'un verre de campari orange.

Son mail dit à peu près le reste de ce qu'il faut savoir de cette soirée.
Mais je ne m'attendais pas à un retour de flamme aussi évident.
De mon inconséquence.
Autant dire carrément mon égoïsme.

(1) je suis amoureuse secretement de presque toutes mes paires de chaussures. Les autres sont abandonnées au fin du placard à Balai.
(2) j'ai pris la peine de bien étudier depuis 26 ans le centre de paris
(3) Sans importance. Si il y a un endroit ou je me sens bien seule, c'est là. Dans un bar homosexuel on peut se mêler de toutes les conversations, faire l'idiote, s'installer au bar sans que cela soit interpréter comme un signe de disponibilité sexuelle.

(1) j'imagine que tout le monde l'a remarqué avant moi

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lundi 31 mars 2003 à 21h32
Est ce que tout ceci est bien raisonné ?
J'ai commencé une correspondance. Une correspondance étonnante. (1)
Avec un homme sur lequel je n'ai qu'une certitude : il aime les prénoms portant le L et il se fiche que je couche avec X, Y Z
mais il a une nette préférence pour Tristan.

Je ne sais pas trop comment en parler.

Evidemment Balthazar est à M. et ne répond pas au téléphone.
Il m'avait prevenu
" Carla, jusqu'au 5 avril je serais volage "
Autant dire absent.

Je sais, je ne peux rien faire toute seule,
mais j'ai de sérieux handicaps :
-je manque affreusement de confiance en moi
-je suis une grande velléitaire
-c'est ma culture de douter de tout et d'imaginer le reste

D'ou mon amour de ce que Tristan appelle poliment
" la verbalisation "

D'autant que les mots me paraissent toujours si traître qu'il faut sans cesse les préciser.

Du coup je viens de passer trois nuits à penser à tout ce que j'aurais du dire mais que je n'avais pas su formuler

Par exemple j'aurais voulu demander à O.
de me raconter une anecdote de son enfance, peut être même son premier souvenir d'enfance. Un peu comme Perec dans " W ou le souvenir de l'enfance ", avant tout sans souci de ce qui a bien se passer réellement
S'il avait un début d'explication à ses réactions et contre réactions amoureuses, ou leurs absences (et aussi de me parler des jésuites)
Pourquoi Proust avait été une révélation et comment cette révélation s'était matérialisée
à quand remonte ces dernières certitudes sur sa vocation d'écrivain
Ce que aujourd'hui sa famille pense de ses écrits
Pourquoi puisqu'il admet que chacun ne retient de ce qu'il lit ou entends que ce qu'il l'arrange, adhère à sa réalité, donc quand il admet ouvertement ce postulat, il refuse encore l'accès de ses manuscrits à A. sous prétexte de subjectivité

Et aussi déjà je lui demande pardon (3)
si je suis maladroite
je suis maladroite
si je suis égocentrique
je suis égocentrique
et pour toutes mes fautes de goût passées futures et présentes

(1) Je ne sais pas si je dois te renommer, je trouve que ce
(2) " Carla, j'adore
-quoi donc Tristan ?
-Je dis une phrase et tu pars dans un roman fleuve
-je te saoule ?
-non ca me fascine "
Je ne sais évidemment pas comment le prendre.
(3) je me demande d'ou me vient cette manie/ce goût de dire à tout bout de champ
" je suis désolée
" pardon
" pardonne moi
" je te prie de bien vouloir m'excuser
Et pourtant je n'ai strictement reçu aucune éducation religieuse, à mon regret d'ailleurs. Je ne soulève pas de débat ici mais j'aimerais assez

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lundi 31 mars 2003 à 21h53
Comment je vécus comment je suis...manuel à l'usage des jeunes filles
Lundi donc, oui parfaitement, lundi. Sur l'heure du déjeuner.
Mon téléphone sonne.
Je décroche machinalement

" Carla, tu ne m'aimes plus ?
" Tristan ?
" Tu ne m'aimes plus (ton boudeur)
" Bien sûr que si Tristan seulement je ne suis pas à Paris, impossible de m'offrir
" (rire) je te taquine
" j'avais compris
" tu me manques ! Carla !
" toi aussi !

TRISTAN A APPELÉ EN RESUME.
Pour me dire à quel point il avait envie de moi.

The perfect boy

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mardi 1er avril 2003 à 23h18
Nouveau dialogue avec Tristan, ou l'on se dit que Papa n'avait peut être pas tout à fait tort quand il nous répétait, enfant " Ma fille , l'effort n'est pas un mot vain "
Lundi soir

" Carla,
" Tristan ?
" ton corps me manque
" et tes airs offusquées aussi, Bébé
" mes airs offusquées ? oh ! quoi?! mes airs offusquées !
"ouais
" Tristan ? pourquoi tu m'appelles ?
"Bah Carla, je tente d'alimenter tes écrits (1)

Ce type est strictement un ange.

Quant au ¼ d'heure américain sur mon forum, j'ai honte mais je ne saisis pas le rapport, enfin je crois, enfin je ne suis pas sûre, encore moins certaine

L'anonymat oblige t il à l'opacité ? (2)

1-est ce parce que je propose de la vodka à un type trop bien habillé pour être honnête ?
2-est ce parce que je n'ose pas appeler Tristan de peur d'être collante ?
3-est ce pour une toute autre raison ?
4- enfin question pour le mien essentiel, est ce que cela se soigne?

Pitié répondez moi, anonyme ! soyez chic !

(1) j'avoue tout.
(2)(Pardon ! Je suis le genre de fille qui s'obstine à ne pas comprendre le sens de l'heure d'été)

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mercredi 2 avril 2003 à 00h03
Où réside l'infidélité.
C'est curieux comme ce mot me traverse

" Infidèle ! "

Autant dire mécréante.

Et pourtant je ne peux pas m'empêcher de lui trouver des airs de légèreté heureuse, de félicité aérienne

Et puis d'abord, infidèle
à qui à quoi

De la minceur de certaines frontières

Petite aparté :
Si je dois penser sérieusement plus de quelques secondes,
j'ai la manie des chiffres im-paires (1)

" les femmes se servent des hommes comme de lianes "
Un prof ahurissant de géographie (pour ne pas dire complètement stupide)

Mais j'ai un faible pour Jules et Jim (2)


Je reviens au sujet imposé par le titre du paragraphe : Où commence l'infidélité ?

Mais là tout de suite, je n'ai déjà plus envie de me répondre.

ça m'est parfaitement égal. Là tout de suite.

Le principal après tout, c'est de l'écrire.


(1) je sais, c'est facile
(2) et à d'autres aussi de Truffaut, mais aussitôt je me souviens de ce film de Godard qui m'a tant fait rire " Masculin/Féminin, mode d'emploi " et au mépris qui m'a tellement émue. Et maintenant à ....oui surtout.

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mercredi 2 avril 2003 à 16h31
D'un peu d'aigreur dans ce monde rose bonbon
Certaines mauvaises langues affirment qu'il existe un club secret, dont les membres ultra privilégiés sont uniquement composés de mes ex.
L'avantage d'avoir sa carte est avant tout psychologique. On se sent nettement moins seul. Cela intensifie le merveilleux sentiment d'être victime. Parfois même on se téléphone pour avoir des nouvelles, « tu es au courant des dernières frasques de Carla ? » ou mieux encore « ah c'est pour toi qu'elle m'a plaquée ?oui ? et elle est déjà partie ? oh ! je suis navré »

Je sais je suis cruelle. Mais je préfère le Spartakisme.

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mercredi 2 avril 2003 à 16h43
Du capitalisme et autres histoires baveuses, où l'on arrive à d'étranges conclusions
De toute façon tout le monde sait que je suis une menteuse.
A un innocent correspondant qui ne posait même pas la question, j’affirmais ce matin encore
« Je ne suis pas amoureuse de Tristan. Je l’aime bien, c’est tout »
Et ceci avec beaucoup d’aplomb.

Seulement entre temps j’ai repensais à cette histoire de financier de haut vol.

Du goût des Baisers

Le baiser, c’est important. Le premier baiser encore plus. De toute façon, tout ce qui a trait aux lèvres à ce goût si spécial qui a à voir(1) avec la langue.

Petite envolée lyrique :

« Dans un baiser, tout ce dit , tout se sait
Les exigences de la peau, l’avidité des caresses,
la similitude et les futures batailles »
(sur l’air d’amstramgram)

compréhension des corps et donc de l’esprit (2)

Mais reprenons calmement
Pourquoi ces réflexions sur le baiser ? (3)

Parce qu’ hier le financier de haut vol a essayer de m’embrasser.

Il faut dire que ça avait mal commencé

(1) avoir avec la langue, au choix
(2) je me suis faite à l’idée de ne jamais réussir à dissocier les deux
(3) d’autant que pour ceux qui suivent ces réflexions suivent celles que j’ai failli avoir sur la (in)fidélité

Du capitalisme et autres histoires baveuses, ou l’on arrive a d’etranges conclusions.

Première Partie, première interrogation : des préjugés que l’on peut avoir sur la drogue

Nous étions chez Solvej. C’était agréable.
J’avais ma Vodka et lui du Whisky (1). Nous parlions de son travail (2). C’est normal, ça a l’air toujours tellement sérieux la bourse.
Surtout en ce moment. Mais c’est toujours comme ça.

Et puis, en plein milieu de la conversation, il se met à rouler un joint.

Bon que Tristan fume des joints à son âge, passe encore,
Tristan est cool
Les gens cool fument des joints

Mais Cristian, Cristian est un type qui gagne tout un tas d’argent, en prenant des airs affairés ou fiévreux et surtout en ne débranchant jamais son portable.

« Cristian, tu fumes des joints ?
« oui pourquoi ? ça te gêne Carla ?
« Non mais ça me fait toujours bizarre un type en chemise qui fume des joints.

C’est fou les préjugés qu’on peut avoir.

N’empêche cette histoire me turlupinait déjà un peu.

Et puis ça c’est carrément déglingué

Des mauvaises associations d’idées que l’on peut faire.

Il était tôt. Mais il était prévu qu’il doive repartir.
Je l’accompagnais à la porte et là, il voulut m’arracher un baiser.

M’arracher n’est pas le verbe juste, parce que j’avais très envie qu’il m’embrasse : je le trouve beau et même séduisant, il me plait, j’aime bien sortir avec lui, il n’est pas pressant, et il sait que je dois repartir et lui doit déjà s’en aller. Un baiser, rien qu’un baiser

Il a donc eu son baiser. Mais alors que je tentais subtilement de saisir sa lèvre infèrieure avec les miennes et que je n’y arrivais décidément pas, je ne pus m’empêcher de penser avec nostalgie aux baisers de Tristan.

Cela aurait pu être sans aucune conséquence.

Mais de fil en aiguillon…

Petit flash back assassin et moral en biais,
(à quoi je pense quand j’embrasse un autre que toi)


« Carla mais qu’est ce qui t’arrive ? tu me baves dessus !
« oh flûte ! pardon ! mon dieu, je bave quand je t’embrasse ?
« d’habitude pas du tout, mais là tu salives, ca doit être ce qu’on a manger
« les artichauts à l’huile ?
« tiens oui peut être….non ca ne colle pas
« mais t’es vraiment degueu tristan, de me dire ça ! je ne vais plus jamais oser t’embrasser ! jamais !
« Carla, ne soit pas si chochotte !
« ouais, c’est facile pour toi, la bave du crapaud….

A ce stade de mes souvenirs, j’ai éclaté de rire. Et je me suis aperçue que Cristian était encore en train de m’embrasser.

Il l’a pris avec le sourire et un
« tu es vraiment impossible Carla »
Sous entendant que j’étais malicieuse.
Mais sincèrement, je me suis sentie soudaine très mal à l’aise.

« Penser que je ne vais plus penser à toi est encore penser à toi . Laisse moi par conséquent essayer de ne pas penser que je ne vais plus penser à toi. »
Zen

(1) première fausse note
(2) Cristian, comment on fait de l’argent en ne produisant rien ?
-en travaillait 36 h par jour. Sauf exception.

(ouf , merci)

Cela dit, je persiste dans mes allégations.
Et je le repete pour moi même

"Je ne suis pas amoureuse de Tristan. "

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jeudi 3 avril 2003 à 17h26
Où l'amour des chats conduit au ronronnement masculin
J'aime les chats. J'aime leur nature profondément égoiste qui fait que vous pouvez être certain que si ils sont encore avec vous c'est qu'ils y trouvent un certain plaisir.

noble, un peu dédaigneux et serein

J'aime la manière dont ils me toisent pour évaluer ma docilité,
et aussi quand ils creusent mon ventre avec leur dos pour trouver la parfaite position

Leur indépendance et leurs infidélités loyales.
Leur vraie douceur.

Leur singularité.

J'aime les chats et les poissons rouges.
Mais les cyprins c'est encore autre chose.


Lorsque Tristan commence à me toucher il ronronne.
Ca donne quelque chose comme
" hum….rrrrrrrrrrrrr…..hum……rrrrrrrr "

Et il réclame la petite cuillère pour dormir.

Comme moi.

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jeudi 3 avril 2003 à 18h41
Ou l'on se demande ce qu'il y a d'intime dans un journal en ligne, sans jamais oser l'avouer
J’ai raconté à Tristan dans une discussion téléphonique (1) ma correspondance avec O. Sur un mode mineur.
Peut être par provocation.
Mais aussi pour lui rappeler que j’écris sur lui (2). Parce que pour tout dire, ça me met un peu mal à l’aise d’écrire ainsi sur des gens qui me sont proches.

Après tout c’est mon journal, libre à moi de m’y dévoiler. Mais dévoiler les autres…

Tristan aime l’idée que j’écrive sur lui. Mais je ne sais pas si à la lecture, il apprécierait autant.
Ce n’est pas que je sois méchante et d’ailleurs tous nos dialogues sont fidèles. Comme le reste.
Mais ce n’est qu’un aspect de lui.
Celui que je préfère mais peut être pas le plus brillant au regard des valeurs ambiantes.

C’est une des raisons pour lesquelles je ne me suis pas proposée de lui faire lire ce journal. La peur de le vexer, quoiqu’il ne soit pas susceptible. J’espère qu’il en rirait. Après tout quand il est avec moi, il en rit.

La seconde raison c’est que naturellement je me sentirais moins libre. Je n’évoquerais pas mon état amoureux aussi légèrement si je savais qu’il me lit. Ni ne dévoilerais certains détails de notre/mon/son intimité.

Comme l’écrivait si bien O.

« l’intimité n’est violée que par une personne de connaissance, un inconnu n’existe pas, « la mer, quand nul ne la regarde, n’est pas la mer »

Jusqu’ici rien que de très normal.
Des préoccupations de diaristes, des interrogations de jeune femme

Seulement voilà, j’ai parlé de O. à Tristan, et ce faisant…

Du jeu au je, ou le contraire.

A un autre que Tristan je n’aurais pas parlé de O. D’ailleurs je n’ai aucune envie de parler de O. Pas encore.

Seulement Tristan est différent des autres. Non pas qu’il soit l’homme de ma vie, le seul l’unique. Bien au contraire.

C’est parce qu’il n’est aucun de cela que je peux tout partager avec lui, que j’ai envie de tout partager de mes petits bonheurs.

Tristan ne pense qu’au sexe, mais Tristan sait m’écouter.

Alors je lui ai dit

« J’ai commencé à correspondre avec O. Et plus étrange c’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui ne me dit pas qu’il est écrivain et dont j’ai l’intime conviction qu’il l’est. » (3)

Tristan a ri parce que comme dit l’autre « c’était lui, parce que c’était moi »

Et m’a promis de me faire passer le goût de la poèsie.

Mais depuis Tristan a changé. Il m’appelle pour me dire des mots doux et rieurs, il me reproche avec un sourire de ne m’interesser qu’à son corps et tout dernièrement

« Carla, tu es une coquine
« oui possible
« tu dis que tu es cérébrale, mais je ne te crois pas, tu n’arrêtes pas de me regarder dans la grande glace quand nous faisons l’amour, tu es un petit animal
« ça tient à la position Tristan, si je veux te voir, je n’ai pas vraiment le choix
« menteuse, allez, avoue ! tu es une coquine !

Qu’est ce que je peux répondre à ça ?

Et puis il s’est mis à déclamer, à faire des rimes, à me reprocher de le laisser « dans un désert sexuel atroce » pour le week end (4). Et de me rappeler, la douce violence…

Et là, allez savoir pourquoi, j’ai commencé à me demander,
« est ce que Tristan ne serait pas tombé sur mon journal ? »

D’un côté je l’imagine très mal farfouiller. D’abord il est paresseux, ensuite, j’en suis certaine ce n’est pas son genre. Mais il est si narcissique (bien que manquant de confiance en lui) et je ne lui ai jamais interdit de me lire.

Au fond, je n’y crois pas. Et puis surtout quelle importance ?
Mais c’est si agréable de se torturer pour des riens.

Un luxe.

(1) je ne rapporte pas nos discussions en entier, hélas !
(2) tu as mis mon nom aussi ? mais non, juste ton prénom, je ne suis pas si garce !
(3) Pour O. Ceci n’est pas de la vile flatterie, c’est mon sentiment profond. La mélancolie dont tu parles, les interrogations qui te traversent, ta manière d’écrire…Tout respire en toi l’écrivain comme je me l’imagine. Rêveur, un peu détaché du monde, mais étrangement présent au réel
(4) les week ends de Tristan commence le mercredi et finissent le lundi matin

Je sais que le changement est un mouvement vital.
Je n'ai pas peur que Tristan tombe amoureux.
Je ne suis pas amoureuse.
Je ne voudrais rien changer.

J'aimerais toujours que tout se passe comme la première fois

Je frappe à la porte. Un escalier intérieur monte à son appartement sous les toits. Je suis en retard. J'ai couru. J'halète un peu.
" Carla, c'est ouvert !
Je monte les dernières marches. Je commence déjà à m'excuser de mon retard tout en le cherchant des yeux.
Il y a des poutres apparentes un peu partout. A droite de l'escalier, le salon et en face la cuisine américaine. Au fond la salle de bain et les toilettes. A droite, son bureau et au fond la chambre. L'espace est totalement ouvert sauf la salle de bain. Tristan est à son bureau, il se lève, il veut m'embrasser, je suis insaisissable. Je voudrais pouvoir le laisser me toucher mais je suis trop électrique.
" Carla, tu n'aimes pas les câlins !
" si j'adore pardon si si si ! j'adore !
(limite désespérée)
" viens par là
" non attends
" tout doucement voilà, tu me laisses mettre mes bras autour de ta taille, voilà comme ça, tu n'es pas bien ?
" (si !!!!!!!!!!!!!!!) si, si
" et maintenant tu te laisses embrasser. (il m'embrasse et c'est parfait parce qu'un baiser….)
" Bon. Je crois que je dois te droguer Carla
" oui bonne idée, et tu me sers de la vodka aussi (je suis prête à tout !)
Il passe derrière le comptoir.
Il me sert un verre. Il prépare un thé. Il roule un joint.
" raconte
" non toi d'abord
Nous nous racontons. Nous rions. Je me détends. J'ai envie de lui. Il a envie de moi. Je bois. Il fume. Je fume. Il ne boit que du thé. Je pique un tic tac. Il se moque de moi
" tu es toute speed
" mais non !
Alors je vais derrière le comptoir avec lui.
Je garde mes distances. Il les annule.
Il ronronne.
" j'adore quand tu ronronnes
" il faut que je me retienne…..hum…..rrrrr…..je dois me calmer
" pourquoi ?
" pour mieux te manger mon enfant. Viens
Nous traversons le salon direction le lit. Les miroirs. La télévision.
J'allume LCI.
Il coupe le son.
Deuxième joint.
Nous parlons encore. Nous rions. Nous fumons. Nous ne mangeons pas encore de chocolat. Le chocolat c'est après l'amour.
Maintenant il s'agit de sexe.
Ensuite nous reparlerons. Plus proche encore. Plus léger.
Un autre joint sans doute.
Un peu de télévision. C'est de ma faute. Je n'ai pas la télé mais j'adore la télé. Il m'explique les programmes tout en affirmant que je ne comprends rien à l'art de mater la téloche.
Je zappe.
Il zappe.
Nous faisons encore l'amour.
Il déclare sa fatigue. Je déclare ma jeunesse. Il me vante les mérites de son lit et me met sous les draps. Il me borde. Il me reproche de ne pas aimer les câlins. Il réclame la petite cuillère. Il prétend qu'il a la crève. Il dit que je le fais jouir en ronronnant. Il me reproche de ne pas me laisser assez faire. Il me promet une punition avant de s'endormir. Je lui tourne le dos. Je suis face à la grande glace latérale. Je me trouve jolie. J'espère encore l'être au reveil.
Et curieusement, je le suis encore, le matin.

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vendredi 4 avril 2003 à 18h59
Carla-tais-toi (ça ne finira donc jamais ce genre d'imbecilités ?)
Je dois être à Paris Lundi.
Mardi mercredi jeudi vendredi à W
J'ai aussi deux rendez vous important Mercredi et Vendredi soir. A Paris
De l'art de bien s'organiser.

Or donc me suis je dit, pourquoi ne pas rentrer ce week end à Paris. Et en profiter pour voir Tristan.
Au hasard, vraiment.
Or donc prenant mon courage à deux mains et balançant ma fierté par-dessus bord, je l'ai appelé

Répondeur

" Tristan, c'est Carla (ta Carla !), je rentre ce week end, dis moi si tu es libre, samedi ou dimanche. "

Il était midi.

Autant dire que j'ai passé mon après midi à regarder mon téléphone tout en me disant
" quel salaud ! il m'a oublié " mais en réservant mon billet d'avion

(24h c'est parfois une éternité)

Or donc à 18h30 Tristan préviens
" Samedi soir parfait "(1)

Je sais, je suis désespérante.

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dimanche 6 avril 2003 à 12h56
Carla-brute, où l'on découvre pèle-mêle que je ronfle quand j'ai le nez bouché, que je ne suis plus bonne à rien après l'orgasme, et comment un étrange malaise s'empara de moi au petit matin
Tellement d'instants en une seule nuit, d'anecdotes stupidement heureuses , forcément futiles.

Tristan a décidé d'avoir le premier rôle dans mon journal semble t il.

J'ai pourtant un mauvais sentiment, inexplicable.

Mais reprenons calmement.

Car cette nuit à elle seule mérite plusieurs épisodes (petite vie, petits soucis, petit bonheur)

J'aimerais que O. soit là .

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dimanche 6 avril 2003 à 13h15
Un début raté, une sourde angoisse, où l'on découvre une jeune femme butée qui abuse du " déjà "
Il faisait un temps magnifique samedi. Aucune envie de traîner dans les aéroports aujourd'hui.
Le corps de Solvej, tout chaud, à mes côtés, elle susurre, endormie

" Carla, ne pars pas aujourd'hui…demain

J'aimerais mais je ne peux pas. Ce n'est pas tant que je veuille voir Tristan. Mais c'est moi qui lui ai proposé ce rendez vous. Et je me suis faite à l'idée de partir aujourd'hui. J'ai toujours tant de mal à quitter les choses et les gens.
une violence que je dois m'imposer.

Pourquoi ?

Parce que je réagis trop vite aux désirs des autres. Je les confonds avec les miens.
Je dois me discipliner.
Solvej le sait quand elle me le demande. Elle sait que déjà j'hésite, que déjà je voudrais rester encore.
Mais j'ai cette idée fixe : une nuit avec Tristan . Avant une nouvelle séparation géographique.

Et dimanche je serais chez Gio et Balthazar.
Et lundi je devrais déjà repartir.

" tu retournes à Paris dans 10 jours maximum Carla


Oui je sais Solvej, et toi tu sais que tes mots m'enferment.
Je m'en veux à présent.

Je prendrais un avion en fin d'après midi.
45mn de vol.
Je me sentirais mal.

Pourquoi ?

Parce que c'est pour lui, lui dont je ne suis pas amoureuse, lui qui ne le demande pas que je suis partie ainsi. Et par ce geste même je sais que je le quitte déjà un peu

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dimanche 6 avril 2003 à 13h36
Préambule morose et petites catastrophes féminines
Je n'ai prévenu personne de mon retour éclair sauf Gigi mais elle est partie en week end chez ses grands parents.

C'est agréable de se retrouver chez soi, mais toujours cette sourde angoisse.

Un message de Solvej pour me dire qu'elle ne m'en veut pas, qu'elle s'excuse, qu'elle viendra me chercher lundi soir.

Je me sens sale et moche, l'idéal pour une nuit d'amour.

Bien.

Plan de bataille :

1- une douche et autres ablutions de circonstances
2- trouver quelque chose à me mettre compte tenu de mon humeur ce n'est pas gagné
3- tenter d'assujettir mes cheveux à ma volonté toute puissante

Le premier point ne pose pas de problème majeur. Le maquillage, même et surtout discret remplit à peu près sa fonction de camouflage. Je reprends un peu vie, malgré des marques surprenantes de bronzage résultat d'une après midi dans un jardin.
Mes cheveux me donne un peu plus de fil à retordre. Mais ils sont encore humides et à ce stade, on ne peut jamais savoir avec eux.

Le souci majeur, comme toujours reste la tenue. Je voudrais mettre mon kilt et une chemise blanche , ca irait parfaitement avec ma timidité et les réticences que je sens poindre déjà. La jupe avec des bas permettrait de limité ma résistance, la chemise compliquerait la tache du conquérant, mais peut être le dissuaderait il de me déshabiller.
Ça cogite dur.

Le problème de ce scénario c'est que non seulement aujourd'hui c'est samedi mais en plus je dois prendre le métro du 19ème jusqu'au 5ème arrondissement. Et je ne me sens pas d'humeur à repousser les avances de tous ces mâles parisiens et frustrés que cette journée de printemps à du émoustiller (1).

Tant pis pour Tristan : ce sera levi's et top noir pour mettre mes épaules en valeur ; Une petite veste et mon sac à main chinois dans lequel j'arrive à fourrer un nombre de trucs incroyables.

Bon je ne suis pas au top mais ma peau est douce c'est déjà ça ;

(1) les parisiennes savent qu'il n'y a aucune vantardise dans cette phrase : il suffit d'être habillée en fille pour que tous les zinzins de la galaxie vous tombent dessus

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dimanche 6 avril 2003 à 15h09
Où il est clairement établi qu'il n'y a qu'un philosophe affreusement laid pour affirmer que l'enfer c'est les autres
20h30

Acte 1 : Où l'on se demande pourquoi les femmes se compliquent la vie sous des prétextes aussi douteux et sexistes que " on ne peut pas faire confiance à un homme

Avant de partir rejoindre Tristan, je l'appelle.
On ne sait jamais même si on y croit pas vraiment.
Et si….

son répondeur !!!!!
c'est son répondeur qui répond !
Vous me direz que c'est précisément la fonction du répondeur
Mais IL EST CENSE M'ATTENDRE IMPATIEMMENT
Et pour dire la vérité je n'avais pas envisagé une seule seconde qu'il me laisse tomber pour la soirée

Dans un effort anti-tragédie cornélienne , je lui laisse tout de même un message,
il ne faut pas trop provoquer le destin.

20h31
Acte 2 : L'art de l'extrapolation


Mais qu'est ce que je vais faire ? JE NE PEUX PAS RESTER SEULE DANS CET ETAT (1)
J'appelle SOS amitié Carla en Saturday night détresse ?
Mais si Tristan rappelle ?
Je devrais ensuite sacrifié un ami dévoué ou un amant qui manque de promptitude….
Choisir !
Le summum de l'horreur !

(1) c'est un de mes défauts et c'est pour ça que je déteste prévoir : les changements de dernière minute me plongent dans une angoisse indicible.

20h33
Acte 3 : Des problèmes de communication qui n'en sont pas


" allo Carla ?
" oui ?
" c'est Tristan
" ah Tristan (genre la fille !)
" allez arrive chérie, je n'attends que toi
" oui (oui !!!!!!!!!!!!!!!!!)

Et me voilà partie. Après avoir absorbé trois verres de fitou.

Détends toi Carla, qu'est ce qui t'arrive ?

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dimanche 6 avril 2003 à 15h44
Last but not least : les achats de dernière seconde
Rue des écoles , j'arrive au/à bout de mon périple.

J'ai oublié le cadeau que j'ai ramené à Tristan de W.

Mais pourquoi, pourquoi je me mets dans tous mes états comme ça ?

Je pense à Solvej et je voudrais être avec elle. Je me sens coupable.

Bon , solution ?

Le pot de nutella !

Oui car Tristan adore le nutella (1)

Direction l'épicier du coin qui me connaît déjà et même me reconnaît

" bonsoir
" encore votre amoureux ?
" et oui, dites, vous avez du nutella ?
" le maxi ou le mini ?
" le maxi
" ça c'est de l'amour

Mouais. Du sexe surtout.
A l'abordage !

(1) merci de ne pas analyser ce goût plus que douteux pour le chocolat. En réalité c'est une constante que l'on retrouve chez les fumeurs de joint dorlotté par leur maman : ils aiment le coca cola et le nutella .

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dimanche 6 avril 2003 à 16h14
Où l'on voit enfin le bout du tunnel
Flûte le code ! aïe le rouge à lèvres ! marre de ces étages ! je suis encore en retard!

toc !toc !toc

" entre Carla et ferme la porte à clé

Il est là à son bureau. Il se lève . Dieu qu'il me plait ! comme il est grand !

" j'ai le droit de t'embrasser ou pas encore ?

Il s'assoit sur un tabouret du bar, je fais mine de regarder les documents qu'il a posé devant lui ; je l'embrasse du bout des lèvres, nos bras se frôlent et c'est une sensation extrêmement troublante

" Carla….
" oui je sais….
" il ne me reste plus qu'à rouler un joint
" tiens je t'ai ramené du Nutella
" tu es un ange

C'est si simple parfois

En vérité, je n'ai pas le coeur à écrire....j'arrête le massacre....

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dimanche 6 avril 2003 à 17h37
Prélude et babillages
Nous parlons, nous n'en finissons pas de parler….de ce fax qu'il vient de recevoir, de ce fax qu'il veut envoyer, de son bouquin qui va sortir ces jours ci (1), de politique forcément (2), d'amour (3), du nouveau grille pain qu'il s'est offert (4) de mon journal (5)…il s'anime, se passionne, rit
Nous parlons et cela semble durer des heures. Il est assis derrière le comptoir de la cuisine comme toujours. Je fais des arabesques sur le plancher, je caresse les poutres qui croisent mon chemin, je papillonne
" Carla, tu ne peux pas rester en place ? "
Si seulement Tristan….

(1)" Carla, tu ne veux pas t'occuper de ma promo ? " c'est ça et on se marrie et on fait plein d'enfants pendant que tu y es ?
(2)on réussit même à s'accrocher gentiment " Carla tu es infernale, laisse moi en placer une ! " mais tu m'expliques des choses que je sais parfaitement bien et le temps manque…
(3)" Carla tu n'as jamais envisagé que je tombes amoureux de toi ? si ça trouve c'est du baratin pour te séduire mon côté très libre… en réalité je t'aime déjà et je ne vais pas te laisser partir….je viendrais chanter sous tes fenêtres, je…. " Etrange parallèle avec ce que disait O. dans une de ses lettres ; ai-je l'air si naïve qu'on puisse m'abuser ainsi ?
(4)" regarde Carla, il est beau non ? " et de passer tous les deux un bon quart d'heure pencher sur le dit grille pain, à essayer de comprendre à quoi servent les fils de fer qui le surmontent
(5)Tristan croyait que j'écrivais un journal uniquement sur notre relation (" rho coquine "). En fin de compte elle y prend beaucoup plus de place qu'elle ne devrait mais j'ai du tout de même lui signifiait qu'il n'était pas l'unique sujet même si il était celui du moment. Il aimerait lire, je lance un avis au lecteur qui se perdra jusqu'ici, qu'est ce que je pourrais lui donner comme extrait ?

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dimanche 6 avril 2003 à 17h40
Le coup du minuteur, Où l'on retrouve enfin le propos stricto senso, car après tout il s'agit ici d'une relation sexuel
....suite...

" je suis désolée
" Carla ! si tu redis encore une fois je suis désolée ou excuse moi ou une autre connerie dans le genre je te deshabille illico presto
" oki (1)
" je mets le minuteur en route on va voir si tu tiens 5 mn

C'est pas de ma faute, j'avais envie d'aller au lit.

(1) pour ceux qui connaissent l'histoire de la grenouille à la grande bouche c'est un peu pareil que quand elle dit au lion " ET TU MANGES QUOUA TOUA ? " " des grenouilles à grande bouche " " ah bon "

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dimanche 6 avril 2003 à 18h52
Amstramgram pic et pic et....
" Carla, tu peux faire de moi ce que tu veux, mais attention c'est limité dans le temps, ensuite c'est mon tour
" non t'es degueu ! non je suis trop timide ! tu triches !
" embrasse moi
" j'ai trop de cheveux
" Carla…
….
" Carla avec la langue !
" mais je ….
" Carla….trop tard

Premier round. (par orgasme infligé)
Vainqueur : Carla
Vaincu : Tristan


Un petit joint .
Une petite discussion.
Mi temps.
Tristan : 11 tartines grillées de nutella
Carla : 3 tartines grillées de nutella

" Carla, tu es si petite….hummmm…rrrrr….lève toi

Second round (par forfait)
Vainqueur : Tristan
Vaincu : Carla


Match nul

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dimanche 6 avril 2003 à 19h18
Un mot pour conclure en attendant un prochain bain pour rêver d'amour courtois
« bébé qu’est ce qui t’arrive ?
« hum…oui…hum…quoi
« Bébé ! tu ronfles ! change de position
« oh ! quelle brute ! tu n’as qu’à ne pas me garder pour la nuit !
« viens par là

Sur ce je me motive et je vais chez Balthazar
Tristan a appelé
« Carla, quand est ce que tu reviens ? »

J’ai peur.

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mardi 8 avril 2003 à 22h34
Laconisme
Mes pensées se liquifient d'elles mêmes et ma censure fait rage.

Prendre un bain. Penser à lui.
Plus tard, relire les Gagnants de Cortazàr.

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mercredi 9 avril 2003 à 00h09
Silence 1
" Si l'on entend par éternité, non pas une durée temporelle infinie, mais l'intemporalité, alors celui-là vit éternellement qui vit dans le présent. "
Wittgenstein, Tractatus-logico-philosophicus

"L'aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d'un air triste
Grandir l'arlequin trismégiste"

Apollinaire, Alcools

Une nuit sans autre référence qu'elle même.
Et ses suivantes

Simple.
Douce.
Emouvante.
Sexuelle.
Tendre.

Un sentiment acidulée.

Je me sentais légère, loin d'Armaury, que chacune de mes réticences semblaient égratigner
indécise après Tristan,
flottante, la vie, toute simple.

un homme que je sais rendre heureux.

une funambule du bonheur.

Je laissais un message à Tristan pour lui dire « merci et encore » puisque nous devions nous revoir le soir même.

Il me rappela un peu plus tard.

Autre dialogue (censuré)

« Carla ?
« Tristan ? ça va ?
« pas vraiment, je devais faire des examens aujourd'hui, ils ont du m'ouvrir un peu le crane pour ça, trois points de suture
« et...
« et j'ai les résultats dans 15 jours, c'est soit bénin, soit plus grave
« plus grave comment Tristan ?
« chimio

Il ne paniquait pas. Il disait ça sans pathos, sans fausse légèreté.
Comme un fait. Qui pourrait devenir inquiétant.

Je sais bien naturellement qu'une tumeur ne pousse pas en une nuit.
Je sais bien que je ne suis responsable de rien.

Aujourd'hui tout à l'heure

Tristan a appelé. Il devra faire une chimio. Les médecins lui ont dit qu'il y avait de forte chance que tout se passe bien, sans anicroche.
Il est calme. Je ne sais pas pourquoi il m'a parlé de ça.

Nous n'avions plus jamais abordé la question, lui pour une raison que j'ignore, moi parce que je respecte les silences.

« Carla ?
« Tristan ?
« mauvaises nouvelles médicales
« mauvaises comment ?
« un petit cancer

Je crois qu'il voulait être honnête avec moi, me laisser le choix de partir, de ne pas m'attacher.
Que c'est pour ça qu'il m'a appelé. Qu'il me l'a dit. Simplement.

« moi ça va, c'est plutôt les gens qui m'entourent qui paniquent
« j'ai l'air de paniquer ?
et je panique un peu parce que Tristan est une réalité pour moi, une réalité tangible
Il rit
« Tristan, c'est avant tout toi qui le vit, je ne veux pas en rajouter
« c'est vrai Carla, merci
« je rentre le 19 avril, ça ira ?
« impeccable, j'espère que je n'aurais pas encore commencé...
« je t'amenerai 2 fois plus de nutella sinon
« tu es gentille Carla

Lui seul m'a dit ça, cet adjectif si simple dont plus personne ne se souvient l'essence, ni les sens.
Avec une tendresse dont seuls les frères savent faire l'usage

j'avais raconté l'histoire à Théobald. Je n'avais pas osé parler à Amandine par superstition.
En réalité j'étais avec Théo quand il a telephoné le jour de ses examens medicaux.
J'étais tellement surprise de la confidence après une nuit, émue aussi qu'il la fasse,
troublée par ces histoires de femme fatale,
j'avais un peu craqué et Théo était là

Sa première réaction quand j'eu finis l'histoire, après la discussion rapporté dans ce journal fut
« Laisse le tomber, Carla, mauvais plan »
qui m'avait choqué au point que j'étais partie violemment.

D'abord Tristan ne faisait que m'informer. Ensuite nous devions nous voir le soir même. Et sous pretexte que ce type avait peut être une tumeur maligne (et même si il l'avait eu sûrement) je devais le rayer de ma carte du monde ?

« Laisse moi te rendre tout ce que tu as mis de toi dans mon cœur » disait Lafargue dans un poème ou les tics se terminaient en larmes

Tristan en une nuit m'a rendue heureuse comme aucun autre homme.
Un bonheur évident, sans chaîne, à inventer et à vivre.
Loin de cette précipitation décevante qui nous fait déferler dans un plaisir aliénant.
Du désir éteint que l'on se tue à ranimer
Juste un instant aussi précieux qu'une bulle.

Je pense à toutes ces femmes qui ont dit avec moi à des hommes qui croyaient les protéger d'elles mêmes
« c'est ma vie, simplement parce que je suis cette vie la, tu ne pourras jamais me protéger de ce que je suis, j'en mourrais d'une manière ou d'une autre »

Je tiens à lui. Depuis le premier instant.
Je sais bien que d'aucuns pensent que ce n'est pas cela l'amour, moi la première je l'aurais cru,
mais en vérité je me fiche de l'avenir de notre histoire.
Elle est belle au présent.
Et c'est je crois le meilleur remède à la mort.

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mercredi 9 avril 2003 à 22h29
L'horoscope persecuteur, où grâce à la presse féminine on observe la révolte d'un individu ordinaire contre c/ses forces obscures qui nous gouvernent
En vérité le voyage retour à W fût marqué par un article plus que frappant de la rubrique " horoscope " d'un magazine étranger et féminin du mois dernier, bien nommé
" les hommes poissons " (*)

Edifiant. J'en ai retenu dans le désordre de mes pensées que les hommes palmés étaient :

-paresseux (voire languissant)
-atteints du syndrome don juan (rêve de séduire toutes les femmes même celles qui ne lui plaisent pas ! cependant comme il est paresseux...)
-phobiques du conflit (disent oui…oui….oui….puis ne disent plus rien et se tirent)
-jamais sorti des jupons de leur mère (adore se faire dorloter et gratter le dos) (1)

Jusque là je ne voyais rien de disqualifiant, au contraire:

- la paresse n'existe pas (opinion)
- le syndrome don juan était inclus dans le packaging Tristan
- l'horreur des altercations est partagée (même si parfois j'en use)
- quant à la maman, je soupconnais déjà le noeud oedipien (c'est elle qui choisit ses draps) mais je n'y vois aucun inconvenient puisqu'elle habite à 600km.

Respire Carla, tu n'es pas medium mais tu te débrouilles jusqu'ici

Suivait l'essentiel de l'article

Mesdames, mesdemoiselles,
Quelles sont vos chances zodiacales avec le cyprin?

Petite Narration en queue de Poisson, ou comment les sciences occultes ont failli gâcher ma vie amoureuse

Je n'ai d'abord pas trouver mon signe dans les possibilités amoureuses de l'homme palmé (2).

Mais bon je n'en faisais pas encore un drame(3) .

Après toutle leitmotiv tristanesque, c'est le sexe, est le sexe n'est pas l'idéal des magazines feminins (4)

Ce n'est d'ailleurs qu' après avoir émis cette pensée complétement absurde, et reporté mes yeux sur la page que j'ai vu cette encadré qui disait (5)….le traître...

" PARTENAIRE IDEAL DE L'HOMME POISSON , LA FEMME TAUREAU "

J'ai d'abord du rire : un homme palmé et une bête à cornes (4), idéal !

Ensuite j'ai vite déchanté

Synthétiquement cela donnait à peu près ça :

-la femme taureau a de l'ambition pour deux et lui ne rêve que d'une femme qui le prenne en main (premier coup de couteau)
-elle lui empêche de faire exploser son découvert bancaire (ah ouais et moi qui m'empêche hein ?)
-elle a besoin d'harmonie (oui ! cruellement besoin !)
(...)

J'imaginais déjà son annonce sur coeur croisés (émission de paris première que nous avons regardé ensemble l'autre fois)

"Cyprin de 33 ans beau sexy et pas pénible cherche nounou à temps partiel"

Autant le dire,
Il y a des destins que j'aimerais autant éviter.


(*)comme....comme....ah! j'ai honte vraiment! comme Tristan,

(1)info complémentaire: ils aiment se prêter aux jeux érotiques de leur partenaire dixit
(et franchement je trouve ça pathétique de parler de sexe comme ça parce que 1)toutes les femmes ne sont pas des chasseuses assoiffées de pénis libertin, 2) les chasseuses ne se fient pas aux horoscopes de toute façon, 3) ce n'est pas la rubrique gynécologie)

(2)" avec ma chance c'était évident que je serais LE signe à éviter, ma marraine à du me maudire à ma naissance "

(3) juste une fatalité

(4) quoique beaucoup d'efforts soient fait dans ce sens "là": l'orgasme après 40 ans, la frigidité avant 25, les secrets du Kamasutra dans sa version expurgée, la communication dans le couple, les psycho types pervers etc

(5) (naturellement j'amplifie l'intonation dramatique ici, à ce moment je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait à la page 20)


C'est amusant parce que j'ai plutôt le sentiment que c'est lui ma nany, quand j'arrive il me demande toujours si j'ai mangé,
il me dit de m'asseoir, il me tend un joint, il m'apprivoise doucement,

il ronronne déjà alors que je me laisse saisir du bout des lèvres, me donne des petites frappes sur les fesses l'air de dire " petite coquine " ou bien me félicite comme une enfant, m'envoie au lit quand je l'ai épuisée, s'occupe du plateau télé

je sais déjà mieux me servir de la télécommande que lui

D'un autre côté c'est vrai, c'est toujours moi qui doit le rassurer
oui tu es beau
oui j'adore t'écouter parler
oui je te trouve parfait
voire idéale

L'entendre me dire qu'il doit prendre du muscle un peu plus ici pour équilibrer un peu là, que je suis une chipie parce que je l'ai décoiffé...

D'ailleurs, c'est lui qui à instaurer le nutella au beurre salé et il me bat à plate couture au jeu de la tartine



" Carla ?

Nous sommes chacun d'un coté du comptoir mais cette fois nus. Nous avons fait l'amour un peu avant. C'est un repli stratégique sur la cuisine pour piller des provisions. Tristan attrappe le chocolat qu'il me passe par dessus le comptoir pour que je le mette sur le plateau à roulette. Il met des tranches de pain dans le nouveau grille pain, je mange un tic tac
C'est ce que d'autre appelle du Taylorisme.
Les tartines sautent, il les met sur une assiette bleu légèrement écaillée. En place de nouvelles dans la mécanique. Il a l'air de vouloir rester là, derrière les fourneaux.

" oui Tristan ?
" et si j'étais une femme, mon corps te plairait ?
" non.
" non ? comment ça non ?
" j'aime les femmes qui ont une vraie taille et aussi des fesses en cœur
" Carla !
" en plus tu es trop grande et tu serais sûrement moche en fille, enfin Tristan quoi, tu me demandes !

" Tu peux parler tu serais vraiment ridicule en mec Carla
" Certes mais enfin je ne te demande pas ton avis la dessus…
" tu serais minuscule et macho en plus je suis sûr
" possible, faut bien compenser la petite taille
" remarque Carla, si tu étais un mec, tu serais bien content d'avoir une fille comme moi, parce que c'est tout ce que tu pourrais avoir

" Tristan, les filles sont bizarres, tu ne peux pas savoir
" ouais zarb, ok, mais Carla, toi en mec ça serait une vraie cata….


(et le temps qu'on perd à se poser sérieusement des problèmes qu'on aura jamais à résoudre)

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jeudi 10 avril 2003 à 18h18
La mécanique amoureuse et De la manie des listes ( ou l'absurdité égotique à laquelle peut amener l'écriture d'un journal intimopublic)
Travers de pensées (conciliabule pour l'obscurantisme)

- Jarry écrit dans le Surmâle, " L'amour est un acte sans importance puisqu'on peut le faire indéfiniment"

et

- les types qui disent des phrases aussi pathétiques que " maintenant tu montres ton vrai visage "
(non non celui que tu m'inspires cher ange)

- la neige en avril,

- les revenants,

- les revenus,

- ce qu'on appelle trahison et qui n'est que notre aveuglement, - ma fragilité soudaine et la petite faucheuse,

- " ni dis pas de grossièreté ça te va mal" disait grosso Modo Piccoli et Bardot qui répond avec une moue dédaigneuse par tout un tas d'insultes, énoncées clairement et calmement,

- l'indifférence qui s'apprêtait aux désirs

- Phrases et philosophies à usage de la jeunesse de Wilde,

- la fragilité qui provoque la sauvagerie, - les minorités,

- le cœur émaillé,

- les poutres transversales,

- se retrouver un instant hors ego, et disqualifiés,

- je préfère te survivre,

- peut être qu\'il a raison mais quelle importance cela peut il avoir,

- l'anniversaire de Béa que je raterai,

- l'éventuel, le potentiel, l'aléatoire...

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jeudi 10 avril 2003 à 23h25
Autre discours
« J’aime l’entendre le matin quand elle se réveille. Reconnaître le craquement du plancher quand elle met un pied au sol pour se lever.

Juste avant, j’entends presque ses paupières se fendre.
Là bas, de l’autre côté du lit.

(Elle se blottit toujours à mon strict opposé pour me dire sa distance. Même dans le sommeil elle continue à me fuir. C’est pour ça qu’à l’aurore, je me retrouve au milieu du lit et elle a l’extrême gauche, le nez contre la glace qui longe le mur.)

Maintenant ses yeux sont ouverts et regardent un peu stupides, le décor.
Comme une anomalie.

J’écoute son hésitation.

Le regard inquiet qu’elle jette au miroir du mur latéral, la main qu’elle passe dans ses cheveux

(selon les reveils elle les attache immédiatement ou les laisse libres).

Là elle se retourne enfin vers moi. Indécise et gênée par mes yeux qu’elle ne voit pas.

(Ils sont recouverts d’un tee shirt. La lumière du velux au-dessus du lit me gêne à l’aurore. J’aime l’obscurité complète quand je dors et même au réveil.)

Je sens que ma cécité la met mal à l’aise.
Elle chancèle un peu.
Sa main me frôle.

J’attends une caresse qui ne vient pas,
je souris secrètement de la voir si incertaine. Elle est adorable comme ça, désarmée.

Elle esquisse un geste hésitant.

C’est à ce moment qu’elle se lève.

(Avant de commettre un mouvement qu'elle n'est pas sûre de vouloir assumer.)

Elle bruisse en ramassant ses affaires étalées tout autour du lit.
Son sac est resté dans le salon.
Elle va doucement vers la salle de bain, ferme la porte maladroitement.

Je n’entends rien. Elle est de l’autre côté de l’appartement.

J’ai le temps de rêvassé un peu, de prendre plaisir à ne pas devoir me lever.
Je me demande si elle viendra me dire au revoir ou si elle partira
sans un mot.

J’aime sa manière de partir.

Elle me quitte chaque fois. Je ne sais pas combien de temps,
je ne sais pas si elle reviendra.

D’un côté cela me soulage. Sa vie est ailleurs. Elle n’a pas besoin de moi. C’est excitant aussi l’incertitude qu’elle sème. Et sa douceur que des gestes incertains trahissent. Elle reviendra sans doute, mais quand. Elle part.

La première fois après l’amour, elle était prête à se lever et à déguerpir sur le champ. J’ai du la convaincre que c’était stupide de prendre un taxi à cette heure pour traverser Paris.

Les nuits s’ajoutant, n’ont rien changé, je dois toujours la mettre au lit sous peine de la voir détaler.

Ne pas céder un pouce d’intimité de plus que le strict nécessaire. Et pourtant je sais qu’elle aime être avec moi.

C’est ce qui me fascine d’ailleurs chez elle, les forces en présence qui semblent toujours la tirailler. Rester partir, ne surtout pas rompre l’harmonie du moment.
Elle a toujours peur que l’instant se détériore.

Je l’aime furtive. Sa fragilité reste émouvante, son rire sincère, quand elle pleure elle est vraiment touchante, je l’aime aussi timide, mais le mieux c’est quand elle ne pense plus, quand elle s’oublie.

Si parfois elle m’inquiète ? Oui je la soupçonne du pire, et même d’être innocente, mais ça n’a pas d’importance, c’est ce qui fait son charme non ? L’incertitude. L’absence d’impossibilité.

une jeune femme qui ne désire qu’un moment suspendu et lisse.


Extrait

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vendredi 11 avril 2003 à 09h49
Tout ce que je n'ai pas dit pour cause de tremblement de terre intérieur mais que je me promets de ne pas oublier: Proposition de titres à venir
-Femmes au bord de la crise de nerf, ou le temps des concours de l'éducation nationale

-la conjuration des imbéciles et ses effets secondaires

-Comment je rencontrais Symphorien mon exocet préféré et comment il me quitta pour une carpe

-La fin peu glorieuse d'Armaury, ou le pathos prend des allures de grossièretés

-Le grand ménage de printemps et le retour à la monogamie bisexuelle

-Réflexions métaphysiques sur la télévision italienne

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vendredi 11 avril 2003 à 19h21
De la névrose
Une journée de perdu.
C'est comme je m'enferme toujours dans les mêmes cercles.
Infernal.

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dimanche 13 avril 2003 à 01h42
Des préjugés absurdes que l’on cultive soigneusement et des conséquences ahurissantes qu’ils auraient pu avoir (et ont sans doute eu ; mais c est une proposition rétrospective)
Un homme, un vrai, un amoureux, et tout et tout, mais quoi c’est donc à la fin ?

des qualités recquises chez un homo sapiens (hormis condition sine qua non voir la note 1) : commandements préjudiciables et Carlaesques)

Des produits de beauté , tu n’useras, ni n’abuseras

La première fois que je suis rentrée dans la salle de bain de Tristan, j’ai eu un choc : les produits de beauté qui s’alignaient sur la baignoire étaient plus nombreux que les mieux reunis : peeling, douche fraicheur, douche douceur, shampoing force trente, huydra truc, huydra bidule, gommage pour le visage et autres crèmes aux noms barbares reservé exclusivement à la gente masculine.

Je suis ressortie de là abasourdie

« tristan !
« oui bébé ?
" tu as plus de crème et de produits de beauté que moi !
« Carla je suis une cible idéale, celibataire de plus de 30 ans, les publicitaires m’adorent, je suis un marché à conquerir

Rien que cela mon amour…

Le chocolat noir, tu dégusteras

Une question que je pose, perfide et éliminatoire, à tout amant potentiel

« et sinon, chocolat noir ou chocolat au lait ? »

Oui parce que pour une raison que j’ignore encore jusqu’à ce jour, j’ai dans l’idée, qu un homme un vrai doit preferer l’amertume subtile du chocolqt cent pour cent cacao. (3)
Autant dire que si Tristan m’avait annoncé tout de go
« moi j adore le nutella
j’aurais aussitôt pris mes cliques et mes claques

Erreur grossière erreur !

L’honneur de ta dame, tu défendras

extrait de dialogue

« cet abruti d’Armaury prend un malin plaisir à me signifier publiquement son mépris
« ah oui ?
« oui.
….
« Carla, tu l’aimes ?
« non
« Carla, tu es obligée de le revoir ?
« non
« Carla, tu t’en fous, alors arrête, on s’en fout, on est pas bien tous les deux là ?

Bien mieux qu'ailleurs …

(1) beau et séduisant, drôle et intelligent etc etc etc
’est donc à la fin ?
(2)(et qu’heureusement je n’ai pas eu le temps de poser à Tristan)
(3)Le chocolat au lait étant reservée aux femmes et aux enfants ;

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dimanche 13 avril 2003 à 15h35
Revue de presse du week end 1 : Libération mon amour !
J’achète rarement les journaux. Ce n’est pas que je ne veuille pas, je préfère les lire le matin au café du coin (ce qui condamne quasiment la lecture du monde). Seulement voilà, il m’arrive de faire des exceptions, spécialement quand je voyage, car après tout je suis une fille normale.

Libération ou le transport amoureux

le monde le matin, c’est bien connu, on ne le trouve pas. Il me restait donc au choix libération ou le figaro.
Comme je ne suis pas complètement maso et que j’ai un faible certain pour la légèreté il paraissait naturel que je m’empare du quotidien parisien par excellence.
Je ne fus pas déçu part mon choix…

En couverture (1)

Comme souvent, une belle photo, évoquant les pillages qui ont lieu en Irak (2). Sujet sérieux donc, on ne déconne pas avec la guerre ;
Cela dit en haut à droite, un article prometteur : Catch les dessous du ring factice

Ca c’est libé ! un peu de légèreté dans ce monde de brute !

Les perles

Outre que l’on se demande toujours ce qu’imaginaient les amerloques en débarquant à Bagdad tant il semble dépassé par des évènements prévisibles….

Shock and Awe

« Le portable, objet de convoitise : le standard américain en bonne place pour s’imposer.
Quel standard de téléphonie pour l’Irak ? La question semble un peu dérisoire (non ! à peine !)
(…)
Le débat a été lancé par un senateur républicain partisan de la norma américaine (étonnant !) et pourfendeur du GSM européen »

Quelqu’un se demande encore comment devenir riche ? Le cynisme mes amis le cynisme !

Nos amis les bêtes elles ne manquent pas d’humanité

Entre
« la serbie à l’heure du grand nettoyage », suite de l’assassinat du premier ministre
et
« Corée du nord : la menace nucléaire inquiète la Russie » (moi aussi perso)

On trouve tout de même un peu de confiance grâce à un article très « frais » intitulé
« Eléphants pour la défense des antilopes »
Ou comment un troupeau d’éléphants a libéré dans une réserve, un troupeau d’antilopes emprisonné dans un enclos dans le but avoué de les réimplantés ailleurs. La cheftaine des éléphants a ouvert les loquets un a un avant de repartir avec ses complices se perdre dans la brousse, sans même piquer la bouffe des antilopes.

L’espoir est permis

(1) note sur mes titres
(2) qui m’effraie beaucoup plus que la guerre elle même

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dimanche 13 avril 2003 à 15h58
Revue de presse du week end 2 : 20 ans, ou l’âge adulte
Je sais bien que j’ai passé l’âge prescrit seulement voilà, les types de « 20 ans » me font rire. Oh bien sûr, les articles sont décevants puisqu’ils sont censés s’adresser aux minettes de 16 ans (pas de mépris seulement j’ai quand même appris des choses depuis 10 ans si si je vous jure) .

Mais bon sang ! Leurs titres sont absolument savoureux (doit être le seul magasine féminin qui ait un peu d’humour)

Exemples:

« Œdipe : Larguées par papa »
avec une photo savoureuse d’une intello emmerdeuse lisant l’art de rompre devant la bibliothèque de son père)

« Les leçons de la vie : Je me suis battue »
(avec un dessin style comics d’une blonde fragile armée de gants de boxe et qui paraît totalement dépassé par la violence qu’elle a provoquée)

« Rentrez les griffes
ça ne peut plus durer ! la main griffue de star porno, avec spatules en résine limées en carré peinturlurées, ne doit pas passer les printemps, compris ? »

« rubrique mon appart me hait »

et la cerise sur le gâteau

« Psychanalyser ses joujoux (au sujet des hommes et des machines

- l’appareil photo : un complexé radin
- le skate/ le surf : un maso narcissique
- la chaîne hi fi : un tyran mégalomane
- l’ordinateur : un pervers polymorphe
- la caméra dv : un exhibitionniste mythomane
- la guitare électrique : un rebelle anal
- le téléphone portable : un pervers infantile

Mesdemoiselles, faites vos choix !

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dimanche 13 avril 2003 à 17h18
Decryptage des perversions masculines, made in "20 ans", en hommage à Sylvain qui réussit presque le grand schlem
source: 20 ans

auteurs: pierre louis collin avec francois permutter (des hommes hein!)

L'ordinateur, un pervers polymorphe

ce qu'il prétend: travailler plus et mieux, trouver des informations sur internet, se cultiver avec des cd rom, utiliser à fond les capacités de ses autres jouets

ce qu'il fait en réalité: il se livre aux occupations les plus régressives tout en ayant l'air de travailler

ce que son jeu cache: c'est une sorte de jouet universel (l'ordi) aui permet de s'isoler et de se livrer à tous les plaisirs solitaires

La chaine hi fi: un tyran megolomane

ce qu'il prétend: retrouver la pureté du son, acceder à la beauté absolue, s'éclater, frissoner, danser, faire partager son bonheur à ses amis

ce qu'il fait en réalité: il décide pour tout le monde et impose ses goûts, ses humeurs, ses horaires

ce que cache son jeu: la chaine hi fi est un fantastique moyen de pouvoir sur les autres

Le téléphone portable: un pervers infantile

ce qu'il prétend: être toujours joignable

ce qu'il fait en réalité: son meilleur moyen pour vous rappeley qu'il peut très bien se passer de vous

ce que son joujou cache: la recherche d'aventures extra conjuguales

l'appareil photo: un complexé radin

ce qu'il prétend: être un esthete, un rêveur

ce qu'il fait en réalité: il se prive de tout plaisir de l'instant et vous oblige à vous plier à sa réalité

ce que cache son joujou: le désir de s'approprier les êtres

la guitare électrique:

ce qu'il prétend: donner libre cours à sa créativité

ce qu'il fait en réalité: il passe ses journées à faire hurler sa machine

ce que cache son jeu: il compense son désir de gloire et faute de talent, se venge en imposant son bruit

_________________________

AUTANT VOUS LE DIRE MESDEMOISELLES: LES HOMMES SONT DES MONSTRES

et moi je devrais être en train de telephoner à Tristan mais j'ai une trouille bleue sortie de je ne sais où....

___________________________
J'ai eu raison de ne pas appeler! il a appelé ce cher ange, et en plus.....

bah je le vois ce soir






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dimanche 13 avril 2003 à 21h48
Au sujet deTristan. (non? encore! mais faîtes la taire! pitié!)
Je pars chez Tristan. Il m\'a manqué. J\'ai toujours un peu peur et c\'est excitant.

J\'ai la crève et ça, ça l\'est déjà nettement moins

(mais qui cela interesse ce que je dis là?)

Je suis un peu ivre.

j\'ai encore tout un tas de truc à dire (pouh)

l\'histoire avec Amandine

l\'histoire du chat littéraire

Le retour de la femme fatale: une nouvelle version, heureuse!

le faux retour de X et le vrai départ d\'Armaury

Lettre à Matthieu M.

Et surtout je devrais écrire à O. et O si tu me lis pardon ne m\'oublie pas encore

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lundi 14 avril 2003 à 10h45
Le sexe c'est bien, l'amour c'est mieux (titre non représentatif de la suite du discours)
Je me sens bien ce matin alors même que je viens de passer une nuit affreuse, résumée dans ce petit mot laisser à Tristan sur le grille pain

« Hola Hidalgo macho macho,

désolée de partir comme une voleuse mais j’ai la crève et je ne veux pas finir agonisante sur ton plancher

Nuit affreuse j’imagine aussi pour toi, navrée mon cœur, même Humex ne peut plus rien pour moi

Tu es un ange chéri love, appelle moi quand tu as envie (euh de sexe ?)

Carla allias Bébé (la fille du dimanche soir) »

C’est vrai la maladie est une piètre excuse quand on sait que je pars toujours de chez Tristan en catimini.

D’ailleurs pourquoi m’excuser de quelque chose dont il ne s’est jamais plaint et qu’il a même encouragé d’une certaine manière.

Oui hein, pourquoi Carla ? (1)

Parce que Tristan hier me l’a fait remarqué,
« Carla, le sexe, c’est bien aussi le matin, tu sais…

Ca venait juste après ça remarque à propos de Gio et Balthazar

« moi on ne m’invite jamais dans des trucs comme ça…
« Tristan je voudrais bien t’emmener mais après on ne pourrait plus dire que c’est une relation strictement sexuelle

Il est drôle mon Tristan.

Enfin je suppose que c’est normal entre son nom et le fait qu’il ait été élevé dans la campagne Bordelaise au milieu des moutons et des poules naines…(2)

Hier il m’expliquait très sérieusement que tout ce qui était officiel de lui était parfaitement « politiquement correcte », qu’il y a avait deux personnes en lui, le personnage public et le privée (3)

L’image officiel ? Un garçon de bonne famille, militant engagé, sérieux, stable, sportif et non fumeur.(4)

La version officieuse n’est pas particulièrement trash : paresseux flegmatique, homme à femmes, fumeur de drogue illicite. C’est ma partie.

Bon sang mais que font les renseignements généraux ?

.

(1) je sens bien que le sujet passionne tout le monde

(2) Le père de Tristan était passionné semble t il par les rapports sociaux chez les animaux. C’est ainsi qu’il acquit trois moutons et 2 poules naines accompagnées d’un coq. Le tout laissé en total liberté dans le jardin. Ce que sont devenues les poules, Tristan n’en a pas idée quant aux moutons, le premier est mort d’une crise cardiaque, le second a été kidnappé sous les yeux de la famille par des types en camionette (on suppose qu’il a fini dans un mechoui). Pour le troisième Tristan ne sait même plus si il est vivant ou mort.

(3) C’est amusant parce que moi c’est plutôt le contraire, mon image public porte à caution alors que j’ai une vie très sage en fin de compte.

(4) Bref si un jour je vous annonce que Tristan se marie pour raison sociale, il ne faudra pas s’étonner

(5) Ça c’est ma partie

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lundi 14 avril 2003 à 16h30
De la rive droite à la rive gauche, trajet romantique pour Iseult des temps modernes
Le trajet Carla-Tristan du dimanche soir m’a paru interminable. Pour dire, à châtelet un type a même eu le temps de me demander un mouchoir !

Autant dire laborieux.

Et pour cause, j’avais fait l’erreur de fumer un joint avant de partir (1) .

En soi, fumer de la drogue, il faut bien l’admettre, ce n’est pas si grave. Dans la majorité des pays européen, la consommation est d’ailleurs légale.

Seulement voilà, moi, ça me rend parano la drogue, cette drogue du moins.
Oh tant que je suis à la maison, aucun souci. Je flotte dans un monde limite teletubbiaque.

Mais quand je dois sortir et spécialement prendre le métro, ça vire vite au film d’horreur.(2)

D’abord, une fois dans la rue, j’ai le sentiment que tout le monde remarque que je suis défoncée et donc amoindrie à tout point de vue.
Les regards me semblent accusateurs. Ou lubriques.
Ma fragilité me rend méfiante. Je perds en contrôle, en volonté, en force et je me sens jetée dans la cage aux lions.

Le métro n’arrange rien à ce genre de situation puisqu on y trouve un concentré de tarés impressionnant au mètre carré à tout heure ouvrable.

Bref je ne me sentais pas très à l’aise sur la ligne mairie des lilas. Déjà un peu mieux sur celle de mairie d’ivry.

Station Jussieu, me voilà. Je commence à me détendre : ici les oiseaux chantent, les étudiants étudient le jour et fréquente les bars de quartiers le soir, les passants flanent même parfois, l’épicier du coin est mon nouveau pote, et jusqu’à preuve du contraire les cinéphiles qui fréquentent l’action Christine ne sont pas de dangereux criminels...

Je suis en retard pour changer, mais plus rien ne devrait m’arrêter.

Non plus rien sauf….

« Carla !
(oh c’est pas vrai ! dîtes moi que je rêve….en plus dans mon état)
« Carmen !
(la mère d’Amandine)
« comment vas tu ma belle ? tu passais dans le quartier ?
(le problème de Carmen c’est qu’elle est adorable et que c’est une pipelette incorrigible. Elle est toujours au courant de tout ce qui se passe dans le 6ème/5ème. Une vraie pro des services du renseignement, d’autant qu’on ne peut rien lui refuser parce que c’est un ange)
« comment vas tu ma puce ?
« bien bien Carmen
« tu as rendez vous avec Amandine ?
(et elle ! qu’est ce qu’elle fait dehors à 23h ! hein !)
« euh non Carmen, je passais voir un copain
« ah ? je le connais ? comment il s’appelle ?
« non Carmen, je ne crois pas, il s’appelle Tristan xx
« oh ! un rapport avec xx ?
« oui c’est son petit fils
« et c’est ton nouvel amoureux ! Amandine ne raconte jamais rien
(pince moi ! Carmen !)
« euh oui si on veut, mon nouvel amoureux
« ah ah oui je vois ma petite Carla, tu as raison, profite, et puis sait on jamais, ça finira peut être devant le maire ! allez je te laisse convoler, et ne t’inquiète pas je me renseignerai sur lui ma belle
« Carmen, ce n’est pas nécessaire
« mais si allons voyons, il ne faut rien laisser au hasard, en amour, tous les coups sont permis !

Voilà, ça c’est Carmen. Maintenant imaginez ce que fut l’adolescence d’Amandine.

____________________
Note d'une parisienne trahie par sa métropole:
on a beau dire que la grande ville est la reine en matière d'anonymat, moi je dis tout dépend des quartiers. Et du nombre de mère de famille que voud connaissez .

(1) sans compter la bouteille de vin que j’avais à moitié vidée dans mon allégresse
(2) potentiellement, car jusqu’ici aucun pervers sexuel ne m’a poursuivi dans le dédale des couloirs du métropolitain, un couteau de cuisine entre les dents. Remarquez je ne me plains pas.

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mardi 15 avril 2003 à 18h41
Jeune femme belle sensible et intelligente, recherche…
Appartement de charme, 3 pièces, proche des Buttes Chaumont, lumineux (double exposition bienvenue), doté d’une belle baignoire, un balcon serait considéré comme un plus. Sans ascenseurBienheureuse si tiercé gagnant présent à moins de 50 mètres (bar tabac, boulangerie, épicier).Moins (voire nettement moins) de 1000 euros serait l’idéal...

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mardi 15 avril 2003 à 22h42
Les lundis d'Amandine, où les jeunes filles sages achèvent d'étonner les jeunes femmes libérées
J’avais déjà les « dimanches de Balthazar », voilà-ti-pas, que je vais rebaptiser le début de semaine « les lundis d’Amandine »

Tout ça pour nous dire qu’elle a vu une copine le lundi !

Mais non ! tout ça pour dire que j’ai vu effectivement non pas une copine, mais Amandine, hier.

Et qu’en plus je l’ai vu lundi dernier ! et que je n’ai pas encore raconté, alors que je le souhaitais vraiment, vraiment, vraiment très fort

Passionnant…Mais pourquoi ne peut elle jamais dire simplement les choses !

Donc….

(un journal après tout c’est aussi fait pour étaler sa vie avec complaisance, non ?)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

-bruit de tambour, lumière tamisée, Carla 26 ans ¾, petite brune aux yeux noisettes , assise, studieuse, sur une chaise art déco toute simple, à un bureau anglais
–je ne sais pas si quelqu’un comprendra ce qu’évoque pour moi l’expression « bureau anglais »cela dit-


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Cher Journal Hello Kitty,

La semaine dernière, j’ai eu une envie irrépressible de parler de tout ça à quelqu’un. Tout ça c’est Tristan, et ce journal. En somme de raconter ma vie amoureuse à une copine.(1)

Je sais bien que j’ai l’air plutôt expansive, mais en réalité j’ai du mal à me confier à mes proches.
Je me dis toujours :
que mes problèmes sont minimes (même si je n’arrive pas systématiquement à les gérer seule)
que mes amours sont incertains, donc a- serieux, autant dire du marivaudage de bas étage

Et puis, c’est vrai, j’aime les secrets.
Pas par goût non, juste que les émotions sont si difficiles à retranscrire en mot (et même en gestes)

Les mots sont parfois assassins, ne perdons pas de vue ce point.

Des petits couteaux bien acérés

(Quand j’étais adolescente, Constant me reprochait souvent mes silences.)

Bref...

La seule à qui je puisse tout dire, c’est naturellement Amandine. (2)Parce que sous ses airs d’innocence, elle est d’une tolérance à toute épreuve. Et d’une patience légendaire pour mes pudeurs de petite fille.

Donc
je suis passée chez Amandine. Lundi dernier

(ouf j'ai réussi à le dire)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Chez Amandine : thés, cigarettes pour moi - petits sablés pour elle.

Après un résumé des épreuves écrites du CAPES, Amandine s’enquiert des derniers changements dans ma vie

« tu en étais où Amandine ?
« La dernière fois qu’on s’est vu, tu étais avec ce type, Armaury…
« oui donc je ne suis plus avec Armaury, il a commencé à parler d’amour toujours
« Carla ?
« oui ?
« tu es sûre que c’est pour ça que ça s’est fini ?
« je ne sais pas Amandine, mais je n’avais plus envie de rester
« encore un que je n’ai pas connu
« tu ne l’aurais pas aimé
« je sais, enfin Carla, je ne suis pas comme toi, je sais me tenir même quand je n’aime pas tes mecs (3)
« oui oui je sais ça va donc….


(pour tout savoir de la conversation qui a suivi cette ébauche de dialogue : lire mon journal ou voir le pitch en note 4)

« ah un amant comme ça ce serait l’idéal ! mais je pense que je prendrais la version plus « sexe »…

Là c’est Amandine qui parle, oui Amandine !

« mais Amandine je te jure c’est sexuel !
« oui enfin Carla, vous avez l’air de beaucoup parler quand même , plus tout le tintouin !
« tout le tintouin ?

Cette nana a le don de me surprendre.

Est ce qu’elle s’ennuie en couple pour dire des trucs pareils? Un amant sexe ???

Elle prétend que non. Et curieusement je la crois. (5)

L’après midi se passa ainsi à conférer sur l’art d’aimer, Bérénice passa se changer les idées (6) mais est vite repartie au lit,

moi j’avais un avion un prendre.

Avant de partir je lui ai remis mon journal (7)que j’avais préalablement imprimé dans ce but (celui de lui remettre et donc de lui faire lire)

°°°°°
(1)Oui parce que depuis 15 jours, je n’ai vu comme « ami vraiment très proche » que :

-Baltahzar, mais alors là excusez mais en salon, inutile d’espérer avoir une conversation personnel sans que Robert s’en mêle. Or quand Robert s’en mêle, il s’emmele tellement bien, que votre intimité devient le thème d’un débat public

-Solvej qui faisait la tête peut être parce qu’elle vient de se faire refaire la poitrine et là c’est une longue histoire que je ne manquerai pas de traiter dans un prochain épisode

Le reste des personnes que j’ai eu l’occasion de croiser, sont des copains qui hélas non pas la chance d’être les confidents de mes piètres ébats sexuels et amoureux.
Amandine était au ski, Olga tourne son troisième court métrage, et Constant est introuvable.

(2)Si vous ne connaissez pas Amandine http://mon.journalintime.com/carla/2950

(3)Amandine faisait référence à une histoire qui s’est passé quand nous avions 17 ans : à un type que je n’aimais pas et qui était avec elle, j’ai dit « je te préviens je suis peut être une fille mais si tu lui fais du mal, je me ferais un plaisir de te le faire payer ». C’était ma période cow girl. N’empêche j’avais raison, c’était un sale type qui lui en a fait baver (mes menaces ne sont pas très efficaces comme vous pouvez le constater)

(4)Carla la pomme est tombée entre les mains de don Tristan de la Vega-la-la. Alors qu’elle se débat pour ne pas tomber amoureuse, étant censé pleurer encore le preux chevalier qu’elle a elle même pourfendu précédemment (reste d’un syndrome Italo-Calviniesque),
une rage fait guerre au moyen orient, (entre autre)
sa meilleure amie ski en suisse,
son autre meilleure amie règle son oedipe au pays des poètes
et son meilleur ami se livre à d’étranges parties le dimanche soir.
Elle est donc seule face à se monstrueux dilemme à résoudre « to or not to love ? »

(5)En réalité, si mon opinion intéresse quelqu’un, on trouve le même équivalent chez moi quand j’affirme

« je rêve d’être mère d’une famille nombreuse, et de vivre à la campagne, d’avoir des chiens des chats et des canards, sans telephone ni connexion internet »

C’est vrai j’en rêve parfois, et même pour quelques semaines, ça s’est déjà vu. N’empêche quand je dis cela, tout le monde éclate de rire

(sauf si un type amoureux de moi est dans l’assistance : lui il prend un air grave et imagine toute la scène, moi sa femme, mère de ses enfants et maîtresse (de maison) remarquable, en plus, créative, et convertie à un romantisme qui varie de souvent sirupeux à trash occasionnellement….)

Amandine serait sûrement capable d’une folie de ce type. Pour un temps, un temps seulement.
Enfin
Mais j’ai beau savoir tout ça, ce genre de propos dans sa bouche à l’art de me choquer

(6) Lundi dernier, était la veille de l’examen écrit d’agrégation d’histoire. Bérénice le passe pour la troisième fois ( ce qui est triplement stressant de son point de vue) :
-la première fois, elle n’était pas prête et son amoureux avait eu la judicieuse idée de la plaquer méchamment l’avant veille
-la seconde fois elle était bien préparée mais le même amoureux avec qui elle s’était remise entre temps, l’a plaquée encore une fois l’avant avant veille. Ainsi elle a passé ses écrits dans un état second et persuadée de s’être magnifiquement rétamée, du coup elle n’a pas préparé l’oral (préférant gémir au fond de son lit en mâchant des solutricine C). Or il se trouve qu’elle s’est retrouvé admissible pour la seconde partie des épreuves mais hélas il était déjà trop tard ce qui la plongea dans un désarroi encore plus profond. Si il en est.
Or donc pour cette troisième fois consécutive il semblerait que les conditions optimum aient été enfin réunies :
-hyper prête
-obtention de sa bourse de thèse
-copain (toujours le même) au bercail.

Alors forcément, dans cette esprit logique que certains prétendent typiquement féminin, Bérénice paniquait : c’était trop simple !!!

(les écrits se sont bien passés)

(7) (c’est stupide n’est ce pas de faire lire son journal intime à sa meilleure amie. Je sais, je sais, mais après tout elle aussi sait. Et j’avais envie de confier ce secret à quelqu’un, de la voir réagir sur ce que je dis d’elle, de savoir si elle avait souri, si elle me reconnaissait…ou peut être un irrépressible envie d’être rassurée)

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mardi 15 avril 2003 à 23h12
Les lundis d'Amandine, suite et fin
Une semaine plus tard, dans la capitale de F

J’appelle Amandine. Elle n’a pas donné de nouvelle depuis que je lui ai laissé le journal. Je panique un peu (1)
-

« allo amandine c’est carla !
« carla , ça va, tu es déjà rentrée ?

(oui c’est vrai j’avais oublié je devais rentrer la semaine suivante)

« oui tu es libre cet après midi ?
« oui, on se retrouve rue du mont orgueil

ah mon dieu quelle horreur (2)

« euh ok, rv ou tu sais »’(3)

...

Nous nous retrouvons donc. Je sais que je suis en retard, je me confonds en excuse.
Amandine magnanime, me pardonne en ralant.
Je lève les yeux vers l’horloge de Saint Eustache(4) pour évaluer mon degré de culpabilité et...

« Amandine, t’es degueu il ne que 5H05
« oui je sais pourquoi Carla ?

Cette fille….cette fille….est ma meilleure amie.
...

Il faut beau, doux. Nous allons dans un des bars quelconques de cette rue. Elle ne parle pas de mon journal.

Bien.

...

Je l’interroge sur son avenir, nous parlons de nos familles, je parle un peu de Tristan, elle parle un peu de Julien (5)

Etc…
Etc…
Etc…

A un moment, n’en pouvant plus j’attaque !

« Amandine, je te paye un coca !
« euh j’ai pas trop envie là, je finis mon café Carla

Aïe ! Ne pas se décourager

« ok Amandine, je commande un coca et si tu veux après tu en prends un ok ?
« si tu veux, mais qu’est ce qui ne va pas Carla ?
« Rien, rien , j’ai juste envie de coca
« ok

...

On parle de nos frères….

...

« Mademoiselle svp je pourrais avoir un coca cola ?
« oui

« attendez moi aussi j’en veux un, mais light , sans glaçon, sans citron !
Amandine, femme d’action

«ah oui ! moi pas light mais avec tout le reste !
moi enthousiaste

...

Une fois les coca cola servi…

....

« Amandine , et mon journal, tu ne l’as pas aimé ?
« ah si tu rigoles j’ai beaucoup aimé
« même le passage sur toi ?
« oui même, le prénom m’a faite rire, julien aussi. Tu as le chic pour trouver les prénoms

(euh….super…)

« tu as reconnu tout le monde ?
« oui, oui, j’ai bien ri

Bon. Que dire ? que faire ?

« je trouve que tu as beaucoup simplifié ton écriture Carla

et paf !

Voilà. Amandine.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

(1)-est ce qu’elle me trouve vraiment lamentable de faire un truc comme ça ?
-est ce qu’elle n’a pas supporté ce que j’ai écris sur elle et le prénom dont je l’ai affublée ? (elle a un délicieux prénom dans la réalité aussi, mais un peu plus austère que Amandine)
-est ce qu’elle ne l’a carrément pas lu ?

(2) oui ah ! attendez ! je vous explique, j’ai grandi rue montorgueil. Vraiment. Les travaux des halles ont commencé quelques mois après notre arrivée. A l’époque il y avait vraiment une ambiance de quartier et un melting pot, y compris au niveau social. C’était une rue de marché encore. Si, si vraiment. Des camions de livraison bloquaient la rue tous les matins, les vendeurs de fruits et légumes alpaguant les passants vous réveillaient même et surtout le dimanche. Il y avait en bas de chez moi, au 67 de la rue, une petite vieille qui vendait des herbes et épices sur une petite charrette. J’habitais à l’angle de la rue Bachaumont qui elle était déjà étrangement calme.
Je n’aime pas ce qu’est devenu cette rue. je devais avoir 14 /15 ans ou un peu plus, quand ils ont commencé à la paver, cela ne m’a pas plut. Les pavés à Paris sont certes jolis, mais annoncent.
Les urbanistes français ont du mal à concevoir la ville comme une matière organique qui forcément réagit mal aux greffes arbitraires

(3)notre point de rv de l’adolescence quand elle venait dans mon quartier)

(4)cette église est magnifique, je préfère les débuts de l’art gotique à son apothéose, les balbutiements à la perfection

(5) rectificatif Amandine et Julien ne sont pas ensemble depuis 2 ans, mais 4 ans, à vos brouettes !

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mardi 15 avril 2003 à 23h35
Mon papa, les hommes et moi, où d’un petit morceau de papier exhumé d’un sac à main, l’on tire des conclusions pour le moins boiteuses
"Carla?
"oui Tristan?
"à partir de quand tu estimes qu'on peut dire qu'on est en couple?
"quand tu arreteras de coucher avec la première venue
"mais Carla, tu n'es pas la première venue, tu n'es pas n'importe qui!


Petit rappel Historique de la balade Tristan Carla:

-Première rencontre: temps de drague 5mn
-premier téléphone: temps de conversation 15mn
-premier rendez vous: temps de discussion 1h

Soit un total de 80 minutes avant les premiers préliminaires. C'est certain, je n'étais pas la première venue....

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Question ultra essentielle: pourquoi je ne peux pas me satisfaire de ce que j'ai?
(qui a dit le contraire?)


L’imperfection du « couple Carla-Tristan » se résume dans ces quelques lignes que j’ai écrites pour un autre que lui (1)

"C’est idiot, mais là, en t’écrivant, en y pensant, en pensant à toi, en fumant cette cigarette, c’est stupide j’ai violemment envie de toi"

Un petit morceau de papier, griffonné dans un endroit insolite sûrement.

Retrouvé au fond de mon sac printemps 2003 n° 4 de Carla.

Tristan ne m’a jamais inspiré des mots comme ça.

Oh bien sûr ils n’ont rien d’extraordinaire.

Mais je n’ai jamais ressenti l’urgence de les lui dire. Ni de les lui écrire.

A un autre que lui, oui

« violemment envie de toi »

Peut être que j'apprends la lenteur...

....(soupir songeur)

Vous me direz, mais quel rapport avec mon père ?

°°°°°°°°°°°°

(1) je serais bien en peine de vous dire à qui elles étaient destinées

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mercredi 16 avril 2003 à 00h17
Décomposition d’une vivante et éloge de mon corps, où narcisse se montre bien exigeant
Première partie : j’aime/j’aime pas/sans opinion)

Approche liminaire de mon être en tant que corps
(en toute subjectivité)

J’aime :

Mes épaules
Mes yeux
Mes oreilles
Ma taille
Mes cheveux

J’aime pas :

Mes jambes
Mon ventre (variable)
Mes mains

Sans opinion:

Mes seins (trop variable)
Mon dos et mes fesses parce que je ne les vois pas donc aucun probleme avec eux
Tout le reste a priori mais ce n’est que le début…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Première partie de la dissection, Mes jambes :

détails de mes désamours, où certaines parties se trouvent épargnées par mon intransigeant ego


1-Mes cuisses de poulet fermier

Je voue une haine féroce à mes cuisses depuis ce jour d’été où...

A l’origine de l’affaire, une expérience traumatisante

Je devais avoir 13 ans. C’était l’été et je jouais au tennis au Luxembourg avec Guillaume, mon petit ami, très-bon-fils-de-famille et joueur émérite,

je nageais dans l’effet « au pays de Candy ».

Alors que je luttais de toute mes forces pour ne pas me faire éclater 6/0, 6/0, par mon amoureux,

un type alpague Guillaume à travers le grillage

« waouh, ta copine a des vrais cuisses de poulet fermier élevé en plein air ! ! »

Ma vie était foutue.

Oui parce que voyez vous j’ai des cuisses quasi naturellement musclées.

La cellulite ? connaît pas, la culotte de cheval ? non plus.

Certaines filles m’envient. Moi je rêve de jambes de sauterelle

depuis ce fameux jour.

2-Mon genoux gras

Je deteste mes genoux ! oui je les deteste.

Je voudrais des genoux d’hommes
bien saillants,
anguleux même, pointue !

3-Mes merveilleux mollets

Après le genoux et les cuisses, je dois dire que j’ai des mollets adorablement musclés ; mignonnement sculptés…

(laissez Narcisse s’embaumer si ça lui fait plaisir !)

Quant à mes chevilles et mes pieds, je les trouve tout à fait acceptable

°°°°°°°

Prochaine épisode : pourquoi j’aime mes yeux

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mercredi 16 avril 2003 à 00h34
Quand j'écris à Sophie Talma
Sophie, ah Sophie!

Tu es mon astrologue (1) préférée cherié love,

ce qui en dit long sur mon dégré de masochisme, vu que tu me promets toujours le pire

Bien à toi,

Carla T comme Traumatisée"


le tout accompagné de l'illustration suivante

http://www.happyhour.jp/gallery/index.html
, image n° 18

°°°°°°°°°°°°°

(1)

Exemple d'horoscope par Sophie Talma (source: devinez))

Du 1er au 15 du mois:

Vous éprouvez un attrait certain pour les garçons aux cheveux courts et dents longues qui vous le rendent assez mal.

Ce qui au lieu de vous attendrir; semble vous inciter à devenir de plus en plus méchante (si cela est encore possible)

Du 15 jusqu'à la fin du moi(S)

Attention, cette soudaine recherche frénétique du mâle en rut; dissimule peut être un début de dépression (atmosphérique?), rendant vos rapports sexuels inhumains par endroits

Signé Sophie Talma

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mercredi 16 avril 2003 à 13h45
Quand je m'aventure dans les grandes surfaces: un après midi dans la vie d'une consommatrice ordinaire
Hier ma maman avait décidé d'acquérir des étagères pour sa cave dans le but avouer de mettre un peu d’ordre dans le capharnaüm qui y règne.

« allo ma puce, tu ne voudrais pas m’accompagner chez Castorama ? (1)

Mais maman je HAIS viscéralement Castorama ! (2)

« Bien sûr maman, tu passes me chercher ?

Une fois dans la Twingo violette (3) , maman se dit tout haut

« tiens, on pourrait aller voir Auchan c’est porte de Bagnolet, tu connais le centre commercial ?

« Non maman, mais oui on peut essayer pourquoi pas ?

Après tout, je ne veux pas mourir idiote (4)

Je vous passe sur l’architecture monstrueuse du « truc » et ses parkings labyrinthiques. (5)

Enfin, nous arrivons quand même à trouver l’entrée du temple…

« oh mon dieu quelle horreur, mais c’est énorme !

3 niveaux, un nombre incalculables de magasins divers et variés comme autant de petits satellites de l’énorme Auchan.

« Ben oui ma puce, réveille toi, on est au 21ème siècle ! tu as un euro pour le caddy ?

Même les chariots sont gigantesques.

« On va directement au dernier étage Carla, ne panique pas !

Facile à dire. (Sans compter que cet endroit grouille de vigile. Or moi je me sens toujours coupable de quelque chose quand je croise l’autorité.)

Dernier étage : Loisirs (enfin je suppose, en réalité ils n’ont pas eu l’intelligence de renommer les étages)

« Maman et si on demandait à l’accueil là, où sont les étagères ?
« mais non Carla, allez, on se balade !

Rayon papeterie

Je m’achèterais bien quelques cahiers, mais en ai je vraiment besoin ? j’en ai déjà tellement et en plus ceux là sont laids

Rayon librairie

« Tiens attends Carla, je regarde si ils ont la bible de Marek Halter ! tu m’aides à le chercher ?

Je méprise Marek Halter, cet opportuniste à la noix.
Je rêvasse devant un étalage en faisant mine de fureter pendant une dizaine de minutes

Et puis je regarde les nouveautés en poche, il y a the Hours de Cunningham.
Je le prends.

« Carla ! il était là Halter, juste son ton nez
« Ah !

je jure je n’ai pas fait exprès

Bon.

Rayon disque,

je ne prends même pas la peine de m’arrêter.
Ma mère acquiert un disque de Johnny Hallyday, un autre Maxime Le Forestier et le disque de Carla Bruni.

« tu n’aimes pas ?
« Si, si…enfin….tu sais…bon on cherche les étagères ?

Evidemment ils n’ont pas.

On ressort quand même avec un caddy plein de :

-shampoings et après shampoings (pour moi) (6)
-crèmes d’épilatoire (pour nous)
-différentes paires de bas, couleurs rose claire, blanc, lilas mais vraiment super chouettes (pour moi)
-un mètre (pour maman)
-un rideau de douche (pour mon frère)

Retrouver la sortie s’avère difficile. Je me fais surprendre par un type de la sécurité entrain de ranger mon caddy dans le mauvais sens (à l’avant au lieu de l’arrière) (7)

Retour à la twingo violette

« Alors on va chez Casto ?
« ok maman mais je te préviens : JE SUPPORTE ENCORE MOINS CASTO
« oui oui chérie détends toi

Place de la Nation.
Castorama.
Le magasin le plus glauque que je connaisse.

Seul intérêt de la visite à part les étagères : un couple de fashion victim totalement has been qui se déplace dans le magasin comme si ils étaient dans un show room ultra select. Ridicules mais amusant. Si l’on omet le fait que eux ils avaient l’air de prendre ça très au sérieux

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(1)Carla-la-bonne-poire, est toujours disponible pour ce genre de corvée et vous savez pourquoi ? parce que Carla la pomme, se dit qu’elle serait bien contente si on l’accompagnait pour ce genre de sortie.
Le hic est que Carla la Banane n’ose jamais demander aux gens de se taper cette corvée.
Moralité ?

(2)Castorama = sommet de la beaufitude mâle

(3) quelqu’un a quand même réussi à lui piquer son sigle Renault et à mon avis ça en dit long sur la dégradation des valeurs chez les délinquants

(4) je suis une enfant de la ville. A part les Halles -qui ressemble à une verrue- et encore c’est un peu spécial, je ne connais pas le syndrome « centre commercial » (je ne fréquente ni celui de la place d’It ni celui de la défense). En France, normalement, les centres commerciaux sont interdits à l’intérieur des villes. On les trouve donc généralement….aux portes !

(5) mais onéreux. Si vous restez mois de 30 minutes dans ce parking, c’est un euro
2 heures, c’est gratuit
Plus, je n’ai pas noté mais de nouveau payant

(6) long cheveux épais alors forcément consommation importante de shampoo

(7) Dialogue courant
"Mademoiselle, c’est de l’autre côté que vous devez le remettre
"Oh ! je suis vraiment désolée
"ce n’est pas grave je m’en occupe
"merci monsieur

Les supers héros du quotidien.
Ne pas négliger le plaisir que cela donne de passer pour une gentille fille naïve

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mercredi 16 avril 2003 à 23h02
Histoire d'O. (où les références litteraires ne sont plus d'aucun secours
Je viens de lire un texte que j'avais écrit et que O. a corrigé? nourri? retravaillé? En tout cas enrichi.
C'est un sentiment tout nouveau pour moi.

Armaury avait déjà repris un mes textes, mais son intervention c'était somme toute limitée à des corrections syntaxiques.

Au contraire O. n’a pas hésité à modifier des choses, rajouter des gestes, des pensées. Le plus troublant est que ce qu’il écrit pardessus moi, me ressemble aussi étrangement. Je n’aurais pas osé imaginer ces mots, mais de les lire m’a…

Je suis bouleversée, émue et excitée.

O fait violence à mon écriture et lui donne un petite touche de cruauté que je ne me permets pas (une sorte de distance qu’il me manque, je ne sais pas, c’est plus un sentiment qu’un mot juste). Ses références culturelles différentes des miennes donnent au texte une consistance qui lui manquait sûrement.

Il mérite d’être encore une fois réécrit, c’est vrai. Mais le squelette est vraiment chouette !

Je me sens ultra fière, excusez moi.
Qu’il l’ait lu et aimé, qu’il l’est réecrit et qu’il l’ait fait ainsi.
Je me prends à rêver…

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mercredi 16 avril 2003 à 23h13
Aux Buttes Chaumont
Je voulais raconter une sombre histoire de petite culotte rose seventies et de la parade amoureuse chez les canards.

Je voulais raconter cette histoire pour parler de mon rapport au sexe. Ou du moins l’aborder.

Car j’ai un problème avec le sexe.

Oh non pas un grave, pas du tout. Enfin peut être que si vue mon âge et ma condition sociale.

Juste que le sexe m’ennuie.
Depuis X.

Oh ca ne m’ennuie pas franchement. J’aime bien le sexe. Mais je n’y mets plus de passion. Je ne m’y retrouve plus. Sinon dans une certaine lascivité docile.

La souplesse d’une étoile de mer.

Adolescente tout ce qui concernait la sexualité était de l’ordre de l’émulation. Je tirais un plaisir inouïe de ma timidité, et de sa décapitation .

Si j’extrapole, j’irais jusqu’à écrire que les hommes me permettaient d’abolir certaines de mes limites.

Non pas physique ni sexuelle.

des limites imaginaires.

Détruites symboliquement par mes redditions

Reconstruites à la sortie de l’intimité.

Or c’est justement quand un homme réussissait enfin à réduire à néant mes pudeurs, que je me lassais.
Que je devenais infidèle.
Que je m’échappais

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Depuis quelques temps j’ai le sentiment que des ombres fantasmatiques s’agitent autour de moi.
Je commence à en assumer la maternité, mais si peu.

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J’aime la littérature érotique. Je connais mal le domaine, je ne souhaite pas devenir érudit, mais quand je tombe sur un bon livre, je suis curieuse.

Certaines héroïnes m’ont émue, outrée, écœurée, surprise, indifférée etc. mais celle à qui je me suis le mieux identifier, sans même savoir pourquoi à l’époque, c’est l’Emmanuelle de Larsans.

Je ne parle pas du film que je n’ai pas vu, ni de ses avatars. Non je parle du livre. Il y a 3 ans Pauvert l’a réédité en poche dans son intégralité (il y a deux petits livres). Il était sur un étalage dans une librairie que j’aimais bien, je l’ai acheté. Curieuse puisque le film même si je ne l’ai jamais vue avait frappé mon imaginaire.

La sexualité a beau être bestiale, c’est une question d’esthétisme

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Je pense à tout ça à cause de certaines phrases réecrites par O. qui ne me ressemblent peut être pas mais qui me laissent rêveuse

C’est parfois troublant d’être honnête avec soi même.

Je tourne en rond. Je me sens comme Mao mon défunt poisson rouge. J’écris trop.


Ma petite, faut que ça cesse !

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mercredi 16 avril 2003 à 23h21
Juste encore une minute...
Je dois couvrir une petite dépression. C'est normal. J'ai du temps libre.
Je n'ai que ça même. Ca ne devrait pas être du temps libre d'ailleurs

Je devrais appeler Louise.
Et surtout voir Marie pour en discuter.
Et prendre rendez vous chez un psy dans la foulée.

Mais je me suis dit cette semaine: Open air!
Je prends le temps de buller!

en réalité je ne décroche pas
hier j'ai accepté de retravailler la dernière semaine d'avril
et tout un tas de questions trottent et virevoltent dans ma petite tête pendant que je mâche du caramel.

Il y a des moments comme ça ou je prefererai n'être qu'un joli objet, dont on prend soin.

Plutôt que seule avec mon diabolique cerveau.

Alors Carla que comptes tu faire de ces 6 mois?

Etre seule.
Donner forme à mes rêves.
Profitez du soleil.
Travailler 15 h par jour et ne dormir que 3.
Grandir.
M'engager.

Je soupconne un peu de mysticisme chez moi.

________________________________

Il est temps que je me reprenne en main

juste encore une minute...
C'est Carla qui le dit

__________________________________

Demain je vois Olga, et j'envoie un mail à Solvej.
Tristan ne m'a pas appelé depuis deux jours.
Je me deteste de dire ça mais son absence crée un nouveau désir.
Je suis un peu inquiète, il a des rendez vous médicaux cette semaine.
Pourquoi suis je si fière?
Je pourrais simplement l'appeler.

Simplement.
Je vais essayer de travailler un peu, tiens....

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jeudi 17 avril 2003 à 14h57
Bruit et Fureur (mélodie du matin bonheur)
« Allo Tristan mais pourquoi tu décroches à cette heure ?
« je n’avais pas éteint le portable Carla, et toi pourquoi tu appelles à cette heure ?

Je crois bien que je l’ai reveillé

« j’étais inquiète, tu vas bien ?
« oui ma chatte, je te préviendrais si il y avait un pépin, peut être pas à l’aurore cela dit
« oki bon je te laisse Tristan je suis pressée
« j’te kiss Bébé qui a des urgences à 4h du matin

J’ai raccroché. Sous le coup du ridicule.
Il a du mal interpréter mon appel ou peut être pas

Mais à midi…

« sex !!!!!!!
« Tristan ?
« je suis chaud là Carla
« et donc ?
« donc j’ai envie de toi
« ok rappelle moi quand le désir se précise en heure/lieu, Bye Tristan

non mais !

Ce salaud n’a pas rappelé !
Les mecs sont des brutes. Parfois

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Enfin entre ces deux conversations j’ai eu le temps :
De regarder LCI (1)
De dormir comme un russe alcoolique (2)
De me réveiller avec un type à la fenêtre qui me demandait si il pouvait fermer les volets ( 3)
De voir mon frère débarquer (4)
De me tirer de cet enfer (5)
D’aller prendre calmement mon café crème sur la place des fêtes. Au soleil. La vie est plus belle

(1) Dantec va mal finir, est déjà en train de mal finir, mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir de la tendresse pour les intellos fachos tant qu’on ne les écoute pas trop

(2) Etre au bord du coma éthylique

(3) ravalement de l’immeuble côté cour, il y a des échafaudages tout le long du bâtiment et naturellement juste sous la fenêtre de ma chambre.

(4) Carla je peux me servir de ton imprimante ? Carla t’as pas une clope ? Carla t’as pas 20 euros à me prêter ?

(5) mon frère et les coups de marteau sur la façade

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jeudi 17 avril 2003 à 17h54
Comment obtenir tout ce que l'on désire d'une fille sans même lever le petit doigt mais en décrochant son téléphone 3 fois dans la même journée
Troisième conversation avec Tristan à 17h03 minutes

"Carla tu veux du sexe?

"Tristan tu peux dire bonjour

Il rit, si si je vous jure il rit

"ce soir Bébé?

"oui d'accord, quelle heure?

"entre 19H et 20H?

"ok

"je devrais pouvoir te récupérer avant 22H

Je rêve ou il râle là?

Résumé des opérations:

04h13: Carla téléphone à Tristan pour une raison restée encore mysterieuse à ce jour.

Temps de conversation: 1mn

12H00 Tristan téléphone à Carla pour la prevenir que le pollen le rend sensible.

17h03 Tristan passe la commande

17h36 Conversation avec Armaury (je plaide coupable) selon lui j'élucubre, X est un gars super (je n'ose pas dire ce que je pense), et somme toute je lui ai sauvé la vie en disparaissant.

Car je suis une fille.....

choisissez l'adjectif qui vous conviendra

dernière précision à laquelle Armaury semble tenir: il ne m'aime pas et tout cela l'indiffère hautement.

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samedi 19 avril 2003 à 00h46
Une journée avec Olga
J’ai retrouvé Tristan hier soir. Je veux dire vraiment retrouvé.
Peut être parce qu’il m’a manqué,
Peut être parce que j’étais vraiment désirante,
Peut être à cause du pollen qui envahissait l’air parisien.

Allez savoir si ce genre de chose peut s’expliquer rationnellement…

Une jolie soirée, une soirée d’amoureux. Je suis arrivée presque à l’heure, nous avons fait l’amour, sommes sorties, fumé un joint sur les bords de seine, au bout de sa rue. Revenus, refait l’amour, cuisiné, mangé, discuté dans le salon de notre relation, refait l’amour….

Puis il m’a bordé, il a allumé la radio et j’ai sombré contre lui.

J’étais bien, j’étais nue, j’étais heureuse.

Le matin, encore envie de lui, du mal à résister, m’éclipser avant de commettre l’irréparable

« Carla, tu m’empêches de dormir la nuit, laisse moi un peu de répit le matin, 1h Carla, juste une heure

Partie heureuse encore, devant sa porte, appeler Olga.
Monge – Montparnasse, bus n° 89.
Le soleil brille et je suis belle

Café Landais, 10h, rue du cherche Midi. Nous nous retrouvons.
Notre ressemblance mise à part, la taille. Frappante : même masse de cheveux, même air d’orient indéfinissable, mêmes lèvres.
Se raconter, se projeter, éternuer, boire du café, parler d’amour.
Felix.
Tristan.
On nous prend souvent pour des sœurs.

Elle doit passer rendre du matériel à un ami à elle, artiste d’art contemporain de son état. Je propose de l’accompagner. Nous rentrerons à pied.

Saint Jaques. Un jardin privée, des ateliers, une pelouse. Le type est installé dans le jardin, avec un ami.

« on se connaît ?
« non je ne pense pas
« A je te présente Carla, Carla, A.
« on ne se connaît pas c’est sûr ?
Son regard me met mal à l’aise. Il s’accroche à mes vêtements, ma peau, mes yeux. Olga ne remarque rien. Elle fait un peu la conversation, j’esquisse un pas pour partir.

Plus tard Olga me demandera si je pense qu’il est homo. Je ne sais pas, j’ai beau fréquenter des homosexuels, je me pose rarement la question de l’orientation sexuelle des gens que je rencontre.
Peut être bi.

Nous traversons le cimetière Montparnasse au retour. C’est si calme.

« je dois monter mon film. Tu viens travailler à la maison ? tu prendras le portable

Après midi studieuse donc. Je suis dans la cuisine, une grande pièce qui fait aussi office de salle à manger. Olga est enfermé dans sa chambre. J’écoute Bach.
En face de moi il y a un mur aveugle dans une grande fenêtre. Un fil traverse la pièce d’un mur à l’autre. Des pinces à linge sont accrochés ainsi qu’une photo noir et blanc. Le regard d’une femme effrayé comme dans un vieux film d’épouvante, figé, en arrière plan l’œil d’un homme, inquiétant, prédateur. Je prépare un café. Dans une heure Olga viendra faire une pause cigarette avec moi. Felix appellera et nous le rejoindront derrière l’église saint sulpice.

Je suis une dilettante.

Olga et Felix parleront ensemble sans que je puisse comprendre l’étrange langage qu’ils utilisent, ni pénétrer les prénoms dont ils égrènent la conversation. Je penserais à Tristan que je n’ose pas appeler, parce que j’ai tant de souci à me mettre en situation de demande. Olga me reprochera gentiment mon silence tandis que Felix pensera que je suis décidément désagréable.
Parfois je me tais, parfois les mots ne sont pas propices, parfois je vis à l’intérieure là où ça palpite.

Felix partira, Olga et moi nous traverserons la seine, pont des arts, musée du Louvres, les halles, rue montorgueil, rue des petits carreaux, rue de clery, porte strasbourg saint denis.

Nous prendrons l’apéritif chez Jeannette.

Une petite fille me reconnaît comme complice et se glisse sur mes genoux. Elle m’interroge, nous écoute, exige que je demande au patron de sucer sa tetine. Elle s’appelle Paloma, elle a 4 ans. Elle partira.

Nous irons à la cinémathèque fréquenter le cinéma d’avant garde, le temps de nous dire que nous préférons les vieux films et de virer notre cuti pour une salade Liberty près de la rue de Rennes, dans un bistrot.

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samedi 19 avril 2003 à 01h06
Vendredi love question
Je m’interroge, encore et toujours, et peut être que c’est idiot, oui heureusement, non je ne sais pas, être si parfaitement dans le cliché féminin, celui qui sans cesse interroge l’amour.
Mais je ne peux pas m’en empêcher, qu’est ce que je cherche ? qu’est ce que je veux ?

Hier je disais à Tristan que je ne saurais pas me suffire de notre relation à long terme. Non que je ne le souhaite pas, mais je crains, d’avoir besoin de passion amoureuse. Me perdre, m’annuler dans mon amour de l’autre, disparaître. Une forme de fuite ? une question de nature amoureuse ? un avatar névrotique ?


L’amour me blesse, l’amour me laisse pantelante, l’amour rejette tout ce qui n’est pas de lui.

En ce sens ma relation avec Tristan me protège. Son désir me nourrit, sa tendresse me rassure, l’absence d’amour permet une sorte de complicité plus heureuse, légère, libre.

Il ne s’agit pas même de sexe quoique…Ma nature infidèle n’est qu’un symptôme de la nécessité de m’appartenir.
Pour preuve, je n’ai pas couché avec d’autres hommes depuis que je connais Tristan.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J’en suis pourtant certaine, je ne suis pas amoureuse de lui. Je serais triste si il ne voulait plus me voir, mais je n’ai pas d’autre désir que les moments que nous passons ensemble.

Je n’imagine pas de suite, et pourtant je ne conçois pas de séparation.

Ce qui me trouble c’est l’émotion sillon qui me prend le matin ou en pleine aurore, je me réveille et il est là, il me serre dans ses bras pour m’empêcher de bouger ou de m’échapper, je le regarde, il dort profondément ou refuse de se laisser distraire de son sommeil.

Je tremble un peu dans ces moments là, j’ai du mal à respirer.

Je voudrais le caresser sans fin, passer mes lèvres sur son corps, mais l’émotion est trop forte.

Pourquoi ?

Je voudrais un homme comme lui pour partager ma vie. Voilà la vérité. Je ne mens pas quand je lui dis qu’il est l’homme idéal.

Et pourtant.

(De toute façon je le soupçonne d'avoir du mal à me supporter deux soirs de suite.)

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samedi 19 avril 2003 à 01h53
Interlude et Vérité
« Elle est différente ce soir. Quelque ressort s’est brisé en elle. Elle frappe à la porte, mais n’attend pas ma réponse pour l’ouvrir. Elle est là déjà en haut de l’escalier de l’entrée.
Elle prétend être à l’heure, ses chaussures à talon dans les mains. Elle a encore courru. J’aime la voir légèrement essoufflé parce qu’elle veut me retrouver plus vite. Même si le temps la dépasse.

C’est elle qui m’embrasse et me demande de faire l’amour dans un proche plus qu’immédiat. Je lui propose un thé. Elle insiste. Quelque ressort s’est brisé en elle.
Sur le bord du lit elle hésite, demande une vodka, s’intimide sans raison. Il est trop tard. Il fait chaud. Dans ce moment je l’aime le plus.

Elle me fait jouir, réclame une sortie au bord du jour. Je me fais prier parce que j’aime la voir trépigner gentiment et me promettre des faveurs sexuelles. Je propose le bord de l’eau, elle veut voir la nuit tomber. Je n’ai pas envie mais il est tôt, et j’aime l’idée de la voir marcher dans la rue. Je ne l’ai jamais vu ailleurs.

Elle descend en premier puis me suit. Je frôle sa main, elle retire la sienne, hésite, je l’aime aussi hésitante, reprend la mienne.

Les quais et je la prends par la taille si fine. Elle s’assoit les pieds se balancent à fleur de fleuve. Je m’installe derrière elle, de profil. Elle doit se tourner pour me regarder. Nous parlons de nos études, elle me demande comment je suis arrivée au Luxembourg, m’explique que sa vie est une suite de hasard qui peut être prendront un sens. Je me sens bien, les bateaux mouches ressemblent à d’étranges machines futuristes .

Il fait nuit maintenant. Nous repartons. Elle paraît gênée par notre intimité, la desserre.
Au bord du lit elle hésite pourtant moins. »


Après nous mangerons des nouilles chinoises, il me racontera des histoires d’ami perdu, j’irais m’asseoir sur un fauteuil, il me rejoindra, nous parlerons encore.

« L’ami perdu lui ressemblera, comme elle il sera imprévisible, comme elle seducteur, comme elle possessif,
Comme elle jaloux,
Comme elle égocentrique,
Comme elle infidèle,
Comme elle exigeant
Comme elle inconstant »


Je voudrais pouvoir savoir ce qui le traverse, ce qui l’émeut, pourquoi il me demande de revenir, pourquoi il aime me faire l’amour, pourquoi il n’aime pas la lumière du jour au réveil, pourquoi il ne me laisse pas partir la nuit, pourquoi il se sent bien avec moi.

Je pourrais demander.

Il me répondrait que c’est parce que j’ai un cul magnifique, un sexe merveilleux et des seins de coquine.

Et c’est sans doute vrai. Avis aux amateurs de vérité cruelle ou crue selon le point de vue.

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samedi 19 avril 2003 à 15h07
Secret Girl, où l'on admet qu'on ne peut pas tout dire, surtout le meilleur
Je suis émue, oui toute remuée, toute retournée, chamboulée, secouée…

Il y a quelqu’un dans ma vie, quelqu’un que j’aime plus que tout, quelqu’un de vraiment spécial, quelqu’un d’extraordinaire, quelqu’un de merveilleux, quelqu’un qui compte plus que toujours plus que qui d’autre….Quelqu’un que j’aime et qui m’aime et que…

Et si je n’en dis jamais mot c’est que cette personne est trop délicate, trop parfaite, pour que je l’exprime ici.

Ceux qui me connaissent comprendront, les autres le découvriront…

Ce n’est pas un secret, c’est un trésor.

Pourquoi en parler maintenant…Parce qu’entendre sa voix au bout du fil a illuminé ma journée. Et il fallait que je le dise. Mardi je n’aurais plus de portable pour quelques temps mais j’aurais un amour qui sera là et que je ne laisserai plus jamais partir.

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Mais je promets de déposer quelques notes d’ici là.
Merci Théo pour tes petits mots

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samedi 19 avril 2003 à 16h43
Où il est dit que les tâches ménagères ne sont pas propices à l'imagination ni aux notes
Voilà ce qui arrive quand on préfère faire la belle dans le quartier latin, traîner dans les bouges culturels et rêver au soleil : on se retrouve fatalement un samedi à faire le grand ménage chez soi (1).

Après midi passionnante donc à tenter de trouver une cohérence dans ce chaos.

Mon souci n’étant pas tellement le rangement en soi ou le nettoyage : ça c’est simple, ça va vite, et je ne suis pas si bordélique. Non j’ai trois points faibles (2) :

-les feuilles qui envahissent l’appartement, les bouts de papiers, les fenêtres étant un maximum ouvertes, le 19ème bénéficiant d’une brise fraîche et de courants contraires….On en trouve un peu partout.(3)
-les barrettes, élastiques et autres épingles à cheveux que je collectionne, égare et sème dans mon petit appartement et même dans ceux des autres (4)
-reste le plus grave : mes vêtements (5).

Les feuilles finissent en général au recyclage.
Les accessoires pour les cheveux trouvent refuge où ils peuvent

Mais les vêtements….Oui parce que le problème c’est que c’est bien beau de ranger ses affaires, trier les tee shirt selon la longueur des manches, les pantalons selon la degré de serieusité, les jupes selon la saison et les robes sur des cintres ; ce n’est tout de même pas si simple qu’il y paraît. (6)

Plaignez moi et envoyez moi un ingénieur !

En attendant je vais me promener au Luxembourg et voir un vieux film pour oublier tout ça.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

(1)de toute façon les buttes sont sûrement prêtes à crouler sous le poids des promeneurs

(2)faiblesses concernant l’ordre naturellement, je ne parle pas de tout le reste

(3)n’imaginez pas quelque garconnière romantique d’écrivain mais bien un appartement de jeune femme moderne et pragmatique

(4)Tristan a commencé une collection avec interdiction de les prêter à l’une de ses conquêtes

(5)Et je démens toutes les femmes ne sont pas comme moi. Je ne voudrais pas porter préjudice à la gente féminine

( 6)D’autant qu’ il suffit d’un coup de fil intempestif du beau Tristan pour que ce bel agencement se retrouve mis à mal par une furie désespérée….
Les hommes sont décidément cause de bien des malheurs.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
note corrective: à la note trois on peut lire "jeune femme pragmatique" ce qui est absolument faux. Mais je tends à l'être. Disons que je suis une pragmatique en puissance selon la formule consacrée par Aristote. Tout n'est pas perdu!

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dimanche 20 avril 2003 à 02h44
telle une madone sur son rocher...
Olga Felix et moi à une terrasse de café. Il est 16h. Le flux des passant est plutôt inégale. On nous apporte des café et du coca cola. Felix saisit un sucre, se concentre, vise et le jette au dessus de ma tête.

« excuse Carla, j’ai un ami invisible qui se balade dans Paris et quand j’ai l’occasion je lui jette des sucres qu’il rattrape. Mais là je l’ai raté

Ah. Je n’ai même pas eu le temps d’ouvrir la bouche d’ailleurs curieusement son explication me laisse froide.

Quand j’annonce à Olga que je dois me fournir en nicotine elle me répond
« T’inquiète Carla, je connais un endroit ou ils ont plein de cigarettes
Traduisez un tabac.

C’était hier.

Aujourd'hui

Ethan me demande de le rejoindre rue Saint Maur et m'avise qu’il aurait du m’épouser, il dit toujours ça quand il tombe amoureux d’une autre.

Luxembourg, Odéon, rue Hautefeuille. Le chameau de Valeria me deçoit d’autant plus que j’aime l’actrice

un plateau de fromage et un homme attentif et attentionné me console de mes récents déboires.

Des envies de disparition ressurgissent.

Heureusement Balthazar m’invite à sa général mardi et m’administre un peu de baume :
Tristan est un imbécile qui ne connaît pas sa chance

Je n’ai pas le courage d’annoter. Je me sens toute vide.
Un début de mélancolie. A trop parler de soi…

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dimanche 20 avril 2003 à 20h07
...sans titre...
Le film de Chantal Lauby avec ma maman. Touchant, léger et émouvant.

Mk2 quai de Seine. La pluie (1).

Au bar du mk2. Un serveur me plait. Vous me direz et alors?

et alors c'est l’occasion de parler de mes problèmes avec la gente masculine, de déblatérer un peu sur l’esthétique et le désir pour finir par avouer que je suis effrayée par les hommes (cela dit j'ai déjà avouer publiquement tout cela dans mon forum à Clémentine)

°°°

De la rareté

C’est la jalousie de X qui m’a fait prendre conscience que rare étaient les hommes qui me plaisaient physiquement, uniquement physiquement, ou disons d’abord physiquement.

Dans son délire, il m’accusait régulièrement de coucher avec des hommes de passages, ramassés dans quelques bars et même parfois à même la rue. (2)

Or il est exceptionnel qu’un homme croisé au hasard me plaise assez pour que je le remarque.

J’ai longtemps cru que ma sainte personne n’aimait tout simplement pas les hommes pour leur physionomie mais bien autrement pour leur aura magnétique (3), leur brillant intellect ou leur manière de finir un geste.

Aujourd’hui je n’en suis plus si sûre…

Quand un homme vous plait, fuyez !

Or donc au bar du Mk2, je remarque un des serveurs. Il doit avoir mon age, peut être un peu plus vieux mais à peine. Il n’est pas très grand mais vraiment mignon, un peu branleur sûrement. Nos regards se croisent, il sent que je lui plais, je sens que je lui plais.
L’idée me fait rougir, mon désir m’intimide. (4)

Ma mère :
« en tout cas ce film t’a fait du bien, tu es resplendissante !

Je me sens pourtant transparente.

Nos regards se croisent à nouveau, je détourne les yeux comme une vierge effarouchée.

Pathétique.

Le temps de payer, ma mère se dirige vers lui, ils se parlent, échangent des sourires. Je reste à l’écart, loin, très loin.

Je pense à mon frère qui me répète souvent que les filles sont pénibles avec leurs fausses pudeurs.

Je suis tétanisée alors que le fait est sans importance.

En sortant ma mère:

« sympa non ? il m’a demandé si tu étais célibataire

Quelqu’un a parlé de femme moderne ?

L’éloquence inquiétante d’un membre.

En réalité, j’ai peur. De qui ? de quoi ? C’est ce qui me perturbe. Je me sens totalement nue devant un homme désirant, désarmée, minuscule, pleine de doutes. Et si…
Et si…
Et si…
Je ne sais pas. Je sais que je suis désirable au même titre que n’importe quelle femme. Mais il y a toujours cette question lancinante, pourquoi me choisirait il moi :
Accepter le désir de l’autre c’est aussi accepter…
Ma féminité ?
Celle que pourtant je mets en exergue, que je revendique sans cesse…

Si je continue je vais me mettre à pleurer de rage.

L’amour m’effraie, le désir m'effarouche, et je suis sans cesse écarteler entre ma nature sensuelle (5) et mes peurs enfantines.

Et pourtant...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

(1) suis je trop sensible au temps ? Début de spleen à minuit, pluie du matin, chagrin de l’après midi, il me prend des envies de ne plus jamais revoir Tristan. Tristesse

(2) longtemps je me suis demandée si X ne captait pas mes désirs inconscients

(3) Théo, spécial dédicace, assez de suspens dans l’expression « aura magnétique » non ?

(4) Carla la la qui pourtant n’a jamais hésité à parler à des inconnus se sent toute flagada.

(5) Que diable ! je suis humaine !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Pardon à mes lecteurs, je deviens déprimante.

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dimanche 20 avril 2003 à 23h52
Quand je fais de la redondance, élucubration d'un dimanche soir sans salon
Toutes ces questions…
Un jour de spleen…
Un jour fragile…

J’ai peur de tomber amoureuse de Tristan pour de mauvaises raisons,
j’ai peur de tout gâcher parce que je ne sais pas la patience,
j’ai peur d’être prise dans des mythes qui ne m’appartiennent pas

Je suis bien avec lui justement parce que nous nous interdisons d’aimer (1)
Je suis mal quand il ne donne pas de nouvelles justement parce que nous nous interdisons d’aimer.

Non je m’interdis de l’aimer
Il ne m’aime simplement pas.

Mais au fond quelle importance ?

Aucune. Si j’ai choisi de vivre cette relation avec Tristan c’est justement parce qu’il ne m’aime pas (je me répète inlassablement), qu’il ne menace pas de m’aimer. Je ne peux pas lui faire de mal avec mes complications, tergiversations et autres soubresauts. Il ne peut pas m’envahir par des exigences amoureuses, ni s’aveugler à mon sujet.

Je ne veux pourtant pas. C’est encore trop tôt. Pour l’amour pour le reste pour tout. J’ai trop souffert, parce que des hommes prétendaient m’aimer, parce que je les aimais (ou croyais) parce que…

Un temps pour tout.

Aujourd’hui je veux faire le petit bouchon. Me contenter d’être heureuse. Sans que ce bonheur passe par un homme.

Je me méfie de moi même. Je ne verrais plus Tristan le temps qu’il redevienne cet étranger que je n’aime pas encore.

Se disperser.

Je suppose que je suis maussade et tout ceci n’a pas grande importance.

(1)voir grande note

Grande note au sujet de « l’amour Tristan et moi »

Lorsque Tristan parle d’amour…

« l’amour pour moi Carla, ce n’est pas une question de sentiment. Ce qui compte c’est d’être bien avec l’autre. Celles que j’ai aimé le plus sont celles qui sont restés le plus longtemps dans ma vie, que j’ai gardé près de moi…le reste c’est du pathos, et je ne pratique pas cette religion

Lorsque nous parlons de notre relation

« j’aime notre relation parce qu’elle est simple, parce que tu ne me demandes rien…
« je ne suis pas d’accord Carla, notre relation est un effort constant
« Quoi ? (là petit sursaut) tu veux dire que c’est un effort d’être avec moi ?
« pas d’être avec toi, non , écoute Carla, être avec toi comme ça, ça veut dire te donner toujours envie de revenir parce que je te fais bien l’amour, parce que je te fais rire, parce que tu te sens bien avec moi : te rendre heureuse systématiquement (1)
« je ne le vis pas comme ça, j’ai plaisir à être avec toi, simplement
« moi aussi Carla, mais tu sais de quoi je parle au fond
« tout ce que je sais c’est que cette relation pour moi est simple parce qu’elle a été énoncée ainsi dès le départ : il ne s’agit pas d’amour
« oui je comprends
« je ne me sens pas jalouse par exemple de tes nuits ailleurs parce que tout a été dit sur le sujet la première fois : chacun sa vie. (2) Mais un jour forcément je tomberai amoureuse d’un autre, parce que cela ne peut pas suffire.
« tu ne sais pas Carla.

Si, je sais. Peut être même que je vais me mettre à t’aimer. Parce que je ne sais pas séparer mon corps et ma tête ni mon cœur ni le reste, parce que je confonds décidément tout.

I am lost

(1)mais est ce que c’est ce que je souhaite forcément ?
(2)mais pour combien de temps ?

Je devrais arrêter d'écrire pour un temps.

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mardi 22 avril 2003 à 23h45
Des petits mensonges féminins et de leur conséquence parfois nulle et non avenu
Olga ou les feux de l’amour slave

Lundi rv avec Olga au chien qui fume pour échange de chaussures (une paire de noire contre une paire de blanche). Café coca cola, le temps de faire le point sur notre vie.

« moi ça ne va pas très bien, j’ai un mauvais pressentiment, c’est dans l’air du temps…j’ai eu à peine Tristan au téléphone hier soir pour lui dire que je ne pouvais pas le voir et ce salaud n’était même pas déçu ! ça l’arrangeait m’a t il dit, il avait des « choses à faire » (1)

« oh tu sais moi ce n’est pas mieux, la folle actrice a rappelé Felix (2) et cette brute ne lui a même pas raccroché au nez, non mais quand même…je ne sais même pas pourquoi il s’est senti obligé de me parler de cet appel…tu crois qu’il va recommencer à me tromper avec elle ?

« aucune idée, tout ce que je sais c’est que cette fille est folle , beaucoup plus folle que nous et que si elle recommence de menacer de se suicider…

(…)

« oui mais…Carla…
« oui Olga ?
« je dois t’avouer un truc, un tout petit truc
« hum…

La folie, une appréciation subjective, où Machiavel est remis au goût du jour

« j’ai dit à Felix qu’un soir, désespérée par cette histoire , j’avais abusée d’anti dépresseur qui traînaient par là
« et …
« et qu’ensuite je m’étais rendue à une soirée
« oui et…
« et que j’avais un peu bu
« hum…
« et que le cocktail prozac et alcool faisant son petit effet, je m’étais retrouvé à moitié comateuse
« humhum
« et qu’un inconnu avait abusé de moi
« QUOI ?
« c’est naturellement absolument faux
« mais c’est degueu de faire ça Olga
« oh ben tu sais comme l’actrice avait toujours des histoires de ce genre je me suis dit pourquoi ne pas essayer
(oui hein pourquoi ?)
« et Felix comment a t il réagi ?
« niente, rien, il n’a pas réagi !

Le cuistre. (3)

Olga Felix l’actrice : match nul.

Ne me demandez pas comment tout ceci va finir, je crains le pire.

_________________________
(1) Vérité? premier jour de règle mais a t il besoin de tout savoir?

(2) Résumé des épisodes précédents voir http://mon.journalintime.com/carla/2877 et pour ceux qui n’ont pas le courage la note 1 cad ici : Felix aime Olga qui se fiche de lui comme de sa première Barbie. Jusqu’au jour ou Felix trompe Olga avec une actrice hystérique et frappa dingue qui menace de se suicider toutes les 14 sec. Or là Olga se dit qu’elle aime son Felix. Après moult péripéties, Olga et Felix se trouvent à nouveau réuni….

(3) Pour dire la vérité et bien que j’aime Olga, je trouve ce genre de stratagème totalement déloyal, et même carrément dégueulasse. Ce n’est pas le mensonge qui me pose problème ; c’est plutôt les conséquences qu’il peut avoir. On a assez entendu des phrases comme « elle l’avait bien cherché » ou des horreurs du genre. Le mensonge féminin dans ces cas là porte préjudice à des femmes qui vivent vraiment cette réalité.

Les femmes modernes ont elles moralement le droit d’utiliser ce genre stratagèmes ? OLGA JE DIS NON, l’amour ne justifie pas tout, mais je t’aime quand même, va.

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mardi 22 avril 2003 à 23h58
Des petits mensonges féminins et de leur conséquence, part 2: Le syndrome don juan
Le syndrome don juan. (1)

Petite synthèse : Tristan entretient une relation avec moi strictement sexuelle (2). Or donc cette semaine, la réalité de ma féminité m’a rattrapée (3). Cela dit d’un malheur….

Tristan souffre vraisemblablement du célèbre syndrome don juanesque (4). Moralité : un seul conseil, ne montrez aucune faiblesse amoureuse, se faire désirer, etc le blabla habituel. Et surtout ne pas parler d’amour. Autant dire que tous les coups sont permis. (5)

Le problème est que profondément je suis un cœur d’artichaut. J’adorerai être la garce qu’on prétend que je suis, si, si je vous assure, J’ADORERAIS, mais au fond, j’ai un faible pour les hommes et surtout leurs défauts.

Cela dit, mon innocence à ses limites et quand on m’encourage à jouer les dulcinée du Toboso, je ne rechigne pas à la tâche…

_________________
(1) Le don Juan.
Accumule les aventures sans s’investir émotionnellement, car l’intimité le terrifie. Le sexe est sa drogue et le mensonge, qui lui donne l’illusion du pouvoir, son sport favori. L’amour véritable? Inconnu au bataillon » Ce n’est pas moi qui l'écrit (je n'aurais pas osé)

(2) même si dans la réalité des faits nous passons plus de temps à faire les imbéciles en mangeant du chocolat qu’à faire l’amour , mais surtout ne lui rappelez pas

(3) c’est l’histoire d’un cycle de 28 jour mais si vous voulez vraiment tout savoir je vous invite à consulter le journal de Pamela http://mon.journalintime.com/metonymie/

(4) mais ce n’est pas de sa faute, je tiens à le dédouaner : las tristan est poisson ! oui et les poissons pauvres chéris naissent comme ça paraît il

(5) ai demandé à Balthazar et O conseil . ainsi qu’auprès des femmes mais je dois dire qu’elles ont des recettes beaucoup moins efficaces

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mercredi 23 avril 2003 à 00h14
Des petits mensonges féminins part 3: quand mon don juan prend des airs de don quichotte ou comment les hommes encouragent les procédés déloyaux bien malgré nous
Lundi soir, alors que je préparais gentiment un dîner pour des amis, le téléphone sonne ( quoi de plus naturel ?)

« allo ?
« Carla, j’ai envie de toi ! (1)
« Tristan les fils de bonne famille disent d’abord « bonjour »
« bonjour Carla chérie, j’ai envie de toi
« désolée Tristan ce soir je ne suis pas libre (2)
« Mais je n’ai encore rien demandé Carla!

(ouais c’est ça tu appelles pour prendre des nouvelles ?)

« cela dit puisque je t’ai au bout du fil, tu aimes le théâtre ? (3)
« non
« ok
« tu vas au théâtre ce soir ?
« non pas ce soir, demain. Ce soir je…(pas le temps de finir ma phras)
« ou tu fais quelque chose de plus…hum…chaud ?
« tu veux vraiment savoir ?(4)
« Carla ! tu vas pensé à moi au moins j’espère ?
« pourquoi toi tu penses à moi ?
« hum oui à tes…
« oui bon ça va
« Carla tu me trompes ! tu as rendez vous avec un autre!
« (silence = mensonge par omission?)
« je suis jaloux (ton boudeur)

il est jaloux !
il est jaloux !
il est jaloux !

« Tristan mon cœur réserve moi ton dimanche ok ? je t’adore
« Carla, je dois partir à Genève
« ok Tristan je te rappelle ce week end, je t’adore

Et clic. Et na. Et toc

Et le sourire !

….

(1) Signature vocale inimitable
(2) Pour dire la vérité, j’ai mes règles tout simplement. Sinon j’aurais été capable de tout planter je crois. Vive le cycle féminin ! ( et comme dit la chanson…résiste ! montre que tu existes !)
(3) Je ne voulais pas inviter Tristan à la generale de Balthazar. D’ailleurs je n’avais pas demandé de place pour lui. Mais…dieu que je suis faible !
(4) A ce moment là je voulais simplement lui dire la vérité. Finalement c’est lui qui a provoqué le mensonge, tout le monde est d’accord non ?

__________________________

Aujourd’hui…
Avant de me rendre au théâtre des Abesses, je passe chez ma maman goûter une tarte aux pommes. Dans la foulée (1), j’oublie mon téléphone portable (2). Quelle importance, je vais au théâtre !

Je cours je cours, je suis en retard, j’arrive en retard, je demande en retard mes places et là pan !
« mademoiselle, vos places ont déjà été redonnées à des spectateurs impatients et ponctuels »
oh ça va !
Heureusement je trouve Balthazar qui ne m’en veut pas, qui est même débordé, qui me propose des places pour la semaine suivante. Je me sens déculpabilisée. Parce que figurez vous, je l’aime mon Balthazar, et je ne voudrais pas….

Donc ni une ni deux, je prends un verre en compagnie de deux affreux aristocrates qui se pretendent dandy et « adore cette manière incomparable dont vous buvez la vodka Carla » (ben voyons) et je me décide à repasser chez ma maman pour faire un sort à la tarte aux pommes.

« coucou Maman, coucou Michel (son copain) désolée je…
« oui tiens Tristan a appelé Carla
« quoi ?
« oui sur ton portable, j’ai décroché
« quoi ?
« la sonnerie m’exaspérait alors j’ai décroché (3), c’était Tristan,
« oui ? mais il savait que je n’étais pas libre ce soir, tu lui as dit quoi ?
« la vérité, que la sonnerie m’énervait, que j’étais ta maman et que tu étais au théâtre avec des amis
« et ?
« et il s’est souvenu que tu lui avais deja dit tout cela, il m’a demandé de te dire qu’il avait appelé. Charmant garçon au demeurant (4). Ah oui Amandine et une certaine Suzanne ont aussi appelé et...

"Maman il suffisait d'éteindre mon portable

"oui tiens je n'y avais pas pensé!

Voilà. Conclusion : c’est triste à dire mais les hommes sont des animaux fort simples parfois. Il suffit d’avoir l’air ailleurs.
Conclusion bis : si vous manquez de volonté, comptez sur votre cycle ou sur la lune.

(A mon stade du moins, toute occasion de ne pas céder à la tentation est bonne à prendre)

Conclusion définitive: si votre maman se plaint un jour de faire le standard, ne la croyez pas, elle adore ça

(1) c’est une de mes spécialités : l’égarement. Je sème ici et là des petites traces de moi.
(2) Je dois dire que je ne suis pas une fan de l’engin : je me fais régulièrement engueuler parce que je ne reponds pas au téléphone : « carla à quoi sert un portable si tu ne réponds pas ? » euh à téléphoner quand j’ai oublié le code, l’adresse, le rv ?
(3) Logique de mère
(4) Ma mère ne connaît pas le mot de la fin, sinon je doute qu’elle encouragerait ce type de relation

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mercredi 23 avril 2003 à 01h31
Des petites mensonges féminins, suite et fin, où il s'agit bien naturellement d'orgasme
La dernière fois, autour d’un joint, chez Tristan

« Parler de toi à mes copains, ça le fait, ils sont jaloux…

(suit un éloge fort éloquent de tous mes avantages voir note 1)

« tu parles vraiment de sexe avec des copains ?
« oui enfin on ne décide pas de parler de ça, des fois ça arrive comme ça…quoique à bien y réfléchir, non parfois on ne parle carrément que de ça…(il rit)

(je reste un instant sans rien dire, rêveuse…je tente de visualiser les phenomènes)

« cela dit Carla, si je leur disais que je ne te fais pas jouir, ce ne serait plus vraiment cool »(2)

ALORS LA JE VOUS ARRETE

N’allez pas croire que mon chéri est un mauvais amant. Non il est attentif, il a de l’imagination, il sait exactement ce qu’il faut faire, et n’hésite pas non plus entre deux à demander ce que je voudrais comment je le voudrais etc.

Non le problème c’est que je suis une cérébrale-sentimentale à la noix (3). Et aussi que j’avoue je suis un peu chipie et que je ne lui facilite pas la tâche. Ce n’est pas que je n’aime pas jouir…

Mais

a- l’orgasme est un moment particulier ou l’on perd tout contrôle. Du coup (ahah) j’ai besoin de me sentir totalement en confiance
b- c’est une forme de reddition
c- il est souvent plus facile de donner que de recevoir, même le plaisir
d- il faut bien que Tristan galère un peu avec moi
e- je suis sans doute bizarre, mais ça n’a pas d’importance, le plaisir ne se calcule pas forcément en terme de jouissance
f- après un orgasme, on m’a souvent traité de « petit mec », parce que je suis du genre à m’endormir sans autre préavis ou à totalement oublier la présence de l’autre pour me concentrer sur moi même.

Cependant ….

ET MAINTENANT CARLA AVOUE

Que la dernière fois que nous avons fait l’amour, j’ai joui avec lui, sans un bruit (4).
Comme il n’a pas eu l’air de s’en apercevoir, je n’ai rien dit.

Mais et c’est là la preuve que l’instinct masculin existe mais que les hommes ne savent pas l’exploiter, au moment de nous endormir, j’éteins la lumière et

« Carla, tu as joui !
« Tristan, pourquoi tu me dis ça ? (prise en flagrant délit)
« tu me tournes le dos, même pas un baiser de bonne nuit, la légende est vraie ! tu es un vrai petit mec !
« mais non mais (bredouillement inaudible)
« je rigole Bébé, détends toi et viens par là

Je n’en menais pas large. Heureusement Les rougeurs de jeune femme ne se remarque pas dans le noir.

_______________________
(1) pour plus de détails voir le top 5 des compliments de Tristan, ça ne varie pas
http://mon.journalintime.com/carla/2862


(2) il semblerait que Tristan n’est pas l’habitude de ne pas faire jouir ses conquêtes , dixit lui même

(3) peut être que je devrais tenter la méthode de l’inconnu d’une nuit pour faire définitivement la peau à la fleur bleue qui s’obstine à vivre en moi aux côtés de pulsions carrément scandaleuses.

(4) Je suis timide même si tout le monde ne le devine pas au premier abord

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jeudi 24 avril 2003 à 12h32
Errare humanum est, Où l’on se demande si le proverbe ne concerne pas seulement une moitié de l’humanité
Croyez le ou non, je suis une gentille fille.
Si ! si !
Je déteste faire de la peine aux gens (1), on pourrait même me décerner le prix de nunuche du moi(s) de mai(s). (2) (3)

La preuve par trois…

_________________________________

(1) l’enfer est pavé de bonnes intentions
(2) on en revient toujours à la pomme , comme dit Onfray, heureusement qu’un jour on a fini par la croquer
(3) je sais nous sommes en avril ne te découvre pas d’un fil, alors je préfère mai fait ce qui (’il) te plait
________________________________

Loto sportif : le Match du mercredi

Tristan – Carla : première mi temps

hier matin…

« Carla, quand est ce que tu es libre ?
« hum attends que je consulte mon agenda super sonique qui fait la pluie et même le beau temps : ce soir je suis avec N. en amoureuse, demain concert d’amis près de la BNF, si tu veux venir mais je ne serais pas trop disponible, vendredi Balthazar et Gio à la maison et samedi ma boum d’anniversaire(1)…donc toujours dimanche après le salon
« dimanche, Carla c’est trop loin ! (2)
« désolée Tristan mais je suis pressée là et pas libre avant ciao hidalgo

J’assure !

Carla : 1/ Tristan : 0

(1) cela dit c’est la plus pure vérité
(2) Dimanche est loin pour prévoir, pas parce que je lui manque ndlr

Tristan Carla : deuxième mi temps

En début d’après midi
« Carla tu ne m’aimes plus, tu as trouvé un meilleur amant ! (1)
« mais non Tristan tu es idéal dans ta catégorie je te l’ai déjà dit
« menteuse !
« Tristan !
« je blague Bébé

(oui hélas, j’aimerais tant que tu sois vraiment jaloux ! mais au fond…j’adore qu’il ne le soit pas (2)

« et la catégorie du type de lundi soir c’est quoi exactement ?
« romantique passionné

(je dis n’importe quoi mais il fallait inventé un truc rapidement et qui ne soit vraiment pas dans ses cordes à lui)

« mais Carla ! j’allume toujours des tas de bougies quand tu arrives…
« Tristan je ne te reproche rien

(…)

« et c’est quoi « romantique passionné » ? simple curiosité d’anthropologue

(ah oui ? quel petit con non vous ne trouvez pas ? l’age d’un messie pourtant)

« hum c’est hum…on se dévore la bouche, on fait l’amour comme si c’était la dernière fois, il me répète combien je lui ai manqué, combien c’est bon de me sentir à nouveau…ensuite on sort se balader, main dans la main, peut être prendre un verre avant de…
« c’est mignon

(sa voix est sincèrement attendri, dites moi que je rêve)

« et sinon pas de joint, pas de télé ? pas de dvd ?

(je rêve !)

« non ça c’est toi Tristan, bon je dois vraiment te laisser, je te rappelle dimanche

J’assure !

Carla : 2 / Tristan : 0

(1) souvent femme varie
(2) Jamais contente mais souvent heureuse

15 minutes plus tard…où comment marquer un but contre sa propre équipe

« Allo Tristan c’est Carla
« ah tu vois je te manque trop
« non mais Tristan si tu m’écoutais quand je te parle tu aurais retenu que j’ai mes règles (1) depuis aujourd’hui (2) jusqu’à samedi et donc que je me suis organisée en conséquence sans toi, alors arrête de m’appeler pour te rassurer
« oh mais Bébé je n’étais pas le moins du monde inquiet, je te taquinais juste.

Tristan : 20 points/ Carla : double 0

_________________________________________________________
(1) Je suis gentille vous dis je la semaine dernière je l’avais prévenu. Pour la petite histoire Olga était tout à fait choquée que je n’envisage pas de voir Tristan parce que nous ne pouvions pas faire l’amour.
(2) Bon petit tout petit mensonge pour ne pas perdre complètement l’avantage, priez qu’il ne s’ennuie pas et ait l’idée de chercher mon journal sur le net.

A l’avenir rappeler moi d’écouter les conseils de O…

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vendredi 25 avril 2003 à 14h12
Le crâne en compote, et l'esprit en charpi
et voilà que soudain le temps manque cruellement

note pour moi même
  1. de petits mensonges amoureux en prière exaucé, le retour annuel de Nathan.
  1. Quand Alice la et Carla vont en bateau, où comment passer sa soirée sous des voutes
  1. Marie la psy, ou comment j'ai faillit faire une analyse
  1. Quand O. se fait prophète

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vendredi 25 avril 2003 à 14h51
Marie, ah! Marie!
Marie a 34 ans, une jolie brune aux formes voluptueuses, dont elle tente savamment d’amoindrir les effets avec des tenues strictes.

Marie a fait du droit, passé sciences po, puis tout laissé tomber à 27 ans pour faire une grande école de psychanalyse. Depuis elle travaille en institution et envisage de s’installer à son compte en septembre. Elle refuse catégoriquement d’entrer dans les guerres de courants de la société de psychanalyse, se fait régulièrement traiter de traître parce qu’elle préfère les gens aux idées et refusent de couper l’analyse de la réalité.

La première fois que je l’ai rencontré, c’était en tant que patiente. Pas vraiment patiente puisque c'était plutôt une sorte de pré entretien, conseil.

Croyez le ou non, après le premier entretien, elle m’a dit que vu les similitudes de nos histoires et nos accointances, elle préférait m’inviter à prendre un verre sur le champ et me donner une autre adresse pour une thérapie. Il faut dire que nous avions parlé à bâton rompu, une sorte de coup de foudre amical, ce qu’on appelle les affinités électives (1).

Je n’ai pas fait d’analyse mais Marie est devenu une amie. Nous rions encore de cette première rencontre anti-déontologie. Elle n’a plus jamais recommencé ce genre de chose mais il lui arrive encore de demander à ses patientes dans quelle boutique elles ont achetés cette délicieuse robe ou cette paire de chaussures fantastique.

Voilà Marie, que j’ai revu hier et qui me fait toujours du bien, parce qu’elle, elle me prend au sérieux, elle a confiance en moi…et parfois me force bien malgré moi à l’ambition. (2)

Et si je m’autorisais enfin à…

Mais la tout de suite je tente de me remettre de ma soirée avec Alice, l'amie d'enfance retrouvée au debut de ce journal, ma jumelle blonde que j'aime décidement autant sinon plus et mieux que lorsque nous étions enfants....

MON CRANE VA EXPLOSER, je me sens même d'humeur à affirmer que je ne boirais plus jamais un verre de vin de ma vie.

Mais vu que ce soir Balthazar et Gio viennent manger et que demain c'est mon anniversaire, que dimanche c'est salon et que....

je vais finir alcoolique

(1) mes amitiés sont souvent le fruit de ce genre de coup de foudre spécialement pour les filles
(2) il faudrait que je raconte ne serait ce que pour le plaisir de retracer cette séance mémorable ou l’on ne savait plus qui de l’une et de l’autre était l’analyste. Pour la décharge de Marie j’ai été une de ses premières patientes et le cadre institutionnel dans lequel nous nous sommes rencontrées à l’époque , la situation de nos vies et surtout les extraordinaires similitudes de nos histoires ont permis ce fait exceptionnel.
(3) étrangement je n’ai pas osé lui parler de Tristan.

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samedi 26 avril 2003 à 14h08
Il pleut toujours le 26 avril....
Jeudi soir….

Après mon rendez vous avec Marie (1), je retrouve Alice à la BNF. Longtemps que je ne suis pas venue en métro ici. Le quartier change à une allure incroyable, le MK2 faisant fièrement face à la BN de François.

Nous devons nous retrouver sous le pont. Je suis en avance, j’ai couru (2), je suis épuisée (3). Plus de force, plus d’énergie. Je m’assois sur l’estrade d’un kiosque RATP, j’écris, je relis des petits papiers, je tente de mettre de l’ordre dans mon sac. Mais en réalité après 5mn, je rêve eveillée en regardant sans les voir tous ces anonymes qui se pressent à l’entrée du métro. A quelques pas, sur le sol, une grille d’aération diffuse de l’air chaud. Une petite fille (elle doit avoir 7ans) vient se poster au dessus et s’amuse : ses cheveux sont hérissés sur la tête, sa salopette gonflée par l’air chaud la fait ressemblait à un bibendum fragile. Son père l’appelle gentiment « Camille reviens ! ». Elle me sourit, elle s’amuse. Spontanément ou peut être justement connaît elle déjà l’icône, elle adopte la position de Marilyn, les genoux se rejoignent en x, le corps légèrement en avant. Alice arrive avec Damien. Je me lève en pensant aux séductions enfantines, aux légèretés que les adultes ne se permettent plus, et à celles auxquelles ils accèdent visiblement avec l’âge.

Je suis heureuse de voir Alice, de la retrouver encore une fois. Nous ne nous sommes plus vues depuis cette soirée passée ensemble, soirée de retrouvailles qui durée une nuit entière à discuter devant un feu de cheminée. Comme toujours quand il y a des étrangers, en l’occurrence son ami Damien, j’ai peur de ne pas m’entendre avec. D’autant que je suis plutôt d’humeur maussade mollassone

Le concert est aux voûtes www.lesvoutes.org/lieu.htm , juste derrière les frigos http://www.les-frigos.com/ . Nous prenons un verre dans le jardin. C’est agréable, j’aime ce genre de lieu ou tout est simple.

C’est étrange comme ma relation avec Alice est forte, presque amoureuse ou peut être plus qu’amoureuse. Avec Damien tout se passe bien, sans doute parce que c’est un ami à elle. Il est animateur de théâtre pour enfant, fait des courts métrages en super 8, adore rivette et moi aussi.

Première tournée, seconde tournée….xème tournée. Un homme me plaît la bas au fond du jardin, je lui plais, il me regarde, je détourne les yeux. La même, toujours la même. Je sympathise avec le manager du groupe qui est …homosexuel.

Alice et Damien raconte leur désert amoureux, ils m’interrogent, je raconte Tristan.
Alice s’exclame « Tristan xxx ? » je réponds oui je sais ça fait un peu retour du refoulé. Mais non ce n’est pas ça , enfin si aussi « mais je le connais Carla ! il est intervenu à la fac et dans notre asso, putain il est beau ! et c’est passionnant ce qu’il a fait sur la tribu ZZZ ! »

Je propose de lui prêter, elle refuse disant que ce serait incestueux. Je sais, qu’est ce que j’ai voulu me prouver en disant ça ? Nous rions. (5)

Le concert est très chouette, une chanteuse à la présence envoûtante, j’ai assez bu pour laisser mon corps libre de ses mouvements, je danse, elle m’interpelle, je l’interpelle.

« Alice, tu n’as pas honte de moi ?

Alice me caresse mes cheveux. Je suis triste, elle part à Berlin le 7 mai, juste quand nous nous retrouvons (6). J’irai la voir oui j’irai.

Je parle à des inconnus, je fais l’idiote, je me sens bien, vivante jusqu’au moment ou nous nous apercevons que nous sommes tous complètement saouls. Il est deux heures du matin. Un taxi, nous finissons la nuit chez Damien devant ses courts métrages qui auraient mérités selon moi de figurer à la séance d’avant garde de la cinémathèque. Troublant.

Le réveil est douloureux et comme de juste je m’éclipse en catimini en laissant un mot derrière moi après distribution de baisers sur le front.

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(1) la dite Marie m’ayant collé la pression niveau ambition professionnelle
(2) c’est ça de faire l’imbécile sur mon forum
(3) insomnie…
(4) si si il y a encore des gens qui utilisent la poste
(5) c’est curieux les réactions sur ma relation à Tristan : tout le monde prétend rêver d’une relation comme celle là, ou au contraire trouver cela détestable.
(6) Alice a la double nationalité, elle vient d’obtenir une bourse de thèse

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Vendredi Soir

Balthazar et Gio viennent dîner à la maison. J’ai invité aussi Amandine et ma mère. Ma mère parce qu’elle veut partir au Mali et Gio y a vécu. Je veux lui présenter.

La soirée fut franchement pénible mais tout le monde sembla y prendre plaisir. Sauf moi. Je pensais à Tristan (longue conversation tous les deux comme ça pour rien au tel ce matin), à nos discussions à nous, bien plus drôles, bien plus sincères. Je pensais à Alice qui va bientôt partir. Ici le sentiment de participer à quelques mondanités très calibrées. Animatrice de conversation bon ton. J’habite pourtant la rive droite…

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samedi 26 avril 2003 à 18h51
Mes petites crucifixions, lorsque l’enfance me rattrape d’un coup de marteau dans le plexus
« Son travail est passionnant, et il est si discret et à la fois personne ne peut ignorer sa présence… »

C’est Alice qui parle. Un autre Tristan. Elle le trouve beau, sérieux, charismatique et secret. Nous ne parlons pas du même homme. Je connais un peu le Tristan qu’elle décrit parce qu’il est ainsi quand il parle de son travail, des droits de l’homme, de ses livres. Mais elle ne sait rien de celui avec qui je couche visiblement. (1)

« il est beau…hum…Carla, c’est trop injuste !

Nous rions. Oui il est beau. Je lui raconte comme il aime mon corps d’adorable idiote.(2)

Et déjà j’ai peur et déjà je doute. J’aime Alice, je l’aime plus et mieux que lorsque nous étions enfants, je l’ai déjà écrit quelque part. Mais Alice c’est aussi cette grande fille blonde aux yeux bleus, à l’air dégingandée, et brillante. C’est aussi cette enfant avec qui j’ai toujours rivalisée et inversement.

« je te le prête si tu veux !

Et quand je dis cette phrase, je mens absolument. Je ne le supporterais pas, parce qu’Alice est trop proche de moi, et que je l’aime bon sang, plus que Tristan. Parce que je l’aime tant et si bien que je ne m’imagine soudain plus qu’en pâle reflet de cette madone torturée.

« je t’aime Carla, tu es folle, ce serait comme un inceste

Oui c’est vrai. Merci Alice de me rassurer. Je devais te le proposer, une manière d’exorcisme. Me prouver que cela n’a pas d’importance, que l’enfance et ses rivalités sont passées, que je t’aime comme tu es, que tu m’aimes comme je suis, et que rien ne peut nous séparer encore.

Et je sens qu’elle aussi est saisie d’une fragilité soudaine qu’elle tente de rejeter. Elle se souvient que j’ai toujours eu cette facilité avec les autres, avec les hommes, mes petites séductions. Elle, elle paraît hautaine, souvent les gens ne l’aime pas au premier abord, elle les effraie un peu. Les inconnus félicitent souvent mon sourire.

Et toute notre enfance se met en travers de nous. Pas d’elle et moi. Mais tous nos doutes intimes, ceux qui ne nous ont pas quittés et dont l’autre n’est pas responsable mais qu’elle représente. Ce que nous aurions voulu être justement parce que ce n’est pas nous, parce que c’est impossible. Parce qu’au fond nous ne voudrions pas.

Parlerai je d’Alice à Tristan ?

Une soudaine réticence. Et si…. Et si Tristan…et si…et si Alice….
La honte de penser des trucs pareils parce que et même ? et aussi parce que je les aime très différemment et à moindre mesure mais tous les deux.

J’imagine déjà des scénarios sordides dans ma tête. Mon ego se craquèle en tout sens. J’envisage de ne plus jamais revoir Tristan.

Des micros drames qu’on s’invente.

Rien de vraiment poignant, je ne nage pas dans la tragédie. Non tous ses sentiments sont en sourdine et j’ai bien conscience de leur ridicule. Mais la peur s’est immiscé sous la peau, ca y est.

Nous sommes si différentes qu’on pourrait nous aimer toutes les deux.
Trop fragiles ou humaines pour le vivre simplement. Ou ne pas y penser une seule seconde.

En parlerai je à Tristan de cette amie d’enfance avec qui il est en contact professionnel régulièrement ?

C’est alors que j’ai changé de téléphone portable et d’opérateur. Vendredi matin

Des téléphones portables et de l’homme idéal...

Vendredi matin, j’ai changé de portable et du coup d’opérateur ou plutôt le contraire mais cela n’a pas la moindre importance. J’ai naturellement envoyé un message à mon chéri love pour le prévenir du changement. 10 secondes après il appelle

« Carla rien de particulier, je voulais vérifier que ton numéro marchait

Il travaille à une terrasse de café dans le 6ème. Il me demande de mes nouvelles, rit quand je me plains de ne pas lui manquer

« Carla c’est toi qui fait des folies de tes nuits en ce moment, c’est moi qui devrait râler.

Il tient à mon infidélité. Est ce qu’elle le rassure ? est ce qu’elle me rend plus désirable ?

Je ne peux pas m’empêcher de lui parler d’Alice.

« ah la K. ?
« oui nous étions des inséparables enfants
« je te préfère ma chérie

A t il senti ma fragilité ? mon manque de confiance en moi ?

Je lui raconte que j’ai proposé de le prêter mais attention pas de le donner. Il rit, je le fais rire, c’est mon charme à moi, une jolie fille qui ne se prend pas au sérieux.

« Bébé ! t’es impossible ! tu vas ruiner ma réputation d’homme sérieux ! mais enfin demande moi mon avis avant, je ne couche pas avec tout le monde je te l’ai déjà dit !

«de toute façon, elle n’a pas voulu parce qu’elle trouverait ca un peu comme un inceste… mais elle te trouve vraiment beau (3) tu sais et intelligent et sérieux avec ça !

Pourquoi le dire ? oui pourquoi…Non pas pour m’entendre dire « elle ne me plaît pas ». Ce serait trop simple. Non. C’est bien pire. Provoquer les choses soi même pour avoir l’illusion de maîtrise. M’obliger à une sincérité que personne n’exige. Me faire mal. Risquer de me blesser et pouvoir me dire ensuite que je suis la seule responsable.(4)

Mais c’était sans compter sur Tristan qui ne me veut pas autrement que comme je suis.

Parce qu’il n’est pas amoureux de moi, Tristan me donne confiance en moi.

J’espère que dimanche soir, nous mangerons du chocolat.

(1)et c’est quand j’écoute Alice parler de lui que je comprends que Tristan n’exagère pas quand il dit que dans sa vie professionnel il est totalement différent d’avec moi. http://mon.journalintime.com/carla/3657

(2)elle n’en croit pas ses oreilles parce qu’elle, elle m’aime. Elle ne peut pas imaginer qu’on ne puisse pas m’aimer pour ce que je suis à l’intérieur.

(3)Tristan est curieusement persuadé d’être un mec physiquement banal. Expliquez moi pourquoi je tente de le persuader du contraire ? Il ferait des ravages si il en avait conscience et moi j’aurais plus de mal à nous trouver des nuits à deux. Et peut être même qu’il tomberait amoureux et….

(4)Tristan dirait « attention bébé, pathos ! »

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dimanche 27 avril 2003 à 17h15
ellipse du jour
Envies...

Sexe, drogue et Aphex Twin


(l’agitation d’un moineau piépeur)



Désirs...

Triangulaires

( des glycines poussent dans mon ventre)



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Manifeste du dimanche

Je t’aime. Ça n’a pas de sens. Je t’aime. C’est vide de sens. Non je ne t’aime pas comme ça. Je t’aime autrement. Sans un mot d’amour.

L’amour serait cet instant ou tu me prends dans tes bras pour t’endormir, ce geste que tu fais pour me border, cette tendresse jamais acquise, ta patience pour ma fragilité, tes taquineries quand je fais la pomme ou la poire belle Hélène…

Mais si tu as le malheur de ne pas être libre ce soir, je serais non seulement scandalisée, mais malheureuse
et je te detesterais comme la première femme.

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dimanche 27 avril 2003 à 17h17
des relations humaines
Gio à propos d’Agnès, la petite amie de son meilleur ami

« Elle minaude, elle joue la jeune femme fragile devant Marc, mais elle a les dents qui rayent le parquet. Je l’ai déjà vu écraser des adversaires politiques ou des rivaux sans aucun scrupule. Surtout si elle se sent menacée sur son territoire. Elle n’admet aucune ombre…arriviste, opportuniste, impitoyable et pourtant, regarde là jouer la délicate »(1)

Ce genre de fille me glace. La seule fois ou je l’ai vue c’était chez Balthazar. Elle a évité soigneusement mon regard toute la soirée. Jusqu’au moment ou son mec me gonflant passablement sur un détail d’un film antique de woody allen, j’ai affirmé

« si tu le dis, je n’ai aucun problème à avoir tort »

que soudain elle m’a regardé surprise et incrédule et qu’elle a accepté un minimum d’échange.

Dire que je la croyais timide.

Parfois, continuellement en ce moment je me dis que je suis trop naïve. D’ailleurs on me le rappelle souvent. Je suis peut être sans doute trop spontanée.

Je ne veux pas écraser qui que ce soit pour y arriver, ni me servir des autres. Je ne veux pas devoir sans cesse me battre pour une reconnaissance qui n’a pas de sens.
Ni devenir une autre.

(1) on aura compris que Gio n’aime pas Agnès

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dimanche 27 avril 2003 à 17h18
Mon coeur fait boum
et mon papa est le seul à avoir appeler à l'heure exact de ma naissance...

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dimanche 27 avril 2003 à 18h53
orage au mesespoir
Cette petite brute de Tristan est trop fatiguée, mais demain promet il...j'aime droit à un peu de poésie pour ma peine...

J'ai appelé Suzanne. Nous irons ensemble chez Balthazar et comme nous sommes voisines, c'est écrit, nous rentrerons ensemble.

Na.

et en avant et en cadence...

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lundi 28 avril 2003 à 12h02
Des petites habitudes
En vérité j’étais épuisé. Devant mon miroir j’hésitais : irais, irais pas chez Balthazar. Finalement Suzanne me décide puis Suzanne annule (1). Irais, irais pas.

C’est étrange parce que chaque fois que je demande à Tristan de le voir, il se trouve quelque empêchement. Sauf quand je mets la pression (2). Je déteste mettre la pression. Je déteste les rapports hommes femmes.

Irais.
Je prends le métro, trajet infini. Je lis rachilde.

J’arrive avec un bouquet de marguerite.

Ce soir il y a naturellement Robert, Gio, Nathanaëlle (un signe), Nina et Fred. Balthazar n’est pas encore là, il travaille. J’aime bien Nina, c’est une avocate, râleuse professionnelle, mais délicieuse. Le croiriez vous , elle aussi connaît Tristan. Elle non plus n’a pas couché avec. Je me dis que décidément heureusement qu’il ne se rend pas compte de toutes les fans silencieuses qu’il a. Et Balthazar plus tard, lui m’annonce que ces parents sont des amis du grand père. Ciel !
La rive gauche…
Je devrais apprendre à me taire.

La soirée est formidable, légère et personnelle, comme j’aime. Nina et moi rentrons ensemble.
Un dimanche.

(1) Histoire sordide avec un de ses profs de facs, marié et bisexuel.
(2) Genre « allo tristan c’est maintenant ou jamais.

C’est amusant, Tristan a annulé pour ce soir, et j’ai cru lire qu’il me proposait un autre rv. En réalité pas le moins du monde. Il m’annonçait juste que demain sa série de conférence commence et qu’il devait travailler. Il me disait aussi qu’il avait envie de moi (3), une manière je suppose de me dire que je lui manquais. J’en ai assez, oui ce soir, en écrivant enfin ce matin il est 4 heure et je suis un peu saoule, je vous le dis, j’en ai assez. Je veux plus. Nathanaëlle m’a plu, j’ai plu à Nathanaëlle . Il a fait la même école de théâtre que Balthazar. Nina aussi m’a plu et je lui ai plu c’est démontré. Oh et puis flûte !

Je rêve d’un monde simple ou tout le monde assumerait ses désirs sans qu’il s’agisse d’amour.
Voilà.
Na Na Na Na

(3) Je suis trop fatigué, conférence à préparer pour demain mais j’ai envie de ta chair. Mister T.

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lundi 28 avril 2003 à 12h34
Du désir au plaisir il y a un gouffre
C’est curieux les mythes. Mon papa m’a souvent prévenu contre ces hommes qui ne pensent qu’à ça. C’est normal, c’est un papa, les papa disent ce genre de choses.
Seulement moi je l’ai cru.

Et aujourd’hui je peux dire : Papa, tu t’es trompé !

Parce que moi, ces hommes là je ne les attire pas. Je ne parle évidemment pas des types qui vous harcèlent à la sortie du métro. Quoique même eux en général me trouve plutôt sympathique et acceptent mes arguments quand je refuse de donner mon numéro de téléphone. Un sourire aide souvent.

De toute façon, c’est dit je ne parle pas d’eux. Non. Je parle de ces hommes que je croise ici et ailleurs. A qui je plais. Mais à qui il ne viendrait pas à l’idée de coucher avec moi pour une nuit. Non ! NON PERSONNE PARCE QU IL PARAIT QUE JE NE SUIS PAS CE GENRE DE FILLE HORS C EST ABSOLUMENT FAUX (note 1 très importante).

Je ne rêve que de ça. D’un peu de légèreté sexuelle. Oui je sais je sais, j’ai déjà Tristan pour ça. D’accord, d’accord D’ACCORD. Mais Tristan c’est Tristan et Tristan est un homme fatigué. Et puis notre relation devient limite « petit couple » et puis flûte, j’ai le droit d’avoir d’autre désir.

Hier si Nathanaëlle avait osé, j’aurais fini la nuit avec lui. Aussi. Mais Nathanaëlle a préféré me demander si il me verrait dimanche prochain.

Oui j’aurais pu lui « proposer la botte » (3). Mais la modernité feminine a ses limites (4).
Donnez moi d’autres Tristan !
Mince !

Je ne veux plus d’amoureux transis. Je veux des hommes qui m’aiment comme je suis, dans l’instant. Ici et maintenant. (5)




(1) ceci n’est pas une proposition potentielle pour les lecteurs masculins de ce texte. Moi je ne couche pas avec mes lecteurs, question de déontologie. Na.
(2) Non je ne couche pas avec Alice mais je ne largue pas les copines non plus surtout pour un homme
(3) Expression Balthazarienne
(4) Masculine aussi je sais je sais
(5)Petit boudoir dans un salon

« Robert mais qu’est ce qui cloche chez moi bon sang ? ai je l’air aussi nunuche ?
« mais non chérie, tu es une virtuose du flirt
« alors pourquoi ?
« les hétéros sont des cruches qui se targuent de sensibilité, que veux tu que je te dise ! Robert, la voix de la sagesse.

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lundi 28 avril 2003 à 13h04
Journal de 13h
Balthazar m’a offert un livret scolaire pour mon anniversaire.
Ce matin j’ai reçu un courrier d’appréciation sur mon journal. Sévère.

Une femme n’est pas un homme Aphex Twin
Egalité des hommes et des femmes, Marie de Gournay, écrit en 1622
« L’homme et la femme sont tellement uns, que si l’homme est plus que la femme, la femme est plus que l’homme. »

Quand est ce que je serais capable à nouveau de tomber vraiment amoureuse ?

Ou simplement de vivre sereinement tout ça.

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lundi 28 avril 2003 à 17h27
Au sujet de mon journal, l'avis d'un lecteur
Ce matin, un lecteur s'exprime...



"et toi, toute cette effervescence ça te procure des frissons de plaisir : carla, carla, tu......
nous........mènes.........par ............le....................... bout.......................du.........................nez,
et Monsieur sert d'appât (et on est heureux ou malheureux selon que tu dis:
"aujourd'hui, appât" ou bien "aujourd'hui, a pas")..

ceci dit, ton journal est sympa, varié, tu censures assez peu, et on zyeute à loisir..
moi ce que j'aime chez toi, c'est effectivement le côté frondeur, ton impertinence
et ta révolte constamment sur la brèche.. et puis on se croirait souvent en train de lire
gala.. on a droit aux potins, aux popotins des unes et des autres, c'est assez people, ton blog

l'ensemble, journal et forum, fait un tout agréable et assez neuilly-auteuil-passy relooké new age
et chebran façon vuitton-converse..
en revanche, toi, tu me sembles plus intéressante que ce que tu racontes sur Monsieur pour faire
vibrer les foules.
par exemple, j'aime à la folie quand tu dis que c'est super que ton père t'ait téléphoné à la même heure
que celle de ta naissance, là ton émotion est palpable, authentique, spontanée..
tu t'es pas trop cassée le choux pour essayer de nous épater, et moi je préfère ce style.. "

Bon, qui veut m'employer comme chroniqueuse dans un journal feminin pour adolescente?

Ou au courrier du coeur, ça me dirait aussi...

Histoire que je m'offre cette adorable paire de chaussure, que Gucci semble avoir crée spécialement pour ma petite personne

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vendredi 2 mai 2003 à 17h32
Quand Carla fait son cinéma, ou l'on apprend que le principal défaut d'une jeune femme présumée moderne est son goût pour le drame
Quand je dis que j'ai l'art de faire des micros drames...
Quand j'affirme que j'écris comme je vis...
Quand j'évoque ma perpétuelle précipitation...

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Hier encore


Je suis partie deux jours en normandie. Une amie de maman a une maison les pieds quasi dans l'eau. J'ai regardé les flots et écrit sur un grand cahier .

J'avais le vague à l'âme heureux sous la pluie et l'orage, les éclaircis à la lumière somptueuse, les plages si belles ici et les cheveux dans le vent. Ma silhouette prenait des allures romantiques dans mes rêves éveillées.

Seule face à la mer.

Ses marées.

Et puis je suis rentrée. Aucune nouvelle de Tristan, nulle part. Je me suis consolée en me disant qu'il s'était lassé de moi, n'avait pas trouvé le temps ou qu'il manquait singulièrement de délicatesse.
Je me suis répétée que c'était sans doute vexant pour ma petite personne, un coup de griffe sur mon ego mais qu'après tout il valait mieux une petite fille froissée qu'une tumeur maligne et une chimio.
Je me suis dit que peut être il suffisait que je fasse un pas et...

J'ai envoyé un message

« Hola hidalgo, un de ces quatre matins envoie moi un message pour me dire que tout va bien »

Il n'a pas répondu. Et je m'inquiète pour lui. Parce que Tristan est un chic type.

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Aujourd'hui matin

Le téléphone sonne (1), je ne l'entends pas toute suite, puis je décroche avec une voix volontairement morne genre je vous préviens je ne suis pas d'humeur.

« Allo bébé, c'est Tristan »

Et voilà le sourire niais au milieu du marché de la place des fêtes.

« espèce de brute !
« ben Carla, qu'est ce qui t'arrive ?

L'inconséquence masculine.

Il m'arrive chéri love, que tu m'as annoncé une petite tumeur dans ta cervelle et une chimio éventuelle fin avril, il m'arrive que tu ne donnes pas de nouvelles fin avril justement, il m'arrive que j'étais inquiète encore plus pour toi que pour mon petit ego, il m'arrive que...

« Tristan, j'exprime une colère toute féminine ! pas de nouvelles depuis 4 jours !

Il rit, il rit, ça veut dire que je lui ai manqué non ?

« Carla, je t'avais prévenu que je partais à Genève fin avril sauf contre indication médicale, pour la promotion de mon livre ! tu vois tu ne m'écoutes pas non plus ! et puis je te signale que c'est toi la star, super prise, super demandée !

Il me taquine, ça veut dire que je lui ai manqué non ?

« moui, moui, ok, mais non je suis presque libre comme l'air
« presque Carla, presque...bon justement je voulais te parler de ça, tu es libre quand ?

Je sais je devrais lui dire, « jamais », ou faire ma difficile, mais il est trop chou (2)

« ce soir, peut être demain soir mais ce sera difficile et à partir de dimanche je ne suis pas libre pour une semaine
« Carla ! tu es impossible, tu vois!

Je sais, et toi tu es un ange. Quelle importance qu'on se voit ce soir ou dans une semaine. Je suis heureuse que tu ailles bien, et que tu aies envie de me garder encore un peu près de toi. Tu fais parti de mon univers à présent. Un jour sûrement l'un de nous tombera vraiment amoureux et nous ne ferons plus l'amour ensemble, mais j'espère que nous serons alors assez proches pour que le sexe n'ait plus d'importance.

Je vais étonner tout le monde, créer la surprise, JE ME SENS NETTEMENT MIEUX.

Et je promets pour ma pénitence de ralentir le rythme de mes émotions.

N'empêche.

(1) ah merveille de la modernité : mon téléphone portable est nettement plus évolué que moi. Quand je l'ai eu j'étais comme une gamine devant une garde robe complète de Barbie. J'ai du passer une heure à explorer toutes les possibilités de cette petite chose (oui avant j'avais un charmant brontosaure de téléphone. Il était gentil mais hélas il a rendu son tablier après moult maltraitances). Bref j'ai découvert qu'on pouvait mettre une sonnerie différente pour chaque personne. Alors je me suis amusée : pour Olga j'ai choisi « russia », pour Amandine, « pololnaise », pour Balthazar « love motion » etc. Et pour Tristan « song of matador » ! Le hic c'est que je n'en reconnais aucune et que je réponds trop « précipitamment » (ben oui aussi) au lieu de regarder calmement sur le cadran qui est l'auteur du coup de fil.
(2) Souvenir : un soir je lui disais qu'avec une certaine expression sur le visage, il avait l'air vraiment macho macho. « C'est vrai ? j'adore, ça c'est un compliment » (il était sérieux). Je me demande si le qualificatif de chou ne le vexerait pas.

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samedi 3 mai 2003 à 14h09
Aphorisme de Wilde, ou comment une jeune femme succombe bêtement à ses instincts romantiques
Je me sens toute chose. Mélancolique et aérienne. Une belle nuit avec Tristan.

J’ai d’abord retrouvé Olga vers 19h, chez elle. Elle m’a montré son dernier court métrage. Des scènes vraiment belle, en noir et blanc, elle use avec brio de la surexposition. Images somptueuses pour certaines

Nous allons prendre un verre dans le 18ème, le rêve est fermé, nous nous replions sur un des bars du coin. Au comptoir un peu saoules, nous nous retrouvons en riant. Tristan appelle.

« Carla, pour ce soir , je ne sais pas , je vais au ciné avec des potes et….
« Tristan non, décide toi maintenant, tard pour moi pas de problème mais si tu n’es pas libre, je vais danser au Pulp

Comme quoi les petites menaces marchent, il se décide, propose même de me payer le taxi. Je me moque un peu de lui, j’aime nos échanges.

Olga doit rejoindre Felix, je rentre en attendant le coup de fil de Tristan qui devrait s’annoncer vers minuit. Et effectivement vers minuit

« Carla dépêche toi, dépêche toi »

Il me met tant et si bien dans le stress que j’oublie portable agenda et donc code de chez lui. Je suis obligée de faire l’idiote dans un bar en bas de chez lui pour pouvoir passer un coup de fil, après recherche dans un annuaire (ça existe encore !) il ne répond que la troisième fois.

« mais je ne voulais pas te stresser chérie, juste que tu ne traînes pas trop »

N’empêche, j’ai couru comme toujours.

Nous nous retrouvons. Enfin.

Il se livre de plus en plus, et mon regard s’aiguise. Il sent forcément que je suis différente. C’est ce que je crois parfois et puis d’autres, je m’aperçois que je ne suis sûrement qu’une fille parmi…C’est ce que je souhaitais (1). Je ne suis plus sûre de le vouloir encore.

J’ai envie de le rendre heureux, de le rendre à lui même, l’entendre encore ronronner, le voir sourire et rire, l’émouvoir, l’écouter me dire que je suis petite et adorable.

Cette histoire finira par me blesser.

Il me raconte qu’il n’est pas satisfait, que l’amour lui manque, qu’il ne se souvient plus de ce que c’est que d’attendre fébrilement dans un bar, la venue d’une femme.

Un homme qui avoue ses fragilités, qui réclame le bonheur me rend toujours...

Il me parle d’elle, sa grande histoire, de combien il la désire encore, que leur histoire était avant tout sexuelle. Je ne suis pas jalouse, mais triste. J’essaye de ne pas le montrer, je tente de ne pas l’interrompre.

« et lui comment est il ?
« qui lui ?
« celui avec qui tu passes tes nuits sans moi

Je n’aime pas parler de moi (ne riez pas), il s’en rend compte tout d’un coup : il ne sait rien. Il veut savoir quel petit nom l’autre me donne, ce que c’est qu’une relation passionnée. J’esquive. Il demande si lui aussi peut m’appeler par mon petit nom secret. Si tu le trouves Tristan, oui.

« j’ai un instinct de propriété avec toi Carla.

Il insiste en riant sur mon mysterieux amant, sans savoir que le dit amant n’arrive que cette semaine. Alors je porte le coup fatal qui le fera taire

« Tristan, si je te dis que c'est un superbe afro américain ?

Il se tait cette fois. Le complexe du petit blanc quand on annonce qu’on couche avec un noir.

Pourtant ce soir nous faisons l’amour comme jamais. Peut être parce que j’ai vraiment eu peur pour lui, peut être parce qu’il m’a touchée en admettant qu’il n’est pas si heureux, peut être parce que j’accepte de lui appartenir un peu plus.

Il m’appelle « mon ange » à présent.

Je laisse mon corps aller contre le sien. Je suis en train de tomber amoureuse de cet homme. Et je ne veux pas. Parce qu’il me fera forcément souffrir. Je ne suis pas faite pour lui.

A l’aube, il s’endort contre moi, j’ai du mal à respirer. Je pleure doucement. Je voudrais le prendre dans mes bras, sa tête sur ma poitrine, je voudrais caresser ses cheveux en regardant le jour se lever par le velux au dessus du lit. Lui chuchoter je t’aime, je prendrais soin de toi, je te rendrai heureux.

Je me tais. Et je sais que je ne téléphonerai plus. Je n’irais plus chez lui. A présent il devra lutter pour m’avoir.

Il ne le fera pas.
C’était une belle nuit.
Demain j’aurais sûrement changé d’avis.

(1) « quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières »

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dimanche 4 mai 2003 à 16h02
En attendant
J’ai mis une robe blanche. Elle ressemble à une robe de mariée, d’un blanc presque diaphane, faite de voiles legesr qui recouvrent un tissu plus lourd. Tu ne la connais pas. Je ne l’ai jamais mise pour toi.

Pourquoi ?

J’ai aussi mis des sandales toutes blanches et plates mais ma robe les recouvre. Il y a un peu de vent sur les bords du fleuve et ma silhouette paraît virevolter. Je pense à Ophélie, je ne me noierais pas aujourd’hui pourtant.

Pourquoi ?

Tu es incapable d’amour et c’est sûrement pour cela que je t’aime. C’est si douloureux, je zigzague sur les quais. Les rares passants m’observent, certains sourient, ou murmurent. J’aime tant Paris le dimanche matin

J’aime tant de...

J’ai acheté du lilas au marché que je porte dans mes bras comme un nourrisson qui ne sait pas encore tenir sa tête. Je ne sais pas ou je vais. Menteuse. Je suis déjà à ta porte. J’ai monté les escaliers tout doucement pour ne pas que des voisins me surprennent. Avec les fleurs mauves il y a un petit mot. Je dépose mon présent et je repars en dévalant les escaliers. Je tiens mes jupons entre mes doigts, relevés. Le sourire sur mes lèvres.

Je porte une clef autour du cou, une robe sur ma peau, un tatouage dans le creux de mes omoplates, une jarretière. Une seule. C’est suffisant. Je m’invente un rêve vivant. Tant pis si je ressemble à un fantôme excentrique.

Maintenant il n’y a plus rien à faire, maintenant je peux pleurer comme une enfant blessée. Je traverse le Luxembourg, croise un vieux professeur qui se demande si il me reconnaît. Je lui fais une œillade, je ris, je pleure, et si j’allais à l’église ?

Non je n’aime pas les églises. Je prefère l’austérité des temples pour les malheurs. Je vais marcher jusque chez un autre homme qui m’aimera si il est là. Il y sera, je l’ai prévenu.

Paul somnole, je le réveille. Qu’est ce que je fais ici ? je reviens de chez un amant infidèle, il faut croire que j’aime les hommes qui sont au sud de la Seine plus que les autres. Paul sourit, je suis dans ses bras, je m’agrippe. Il caresse ma nuque, m’appelle son lionceau, me propose un thé. Je n’aurais jamais du quitter Paul. Mais il me pardonne tout. Et je ne veux pas.

Je lui raconte quelle idiote je suis, il connaît l’histoire par cœur. Je lui dis aussi que Nathan arrive aujourd’hui de Londres ou il était chez sa sœur. Entre deux sanglots étouffés je lui demande de m’expliquer comment on reconnaît une amoureuse. Parce qu’elle pleure pour des bêtises. Ah très bien. Alors j’ai mes chances.

Comment font les autres ? comment font les autres pour s’aimer ? et puis flûte je ne veux aimer personne ah ça non, je vous le dis, je vous le crie, nul. D’abord je couche avec qui je veux et si je préfère le sexe à la fausse tendresse, la liberté à l’amour, l’anonymat des corps au désir d’un seul être, pourquoi toujours devoir s’aimer…

Moral ridicule. Je suis joueuse, je veux jouer, grandir à quoi bon, pour se prendre au sérieux, avoir l’air raisonnable alors qu’à l’intérieur ça bouillonne, ça fait des bulles, ou de la lave ? Plus tard, quand je serais vieille, je me résignerai, c’est promis.

J’éclate, je me répands en larmes, je fais les cents pas et Paul inquiet m’observe assis dans son vieux canapé. Paul, tu te rappelles d’Antigone ?

Et puis moi.

Je me fous des hommes, je ne les aime pas, ils manquent de passion et de légèreté, ils manquent de tout et d’imagination. Où sont passés mes héros ? inventez moi un royaume ! mon âme contre un monde de sentiments.

Je veux rire et braver, transgresser et distribuer du bonheur, pleurer de joie parce que c’est bon d’être vivante, faire l’amour dans des endroits improbables, jusqu’à épuisement du désir.

Je veux un homme à la hauteur de mes rêves les plus fous et tant pis si il n’existe pas, j’écumerai à présent chaque corps qui me sera plaisant, chaque lieu qui paraîtra obscure, chaque être que le souhaitera assez fort. J’oublierai l’instant passé, je serais simultanée.

J’entre en guerre, en campagne, je deviens croisée, errante.

Essoufflée, je m’arrête. Paul m’invite à m’asseoir. Je m’installe à ses pieds, je pleure encore mais doucement sur ses genoux. Quand j’ai fini, nous sortons nous promener. Nous rentrons chez moi à pied. Il a la délicatesse de me laisser seule devant ma porte. C’est bon d’être à la maison. Je me sens apaisée.

Qu’est ce qui me prend ? Pour dire la vérité, trop de choses à la fois.

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lundi 5 mai 2003 à 11h05
Du pourquoi du comment au parce que si ce n'est puisque
Tout a commencé à cause d’un homme. Oui vous me direz c’est absolument logique. Ça c’est toujours passé comme ça : d’abord on a piqué la côte du pauvre Adam, ce n’est qu’ensuite qu’on a croqué la pomme.

L’homme en question était un chic type. Du moins l’imaginais je et peut être bien que j’avais raison. Il s’appelait Amaury, un jeune libraire passionné qui n’aurait sans doute pas pu survivre plus de 5 minutes sans le dernier catalogue des éditions du P.O.L ou celle de José Corti. Autant dire un intello.
Nous nous étions rencontrés par hasard et c’est aussi par hasard que j’étais tombé amoureuse. Ou peut être bien par inadvertance. Sa délicatesse d’enfant asthmatique, son goût des mots rares et des phrases que d’aucun qualifierait biscornues, son amour des livres et des musiques expérimentales m’avaient séduite bien plus que son physique légèrement souffreteux. Avec lui j’apprenais, je découvrais et sous son regard, j’en suis certaine, j’embellissais.

« Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle »

Ce qu’on appelle communément amour n’est souvent que cela. J’étais sa muse, son œuvre vivante, sa Nadja, un peu moins folle, un peu moins dramatique.

Seulement voilà, au fond, et même en surface je savais que je ne l’aimerai jamais assez.
Assez pour rester.

Trop belle pour toi.

Alors j’ai commencé ce journal. Une infidélité puisqu’il ne le savait pas. Une manière déjà de le quitter un peu, de raconter ailleurs, de ne plus partager.

Et dès les premiers mots, j’ai entamé mon départ.
Quelques jours plus tard, après une dispute, j’ai disparu. Au profit d’un autre homme.

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En réalité et j’en suis intimement convaincue, les histoires d’amour qui se passent mal cachent toujours d’autres angoisses plus profondes. Ma vie changeait, je faisais des choix que je n’étais pas certaine d’assumer. D’une vie réglée, d’un statut social assuré je passais au néant de l’incertitude. J’avais besoin de me retrouver, de me redécouvrir et Amaury était là comme un souvenir d’une vie passée. Il exigeait de l’engagement alors même que j’avais besoin d’être libre pour me construire autrement. La relation me pesait.

Et puis, il faut voir les choses en face : je suis une amoureuse née. J’aime les premiers instants, la force d’une première fois, je ne le soulignerai jamais assez. Les affres du doute, les séductions originelles. Au début, il s’agit de composer ensemble une mélodie. Plus tard, il n’est plus question que de répétition. Variation sur un même thème.

C’est là que naît mon infidélité : dans la répétition, les certitudes. Le quotidien est une forme de mort. On ne s’extasie plus des petits riens qui nous entourent, on ne reste plus rêveur devant une fleur qui s’ouvre. On s’habitue. L’amour de l’autre devient une évidence. Et l’évidence me paraît toujours suspecte.

Je faisais l’amour avec lui pour ne pas le blesser, je n’en avais plus vraiment envie. Sélian a très bien décrit le sentiment qui s’emparait de moi dans une de ses nouvelles, « la poursuite ». Amaury rêvait d’une femme à lui moi je rêvais d’aventure de flibustiers.

l’amour de l’autre ou la liberté ?

J’avais soudain envie de profiter de ma jeunesse, de ses promesses, d’abuser de tout, souffrir si il le faut. Risquer un peu ma peau. Si je ne le faisais pas maintenant ? quand ? quand donc le ferais je ?

Parce qu’en vérité, l’amour pour moi est la meilleure des fuites. Aimer un homme c’est s’oublier, ou du moins ne plus penser à ce que je suis à ce que j’aime. N’être que pour l’autre est tellement plus simple qu’être en soi. Rassurant.

Soudain je n’avais plus peur, ou disons que je n’avais plus envie d’avoir peur, de vivre dans la crainte de me tromper, de ne pas être à la hauteur. Soudain je voulais braver mes réticences et tant pis si je tombe et tant pis si ça fait mal. Soudain je voulais partir, comme un pirate, à l’abordage de ma vie. C’est idiot cette image mais c’était mon sentiment.

Tristan ? qu’est ce que vient faire Tristan dans cette histoire ?

Tristan est un hasard heureux. Il était là au bon moment. Tristan a été mon premier acte de rébellion contre le carcan des mes peurs. Coucher avec un inconnu. Céder à mon désir sans autre forme de procès.

Evidemment pour les bonnes âmes cela peut paraître vain. Et sans doute que ça l’est. Mais à 27 ans, je n’avais jamais fait l’amour que par amour, avec du sentiment. Non pas parce que j’ai besoin de sentiment. Ou plutôt si : besoin de sentiment de la part de l’autre parce que je n’ai pas confiance en moi.
Je suis d’accord pour dire que je suis jolie et encore une fois cela dépend des goûts. Mais il y a en moi, profondément inscrite, la conviction que je ne suis pas assez. Pas assez quoi, on ne saura jamais. Mais pas assez. Or l’amour de l’autre me rassure, me permet de vivre mes désirs sans peur. En m’acceptant l’autre m’autorise à vivre mes émotions.
Mais c’est une situation forcément fausse, puisqu’on vit dans la peur d’être découverte comme nous sommes, cad « pas assez ». Ou bien on finit par se dire que si il nous aime c’est qu’il est stupide, qu’il ne voit rien à nos manquements. Et on finit par le mépriser.

Coucher avec Tristan était une manière de briser ce cercle. N’étant pas amoureux, n’attendant rien de moi, il ne pouvait pas se tromper, projeter, s’illusionner. Je voulais découvrir ce que je serais pour un homme, en dehors de l’amour.

C’était aussi une manière de quitter définitivement Amaury, puisque je suis incapable de partir. Souvent mes relations durent simplement parce que je n’ai pas le courage d’y mettre fin. Introduire un autre homme permet de consumer une rupture. Dans ma tête.

_____________________________________

Je m’attache facilement aux êtres, aux choses, aux objets. Je m’en détache difficilement mais une fois que j’ai brisé le lien, je ne me retourne pas.

Tristan a tout de suite pris une place importante dans ma vie, moins importante que d’autres, c’est vrai. Mais avec lui…Comment l’expliquer ? Le désir s’est presque immédiatement exprimé et du coup est devenu secondaire. Non pas moins fort mais toutes les étapes logiques d’une relation ont été brûlées. Nous avons commencé par la fin.

Pourtant d’habitude , j’ai du mal à me laisser approcher, toucher. J’ai envie mais je suis tétanisée par le désir de l’autre et la peur de décevoir ce désir parce que mon corps est imparfait, parce que je le voudrais idéal pour celui à qui je l’offre.

Seulement voilà, cet homme là me plaisait et il ne m’aimait pas. Si je le décevais, cela n’avait pas grande importance. Et je voulais briser mes chaînes interieures.

Alors avec son aide et celle de mon envie j’ai fait violence à ce corps trop craintif pour assumer ses pulsions les plus terriennes.

J’ai d’abord été déçu. Physiquement. J’imaginais que le plaisir sans amour se décuplait. Ce n’était pas le cas. Le sexe avait été fort agréable mais il manquait l’essentiel, peut être le plaisir éprouver à céder, ou celui de l’attente ou…

_________________________________________________________________.

Mais j’apprenais autre chose : la progression.

Oui parce que Tristan me l’avait dit dès le début : le sexe seul l’interessait, le passionnait, mais il ne recherchait pas des relations d’une nuit. Parce qu’il le savait d’experience, plus les partenaires se connaissent, plus ils font l’amour, meilleur c’est. C’est comme le reste disait il, le corps de l’autre s’apprend.

Ce n’était pas nouveau pour moi. Mais dans le type de relation que nous entamions c’était une donnée essentielle. Le sexe devait être meilleur et meilleur chaque fois.

Or pour moi le sexe a toujours été secondaire et que mes amoureux soient de piètres amants n’avait pas la moindre importance puisque je les aimais, puisque je m’offrais à eux. L’important était le désir, l’instant partagé. (rétrospectivement combien de bons amants ai je eu ? très peu)

Dans cette nouvelle relation, j’apprenais à découvrir un homme par le sexe. Le sexe devenait donc le centre, l’objet et je me sentais tout d’un coup très inexpérimenté. Et Tristan tout doucement, gentiment, tendrement, m’expliquait, comment faire, comment faire l’amour, tout simplement. Je me souviens d’un cours qu’il me fit sur la fellation assez drôle, travaux pratiques qu’aucun de mes amoureux n’avaient jamais osé me faire, des positions excentriques qu’il me fit découvrir, et je bénis ma souplesse et de ces instants ou lui disant qu’ici j’avais mal il s’arrêtait immédiatement pour me prendre dans ses bras, et alors que je m’excusais, il répétait bébé, non, n’hésite jamais à le dire, le plaisir seul n’a pas d’intérêt.

Il me demandait aussi ce que moi je voulais, désirais et devant mes silences aux allures virginales ou mes réticences face à des préliminaires qui me paraissent toujours plus intime qu’une pénétration, il n’insistait pas. Mais il était attentif à mon plaisir et sans un mot, il cherchait mes préférences. Une conquête à l’envers où par sa patience et sa sollicitude, il me permettait de m’épanouir doucement, de vivre mon corps pleinement.

________________________________

En commençant par le sexe, pourtant, c’était comme si nous annulions le but.

Parce que au fond, dans toute relation , la séduction n’a pour but que l’union sexuelle. Si, si. Même quand on s’aime, c’est l’ultime objectif de la parade amoureuse. Une fois l’amour consommé, il ne s’agit encore une fois que de répéter l’acte, le plus difficile étant de maintenir la force du désir.

Avec Tristan nous avions débuté là. C’était comme de supprimer l’ issue, la rendre caduc. Le désir étant assouvi, renouvelé et nécessaire au genre de relation qui nous unissait, le temps n’avait plus d’importance. Ma précipitation naturelle était envoyée aux oubliettes. Il me désirait. Rester à apprendre à nous aimer.

Je ne sais pas si c’est clair. Sûrement non.

.

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mardi 6 mai 2003 à 16h21
"je" croisés
Je ris dans ma cap en pensant à cet éternel et ennuyeux débat : « peut on tout dire ? »
Oui parce que forcément quand vous passez la soirée avec 3 diaristes vous vous demandez jusqu’à quel point vous pourrez tout dire le lendemain sur votre journal.

Hum testons mes limites…J’ai déjà lu le texte de Capucine sur le sujet, celui de Théo pas encore Sophie. (1)

Bien. Si j’arrêtais de tourner autour du pot de miel ? Voilà ma version à moi d’une soirée très….

Bonnet d’âne pour Carla ou comment j’ai rencontré 3 diaristes.

18h il pleut et je traverse le Luxembourg pour me rendre chez Amandine et Julien. Nous goûtons tous les trois en écoutant le disque d’alpha que j’ai ramené. Je leur raconte l’étrange aventure de mon journal et du rendez vous de ce soir : une rencontre de diaristes avec pour prétexte un concert de Vincent Delerm (2). J’ai besoin de me donner du courage pour ne pas tout laisser tomber et débarquer comme une fleur d’oranger chez mon amoureux. Amandine me pose plein de questions, elle est aussi fascinée que moi par cette idée des journaux en ligne.

Finalement je me décide à partir sans aucune idée de l’endroit ou je vais. Pont de Neuilly ? Voilà un quartier que je ne fréquente guère, il faut bien l’admettre, que je ne connais carrément pas. Allons courage !

Ligne 4
Ligne 1

Je suis en retard, je suis la dernière, je courre sous la pluie et je me demande pourquoi je me débrouille toujours pour me retrouver dans ce genre de situation, à la limite horaire.

J’arrive enfin, je ne les reconnais pas mais 2 filles, un garçon devant le théâtre, bingo c’est eux.

Mais qu’est ce que je fais là ?

Je me sens tout de suite en décalage. Ils ont l’air profondément gentil et à l’opposé de ma planète. Je voudrais avoir la mine intelligente mais sincèrement je n’y arrive pas. D’autant que la discussion porte sur les différents journaux qui existent et que je n’en connais aucun ou presque. Honte sur moi !

Je les écoute et je me sens vraiment gourde. Mon journal est stricto senso mon journal. Un peu comme Sélian, j’écris ce dont j’aimerais me souvenir plus tard, j’écris ce qui est en trop, j’écris des instants de vie comme un album photo que je feuilleterai un jour en riant. Je pense à l’interpénétration entre mon écriture et ma vie, à l’intimité qui les unit, aux raisons qui me poussent à écrire (3)…Je me sens loin de la discussion qui se tient, je ne m’y reconnais pas.

Pourtant ils sont sympas, agréables tout ce qu’on veut pour passer une soirée plaisante. Mais ils restent des inconnus. Et je me fais l’effet d’un cheveux sur la soupe.

Le concert commence. Delerm est si parfaitement politiquement correct, fin d’adolescence mélancolique que je suis obligée de penser encore une fois à Tristan. Ils se ressemblent d’une certaine manière, sage et charmant, mais distant (4). Je me demande si Delerm est aussi différent que mon amoureux, dans l’intimité. L’idée m’amuse. Il a l’air réservé, un peu ennuyé. Vraiment comme Tristan quand il se retrouve dans une soirée de son éditeur. Le public est à l’image de ses chansons : tous les âges, tous très sages. Un moment agréable, des sourires, et le sentiment si fort que j’ai quitté ce monde là, le monde dont il parle. Je me sens lointaine mais pas nostalgique.

Fin du concert. Je rallume mon portable qui avait eu le mauvais goût de sonner pendant le récital. Des messages en veux tu en voilà, je vais finir par croire que je suis une super star. Tristan a appelé « bébé j’ai un copain à la maison qui vient de se faire virer par sa femme ». (5)Je le rappelle, je me moque un peu de lui « Tristan tu vas me le faire combien de fois ce coup là ? ». C’est mieux comme ça, je me voyais mal planter là les autres diaristes sous prétexte amoureux.

« allons manger « lance capucine.

Voilà. Nous mangeons. Nous parlons. La situation me paraît fausse ou faussée. Je n’ai strictement rien à dire sur le thème qui nous occupe. Un journal ? oui un journal ? Moi je pense justement à arrêter le mien parce que j’ai du mal à assumer les retours. Surtout les retours masculins. Comme dans la vie. Etre lu, faire lire son intime, c’est définitivement ambigu et cela soulève tout un tas de questions en moi. Mais personne n’y répondra ce soir.

Comme toujours aussi je me sens plus à l’aise avec l’homme de la soirée, Théo qu’avec les filles, Capucine et Sophie. Peut être que je me trompe mais j’ai le sentiment qu’il saisit ma fragilité. Je crois que Sophie lui plaît et je tente de les imaginer ensemble. Il a l’air sensible et délicat. Comme ses messages sur les forums. Il est en retrait, il nous laisse la place libre (6). C’est amusant parce que je l’imaginais bien plus dans la séduction mais c’est la compréhension qui l’intéresse. Je me sens à l’aise avec lui, dans une bonne distance.

Entre Capucine et Sophie, on sent les affinités. C’est joli à voir et décidément je me sens en trop. Pas par leur comportement, non pas du tout, elles sont gentilles, Sophie a même un air de fragilité douce relayé par ses traits fins, quant à Capucine on dirait qu’elle se sent un peu frustrée par moment.

Pourquoi je n’arrive pas à être simplement présente ?
Peut être parce que je ne suis pas d’ici, même si j’aimerais en être.

Le dîner s’achève, Théo propose de raccompagner l’une d’entre nous et ni une ni deux je m’impose comme une brute. La vraie peste détestable. Cependant j’ai une excuse : j’adore rouler à deux roues la nuit dans Paris. Théo me prévient : il pleut, je vais avoir froid. Moi au contraire j’adore, la pluie qui fouette le visage, le froid qui pénètre la peau et la promesse d’un feu de bois quand je serais à la maison.
Le trajet est un vrai plaisir (pour moi). J’hésite à proposer à Théo de prendre un dernier verre, je ne veux pas qu’il se sente acculer par la bête féroce qui est en moi, qu’il s’imagine quoique ce soit. Oh et puis flûte, ne faisons pas offense à son intelligence, je l’invite en tout bien tout honneur. Il est fatigué, il veut rentrer, je n’insiste pas trop mais je trouve ça dommage : moi j’ai encore envie de parler, je n’ai pas sommeil et j’ai un canapé dans le salon. Il me dépose devant chez moi et je sais que j’aimerais le revoir, non pas pour le draguer, on se calme dans les chaumières mais parce qu’il est sympa et intéressant. Et pas dragueur pour deux sou. Certains devraient en prendre de la graine.

Une soirée. Merci à Capucine.

(1)Je suis forcée en les lisant de me souvenir d’une lettre de O. « Le Forum, tu fais abstraction de ceux qui te lisent
en leur répondant certes, mais en n’organisant pas de
rendez-vous de diaristes. Il y a une frontière à ne
pas dépasser, sauf à être bien armé et pouvoir ensuite

(2) Quand j’écoute Delerm j’ai la sensation que nous étions au lycée ensemble, Amandine et Julien aussi.

(3)Je sens que je vais écrire un long texte sur le sujet…

(4)Naturellement Tristan est plus beau ! et plus grand….

(5)Nous avions eu une discussion à ce sujet la dernière fois. Je lui racontais mon horreur des sorties avec des couples, et il me disait lui itou mais que chez lui c’était plutôt la caverne d’ali baba pour les copains mariés « chez moi pas de femmes pour les engueuler, un peu de drogue, des jeux vidéos, des dvds, la vie de garçon…ils viennent se ressourcer ici ». J’avais bien ri mais trouvé ça sympa. J’aime l’imaginer ainsi, en ami fidèle.

(6)Même si il prétend le contraire dans le forum de Capucine

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mardi 6 mai 2003 à 19h28
Eclatement neuronal, des notes en veux tu en voilà
J’ai enfin acheté le dernier album de Blur. Balade dans le quartier latin.

Tout va bien, la vie est belle,
je sais ou je vais,
je sais ce que je veux.

Pourtant ça tourbillonne dans ma tête.

Ecrire, toujours écrire même quand on pense…

Je pense justement à ce que disait Théo hier au sujet du vampirisme que nous représentions pour nos proches . Ceux qui nous entourent, ceux sur qui nous écrivons (1). Les dangers pour eux, pour nous mais aussi pour la relation. (2)

Cette question comme le ressac : Ecrire en ligne sur les autres, sur ce qu’ils confient d’eux, n’est ce pas les trahir un peu ?

Du je au tu au il au nous au vous pour finir ils.

Je me la suis souvent posée cette question. Surtout quand j’écrivais sur des amis si proches qu’Olga, Amandine ou Balthazar. (3)

Pour me rassurer, me donner bonne conscience (4), J’ai d’abord commencé par demander des autorisations :

« dis je pourrais écrire quelque chose la dessus ? » question vague (5) si il en est (6)
« oui si tu veux aucun problème » réponse franche et massive d’amis confiants


Mais même avec l’accord formel des sujets, l’idée me mettait pourtant mal à l’aise : après tout, c’était me servir de leur vie comme d’un matériel. (7)

Et des amis ne sont pas des faits divers, des inconnus croisés un soir de dérive, des potins ramenaient de chez la boulangère.

Alors un jour, pour mettre fin au dilemme les concernant (cool.gif j’ai tout avouer (9). Pour amandine j’ai carrément imprimé mon journal (10) . A Olga j’ai indiqué ou je parlais d’elle (11). J’étais fébrile quant à leur réaction. Non pas leur jugement sur la qualité de mon journal. (12) Mais allaient elles bien prendre ce que je disais d’elle ? que je les aime comme elles sont même si je me moque d’elle et de moi même ? (13)

La réponse fut un Oui. (14)

.
Je me sentais la conscience plus légère après. (15) : si mes meilleurs amies n’avaient aucun problème à ce que je me serve de leurs histoires dans mon journal, pourquoi les autres râleraient ?

_________________

(1) Mais d’un autre côté c’est souvent un équilibre difficile qu’une relation. Avec ou sans écritur, il y a toujours ce risque de se faire dévorer lentement par l’autre ou vice versa. On ne m’ôtera pas de l’idée que l’amour est non seulement carnivore mais aussi cannibale.

(2) J’ai cette image de Prométhée enchaîné dans la tête. Parfois j’ai cette sensation d’être un vautour qui picore le foie des gens qui m’entourent

(3) Après tout je ne violais plus seulement mon intimité, mais la notre.

(4) Et puis c’est vrai, pour le petit frisson, le minuscule risque de se dévoiler sous un autre jour. L’instant d’incertitude « que va t elle dire ? va t elle m’aimer encore ? encore un peu plus ? ou me détester ? me trouver complètement folle ? ou stupidement sotte ? ». La petite peur dans le ventre qui rend légère, si légère que l’instant semble réellement se suspendre à des lèvres inconnues (ça y est je m’emporte !).


(5) d’autant plus vague que l’écriture n’est pas une science exact, malgré nos dictionnaires nous ne lisons jamais les mêmes mots. Ni les mêmes moments voir la soirée à 4 des diaristes

(6) A Tristan aussi j’ai demandé et même plus j’ai raconté ce que j’écrivais ( pas mes délires amoureux, non sur lui, sur ma vision de lui, sur ce que je racontais de lui pas sur mes sentiments). Il m’a donné toute latitude, peut être un peu trop légèrement je vous l’accorde. Mais il est grand après tout !

(7) je pense à ce film de woody allen, pas le meilleur mais qui est en plein dans le sujet. Un écrivain fait ses succès en racontant toutes les histoires de ses copains , de ses femmes, sans ce soucier de leur nuire. Ils dévoilent les infidélités, les siennes comprises, tous les petits travers sordides , règlent ses comptes à coup de phrases littéraires mais assassines. Et divorce dès qu’il publie un livre.

(cool.gif Ecrire ou ne pas écrire ?

(9) A Balthazar je n’ai pas encore osé donner le lien. Je ne lui ai même pas parlé du journal. C’est peut être un petite trahison mais…j’ai envie de garder ce secret. (et la aussi je pourrais m’interroger sur le pourquoi mais je n’en peux plus à se rythme je vais m’auto psychanalyser). Mais jusqu’ici je n’ai revelé que tres peu de choses sur Balthazar.

(10) Elle est trop nulle pour internet

(11) Elle est pourtant tout aussi nulle concernant internet.

(12) C’est un journal, un journal que j’écris comme une adolescente, au coup de cœur, sans souci de cohésion. Un confident imaginaire et idéal. Un lieu de liberté totale de la parole, du jeu du plaisir de la détresse. Voilà comment je suis, aime moi malgré tout.

(13) La dérision sur soi est plus facile puisque contrôlée

(14) Elles ont lu et elles ont compris, elles ont même aimés. Parce qu’au fond elles savent qu’elles sont aussi un peu ça mais pas seulement. Elles ont même été un peu grave quand je leur ai demandé si elles avaient aimés, comme si j’avais mis l’accent sur un secret qui leur pèse et que du coup il avait été un peu moins lourd à porter.

(15) même si je ne suis pas dupe de l’hypocrisie de mon procédé, puisque ça ne clôt absolument pas le débat

_____________________________________

Petit aparté sur mon don qui chotte

Pour Tristan la logique (ou son absence) a été globalement la même que pour Olga et Amandine. (1)

Je lui ai avoué l’existence de mon journal :

Par bonne conscience vu que je révélais une bonne partie de notre intimité, la moindre des choses étaient de le lui dire. (2)

Pour le petit frisson aussi. (3)

Mais de ce côté là je limitais mes risques : Paresse naturelle de Tristan (4), mémoire douteuse et surtout l’homme n’aime pas lire. (5)

l’épée de damoclès, éros et thanatos et puis….

Où l’on découvre une femme calcultrice…



Je l’ai déjà dit je rêve d’un don quichotte à moi, qui braverait tous les obstacles pour mes beaux yeux énamourés.

En lui donnant cette adresse, certes je prends le risque qu’il le prenne mal ou pire la poudre d’escampette. Mais n’est ce pas une merveilleuse épreuve du feu ?

Parce que ce journal c’est moi aussi (6). Et j’ai envie de croire qu’il sait comment "je" est (7).

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(1) Même si l’enjeu est forcément différent

(2) De ce point de vue d’ailleurs il a eu une conduite exemplaire : l’idée qu’on écrive sur lui le flatte absolument et mes idioties le font rire

(3) Après tout je n’étais du le moins du monde certaine de la manière dont il pourrait bien réagir à tout ça.

(4) En ce qui concerne la vie privée

(5) « la littérature et moi c’est fini » c’était une nuit, une de mes préférés, celle ou nous avons été les plus proches, les plus heureux. Il s’était écrié ça, nu derrière son comptoir américain. Moi j’étais perché sur un des tabourets, nue aussi, je riais de sa grandiloquence. Ce soir là nous nous étions retrouvé tôt, pour dîner ensemble mais finalement nous avions préféré faire l’amour d’abord. Ensuite nous nous étions levés affamés et c’est là que côté cuisine qu’l eut cette phrase mémorable. (Une autre fois, une belle nuit aussi,il m’avait regardé avec tendresse et dit « ça j’adore, avec toi, il suffit de dire un mot et te voilà partie dans une histoire )

(6) Plusieurs fois j’ai faillit lui envoyer des textes le concernant pour voir si il réagirait bien. Mais je me suis toujours retenue, par une sorte de fierté stupide et sans doute de peurs multiples. Aussi parce que c’est un journal et qu’après tout je n’ai pas à en rendre compte. Si il le souhaite, il pourra le trouver. Cependant je suis persuadée que Tristan est différent des autres, et qu’il me lira sans chercher à interpreter, avec plaisir ou ennui, curiosité ou indifférence. Mais pas pour s’approprier un peu de moi, de ce que j’écris.

(7) C’est étrange par certains coté je suis une inconnue totale pour Tristan. Ma réalité lui échappe complétement. Mais comment je suis sous la peau, c’est comme si il le captait. Un autre soir ou je levais mon minois en chuchotant :
« Tu m’en veux ?
Il m’avait embrassé et puis il avait répondu
« hum Carla, je sens que ça c’est une de tes petites phrases préférées et pas que avec moi…
Je m’étais tu un peu honteuse
« tu mérites une petite punition

____________

quelqu'un a t il eu le courage de lire jusqu'ici????

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mercredi 7 mai 2003 à 14h50
Cher journal hello Kitty, ou les aphorismes de Wilde sont décidement à l'honneur
"Ce n’est pas l’art qui imite la vie c’est la vie qui imite l’art"

Depuis que j’ai commencé ce journal, cette phrase a pris tout son sens. Mon écriture pénètre si bien ce que je suis, ce que je suis s’exprime si intimement dans mon écriture…Ceci est un journal…

Je me suis demandé parfois en appelant Tristan si je le faisais pour le vivre ou pour l’écrire. C’est idiot n’est ce pas ? ou cruel. Mais l’écriture est comme un support, une obligation d’agir, de me nourrir d’ailleurs, de transformer les évènements non pas en les retranscrivant mais en les faisant exister.

Peut être que sans ce journal je n’aurais pas osé me rendre chez Tristan ce premier soir.

Ou est ce le contraire ? Je ne sais plus.

Mais...

Parfois on m’interpelle « Carla, tu es ailleurs ! »

Oui j’écris dans ma tête, une idée est venue, une interrogation, j’écris et seul mon cerveau m’est témoin parce que souvent j’oublie en cours de route. Mais tout est passé sous le crible des mots.(1)

Est ce un mal ?

Journal, mon cher journal…et si nous arrêtions de nous voir tous les deux? si nous faisions une pause pour réflechir?

(1)Il n’y a que la personne que j’aime le plus au monde qui échappe à cette grille lecture, qui reste insaisissable même pour moi même. Avec elle je ne peux que vivre mes émotions, impossible de les retranscrire. Et surtout j’aurais peur de la vampiriser justement.

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mercredi 7 mai 2003 à 16h07
A ces messieurs qui semblent si bien pénétrer les mystères féminins...
Soyons crues, soyons cruelles…

Chers Messieurs,

Peut être que bien que vous avez raison,

que je suis compliquée

et j’irais prié dans le temple de la psychanalyse pour mon âme.

mais peut être bien que ça n’a strictement pas d’importance,

que c’est la vie et que c’est bon,

hum oui bon et délicieux et merveilleux et simplissimo…

Et foutons la paix à l’amour, l’amour est subjectif.

(les hommes sont ils plus doués que les femmes quand il s'agit d'amour? (y a qu’a lire les journaux !)

Il faut lire plus de poésie…
Il faut sortir de son carcan….
Lisez Rimbaud et devenez visionnaire !
C’est toujours mieux que prédicateur

Enfin…Chacun fait fait fait ce qui lui plaît plaît plaît pour citer des sources moins glorieuses mais très très très justes….

Hum….
Bien…
Oh !

Retournons à des sujets plus terre à terre...

Vous voulez tout savoir vraiment vous voulez tout savoir ?

voilà la vérité:

Plus Tristan me fait l’amour, plus j’ai envie de lui. Parce qu’il sait,
ou bien que nos corps sont faits pour s’entendre.

Ou peut être encore qu’il a réveillé mes instincts sexuels les plus bas, si bien que je suis devenue comme lui accro, droguée, shootée au sexe.

N’empêche ca fourmille drôlement depuis que je le connais.

La domination douce et féroce.

Et enfin ma souplesse est mise à profit…
il nous invente des contorsions fabuleuses qui me laissent rêveuse…
il déplace mes membres avec une facilité féline….
il traque dans le miroir mes expressions adaptant son corps au rythme de mes soupirs…
il m’utilise avec délicatesse mais fermeté…
Il me fait femme.

Et chaque fois mon corps s’expriment un peu plus un peu mieux.

La dernière fois vous savez, il a découvert que j’avais des jambes. « hum comme elles sont douces, comme elles sont jolies », il les a dévorées longuement avant de me faire l’amour et tous mes complexes s’oubliaient dans le plaisir de sentir ses dents se planter dans ma peau, ses mains s’accrochaient à mes cuisses comme si ils ne voulaient plus qu’elles s’échappent…

Et si les femmes cherchaient seulement ça, un homme qui ait la patience de leur apprendre la liberté, un homme qui sache ce qu’il veut et nous laisse le choix de céder à ses 4 volontés
sans long discours…

Ou peut être bien que nous sommes simplement tous différents, que nous ne recherchons pas les mêmes choses et qu’il faut laisser aux autres le droit de vivre autrement sans se sentir obligé de chaque fois le commenter, l’expliquer et encore moins donner des recettes qui ne sont pas forcément valables pour la voisine.

Si mes plaisirs, mes bonheurs, mes tristesses vous semblent futiles ou désaxés ou pire qu’il vous faille en faire des généralités sur les femmes, soit mais sachez que ça me bloque, ça m’inhibe et parfois me rend violente dans mes propos.

parce que je manque de confiance en moi et que je dois toujours me défendre de céder aux désirs des autres (1), je suis si malléable….

Parce que j’en ai assez de devoir justifier cette relation avec Tristan alors qu’elle me semble si évidente à moi….

Certes personne ne m’y oblige.

Mais j’ai la sensibilité à fleur de peau et surtout j’aime protéger ce que j’aime. Ce qui m’unit avec Tristan c’est le plaisir, et je trouve ça beau. Si d’aucuns souhaitent vivre une petite histoire bien sage avec une petite amoureuse bien sage et une vie très sage, libre à eux. Je trouve ça beau aussi. Et je me vois mal le reprocher à qui que ce soit.

Seulement voilà, moi je préfère faire l’amour sous les toits en mangeant du chocolat, rieuse et même heureuse.
Sans chercher à institutionnaliser cette relation, en la laissant libre d’elle même. (2)
Le bonheur se débat il ?

Et si demain j’en souffre, je ne veux pas qu’on me plaigne, encore moins qu’on me dise je t’avais prévenu.
Pourquoi ? Parce que dieu que c’était que c’est bon…Et j’ose le dire meilleur que toutes les relations que j’ai pu entretenir avec le sexe opposé quand il s’agissait de désir.

Bien sûr, je pourrais fermer ce forum (3)

Mais ce serait céder à ma fragilité(4) .

Et puis j’ai l’espoir de faire comprendre à la gente masculine ce qu’ils auraient du saisir dans « The Hours ». Que nous sommes des individus, et qu’il faut cesser de nous observer en tant que sexe. Ce que nous racontons ici ou même ailleurs c’est notre vécu, notre sensibilité, et ceci nous appartient en propre, quoique vous puissiez en penser, et même si d’autres l’on vécu avant nous.

Pourquoi ne pas simplement l’accepter ?

Souvenez vous…
Quand Virginia dit à son mari sur le quai de la gare
« c’est ma vie et tu ne pourras pas m’empêcher d’être ce que je suis, et d’en souffrir »

En attendant je suis heureuse.

Et il y a au moins deux hommes sur cette planète qui me comprennent : celui dont je suis amoureuse et celui avec qui je couche.
L’essentiel non ? (5)

Bien à vous messieurs

Carla

_____________________________________

(1)C’est mon problème, c’est tout à fait juste, mais c’est aussi mon journal

(2)Il n’y a pas si longtemps on n’aurait pas dit que c’est parce que j’attendais le grand amour ou que j’avais souffert à cause d’une grande brute, on aurait simplement affirmé que je manquais de vertu. La société occidentale est devenu plus tolérante dans les faits, mais dans la pensée, toujours aussi étriquée, ou sont ce les hommes qui ont du mal à suivre ?

(3)et d’ailleurs peut être bien qu’après tant de véhémence plus personne n’osera laisser de messages.

(4)encore une fois à cause d’un homme. (Pas toi particulièrement, mais c’est un fait, les messages des femmes ne me gênent absolument pas, au contraire, ils me touchent. Ceux des hommes me mettent mal à l’aise, encore un de mes problèmes. Je n’assume pas très bien les regards masculins qu’ils soient flatteurs ou dépréciateurs d’ailleurs)

(5)Mais de quoi se plaint elle ?

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mercredi 7 mai 2003 à 18h27
Discussion via sms, ou comment faire durer le plaisir
Envoi groupé à mes amis d'un sms

"ce soir apéro à la maison vers 20h, qui vient?"

Réponse immédiate de Tristan par sms

"Carla tu envoies ça à tout tes mecs?"

Réponse Carlaesque

"Non seulement à mes meilleures copines, ma chérie"

Réponse Tristanesque

" Bon alors tu es libre après, tu viens?"

Réponse Carlaesque

"non je ne te sens pas assez amoureux"

Réponse Tristanesque

"ok. alors appelle quand toi tu as envie de me voir"

Réponse Carlaesque

"Non, appelle toi quand tu as vraiment envie de me faire l'amour à moi rien qu'à moi"

Réponse Tristanesque

"Ce soir" (1)

Là j'ai du prendre mon téléphone pour expliquer que si monde il y avait chez moi ce soir, ça risquait de se finir tard....très tard....trop tard (2)

(1)Parfois nos dialogues tournent en rond, je le concède.
(2) tout ceci avec interférences des copains qui eux aussi sont assez gentils pour répondre

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mercredi 7 mai 2003 à 19h19
Alors que je devrais préparer les petits fours amoureusement....
Chéri je t'aime chéri je t'adore

A part sa capacité à oublier tout ce que je peux bien lui raconter (1), son narcissisme (2), le fait qu'il se drogue au sexe plutôt qu'à l'amour (3), la difficulté que j'ai à le faire sortir de son lit (4), et ses infidélités présumées (5), je ne trouve aucun défaut à Tristan, c'est vrai...

il est attentionné, (et vous?) (6)

doux (et vous?)

viril quand il le faut (et vous?)

adorable et prévenant (et vous?)

inquiet de mes petits désirs ( et vous?)

drôle (et vous?)

intelligent (et vous?)

passionné (et vous?)

amant extra ( et vous?)

beau et du charme.... (et vous?)

pas susceptible (et vous?)

attentif (et vous?)

respectueux (et vous?)

inventif (et vous?)

en un mot pas emmerdant (et vous???)

et vous pouvez ajouter qu'il sait faire des compliments d'une sincérité désarmante (7)

QUI MAIS ALORS QUI PEUT EN DIRE AUTANT? et encore j'en oublie la moitié dans l'émotion intense de ce moment...

(1) ce qui n'est sans doute pas plus mal

(2) que je trouve touchant et même évident, Narcisse est un être fragile, pourquoi toujours le mépriser?

(3) ce dont je lui suis gré et les lecteurs qui me suivent sûrement aussi sinon ils auraient arrêté de me lire

(4) surtout qu'il adore quand je réussis à le foutre dehors, c'est incroyable "ah oui c'était cool de sortir, tu avais raison". Bah!

(5) il a la délicatesse de ne pas en faire mention. Mais la dernière fois après le coup du superbe black avec qui je suis censée coucher dès qu'il a le dos tourné, il a vaguement évoqué une rousse qui le persecuterait

(6) vous et votre partenaire qu'il soit masculin ou féminin d'ailleurs

(7) et déroutant aussi parfois

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mercredi 7 mai 2003 à 19h57
serait elle une obsédée de...
Je croyais que la libération sexuelle était passé par là, d’ailleurs avant Tristan je croyais plein de choses…

L’avantage d’une relation sexuelle et complice c’est justement la facilité à dire sans avoir peur de blesser l’autre

J’ai envie de ça
Non pas comme ça
Regarde
Laisse moi faire
Je suis fatigué ce soir
Je préfère aller danser mais peut être plus tard ?
J’ai envie de toi
Je n’en peux plus
Comment tu as fait tout à l’heure ?
Non attends tu es trop douce là
Pause, j’ai un peu mal
Le lubrifiant c’est extra, tu sais plein de gynéco le conseille aux femmes
Cadeau : une nouvelle boîte de préservatif, je préfère ceux là
Reste dormir avec moi
Fais moi encore l’amour
Laisse toi faire
Raconte moi comme c’est quand tu aimes
Viens là par là sous les draps
Je dors
Je ne peux pas te voir tous les jours, tu me tiens éveillé toute la nuit !
Promets ce soir on se couche tôt
Tu me fais la cuisine ?
Tu veux m’épouser ?
Tu as une particule ?
Tu es une brute
Je suis ton objet
Poupée ne bouge pas
J’aime quand tu ronronnes
Je ne veux pas te partager
Ça m’est égal tant que tu ne m’en dis rien
Dis moi ton petit nom
Dis moi le tien
Tu es adorable
Rends moi la télécommande
J’aime bien aussi les conneries américaines mais il y a des limites même à la série Z
Les romans me gonflent
Tu aimes Perec ?
C’est l’exception, si j’écrivais je voudrais que cela soit comme lui
C’est une malédiction
Ophélie est une conne, la pire espèce, celle que est persuadée d’avoir raison et qui se complait dans sa stupidité
C’est pas facile pour elle avec ce physique
Tu veux que je fasse ma difficile ?
Non reste comme tu es, les emmerdeuses j’ai donné
Tu voudrais plus de mot d’amour ?
Non surtout pas, fais moi l’amour et tais toi
Tu mérites une petite punition
Je ne t’ai pas assez dévoré
Tu m’intimides

Et si j’allais voir dans ma cuisine si j’y suis ….

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jeudi 8 mai 2003 à 04h10
Des apéritifs qui s'éternisent ou comment je n'ai pas succombé à la tentation grâce au soutien d'amis fidèles (et égoïstes)
23h30 nous débattons modernité et mon portable sonne. C’est la mélodie de Tristan « song of matador » qui retentit. Je m’écris

« c’est Tristan ! »

Silence attentif de l’assemblée…Je réponds

« je te manque trop !
« Carla (il rit) et moi je te manque ?
« oui je ne sais pas attends

(je change de pièce parce que les oreilles sont trop curieuses)

« tu es libre bébé ?
« hum, tu me laisses 5mn je demande à côté si ils sont d’accord pour me laisser partir mais tu as envie de moi, vraiment ?
« ne gâche pas ta soirée
« ok mais toi tu veux quoi ?
« toi !
« 5 mn

Je vais dans le salon. A l’unanimité pour mon plaisir et ma déception on vote contre mon départ.

« Tristan je ne peux pas, mais demain ?
il rit
« tu es très demandée mais… demain je ne sais pas, j’ai des « trucs » à faire

(moui là il tente de me rendre jalouse)

« tu ne me préfères pas moi ?
« ah mais c’est que je ne peux pas décommander comme ça

(pourtant ca ne le gêne pas de me réclamer au dernier moment)

« Tristan je préfère que tu m’inventes des gros bons mensonges
« Carla ! (il rit) tu es trop mignonne
« oh et puis tant pis, décide toi avant midi sinon je me débrouillerais sans toi

Na.
je suis sûre que cet homme de néant-dertal ne rappellera pas avant vendredi ou plus loin encore….
Et le pire, il ne se souviendra même plus que j’avais fixé une limite de consommation.
Certains hommes poussent à l’infidélité.

Alice, amandine et Olga me veulent amoureuses. Elles ont sûrement raison. Dans une mesure toute Carlaesque.

Elles voudraient une fin heureuse. Je crois qu’elles rêvent. Ou peut être qu’elles aussi projettent.

Mon avis : j’ai peur de perdre Tristan parce que je crois que n’importe quelle fille déterminée à l’avoir pourrait l’obtenir. Le problème c’est que je me vois mal dans ce rôle. Mais c’est fatal, la première fille de bonne famille qui voudra se faire épouser y arrivera.

Pour moi ce n’est pas trop important. Mais si elle obtient sa fidélité ?

J’aime notre relation. Elle me protège.

Et je remercie ceux que j’aime de m’avoir demandé de rester avec eux. C’était bon.
D’être avec vous.
De dire non à Tristan sans regret.
Et tant pis pour lui si il me perd.
Non mais.

Ensuite nous avons fatalement discuté de l’infidélité…

Et j'avoue je n’ai rien contre tant que :
1-je ne sais rien
2-c’est ponctuel
3-en tant que menace je la trouve motivante

Oui après tout, se souvenir que l’autre n’est pas une évidence….
Et qu’il nous choisit chaque fois un peu mieux….

Je crois bien que je suis complétement....ivre?

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jeudi 8 mai 2003 à 13h12
Des résidus d'enfance
Je me regarde dans le miroir chaque matin pour tenter de m’y reconnaître. Je ne trouve rien de la petite fille que j’étais, ses longs cheveux noirs, ses yeux rieurs, son corps agile. Je suis autre, autrement…Pourquoi maman ?

Paris, 1989

_______________________________

Ma mère m’a confié la correspondance que j’avais entretenu avec elle depuis que je sais écrire. Parmi les lettres, il y a un texte écrit je suppose quand j’avais une quinzaine d’année, d’une violence inouïe. J’avais oublié combien je me sentais mal aimée de cette femme si parfaite. Papa me manque. Il a oublié l’anniversaire de mon frère.

Quand j’étais enfant mon père m’inventer des histoires, je jouais du piano, il m’accompagnait au saxophone et parfois il coiffait ma chevelure avec un sérieux touchant et maladroit. Plus tard c’était le tennis et le cinéma, nous allions l’après midi à pied dans le quartier latin voir des vieux films de Capra ou Lubitsch, ou faire un tour à Beaubourg ou mon oncle travaillait.

A 3 ans je faisais l’école buissonnière avec lui et il m’endormait avec Robert Wyatt

A 4 ans il m’emmenait avec lui en Italie et m’achetait un piano

A 5 ans mon frère naissait et il m’expliquait que je serais toujours sa fille aînée

A 6 ans j’écrivais mon premier poème pour lui, il me tenait la main avant mon premier examen de piano

A 7 ans il m’accompagnait à mes cours de danses

A 8 ans il me consolait de mes premières incertitudes et il me montrait comment faire marcher sa super 8

A 9 ans il promettait de ne jamais m’abandonner et m’emmener faire de la voile

A 10 ans il m’envoyait des colis en colonie de vacances

A 11 ans il choisissaitt mon collège et m’inscrivait à des cours de tennis

A 12 ans il m’emmenait dans les clubs de jazz et jouait régulièrement du saxo avec moi

A 13 ans il me choisissait un autre collège sur la rive gauche et me trouvait trop jeune pour sortir la nuit

A 14 ans je m'inscrivais au MJS. Je n’avais pas l’âge l’égal. Papa faisait le tour du quartier pour me récupérer en train de coller des affiches en pleine nuit.

A 15 ans il inspectait mes bras pour voir si je ne m’étais pas droguée et me demandait de lui envoyer mes petits camarades éventuels vérifier leur connaissance de la contraception.

A 16 il me prescrivait la pillule.

A 17 il me donnait la brochure du CELSA et me disait qu’il préférait que je le reveille en pleine nuit pour venir me chercher plutôt que je rentre avec des types saoules au volant

A 18 il me souhaitait bonne chance et m’aidait à installer mon studio

A 19 il découvrait mes dons graphiques et interrogeait sévèrement tous les hommes qui pouvaient me fréquenter

A 20 il m’expliquait que l’amour est une alchimie qu’il faut savoir faire vivre ce dont peu de gens sont capables

A 21 mes parents se séparaient et mon frère et ma mère me reprochaient, d’avoir toujours défendu mon père.

Rien n’a jamais été plus pareil depuis.

Un matin en me réveillant, en allant vers le miroir, j’ai cet espoir de me reconnaître à nouveau. De découvrir que je suis simplement là, simplement moi.

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jeudi 8 mai 2003 à 15h20
Cher journal hello Kitty
Cela fait deux semaines que j'ai commencé à te haïr.

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vendredi 9 mai 2003 à 17h33
Où partant d'une histoire de coeur brisé(e), on finit par s'essayer à la reflexion.( buisson ardent et refroidissement)
Félix vient de quitter mon adorable Olga.
Elle a appelé ce matin, et me l’a annoncé entre deux sanglots désespérés (1)

« je ne comprends pas je ne comprends pas Carla
« Olga mais qu’est ce qui t’arrive ? c’est si grave ? (2)
« Félix m’a quittée.

Elle n’avait pas dormi de la nuit, elle semblait épuisée.

« J’arrive ?
« oh merci Carla, oui là je vais dormir un peu mais dis tu veux bien dormir à la maison ? (3)

Elle a raccroché. Elle paraissait un peu soulagée.

Et un moment je suis restée rêveuse, le téléphone à la main.
Est que j’avais déjà pleurer comme ça quand un homme m’a quittée ?
est ce que j’avais déjà ressenti un amour si viscéralement inscrit dans mon corps que la perte était inenvisageable ?

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(1) et là je dois dire je n’ai pas pu m’empêcher de penser « les mecs sont vraiment tous des salauds » Et , après tout, Félix est censé être un poète et on est en droit d’attendre d’un poète qu’il soit plus délicat que le dernier crétin. Erreur erreur ! Comme quoi la profession ne fait rien aux qualités humaines. D’ailleurs les gentils poètes sont ils de vrais poètes ? Ne faut il pas une bonne dose de méchanceté pour faire de l’art et éclater son carcan ? Je dois admettre que rare sont les artistes que j’aime qui me sont sympathiques humainement….
(2) J’ai vraiment cru une seconde que son père s’était fait assassiner par la mafia russe, c’est bien le genre de la famille
(3) Les dernières fois ou nous nous sommes vus, j’ai senti la fragilité d ‘Olga. Ses incertitudes. Elle était si émouvante, son amour la rendait plus touchante que jamais, plus femme, plus fragile, plus réelle aussi….Oui, parce qu’Olga vit dans ses films, ses images, un peu à ma manière elle cesse rarement de se mettre en scène. C’est amusant, déroutant mais parfois on aurait envie de la prendre dans nos bras pour lui dire « je t’aime comme tu es tout ceci n’est pas nécessaire ». Ce serait idiot. Parce que justement, Olga est comme ça

___________________________________

Saute moutons: amie plaquée - chéri love - amour à partager - mariage - enfants

(ou comment j'ai vraiment faillit mal tourner)

J’ai suivi le débat sur le forum de Capucine à propos de la judaïté (1). Il m’a rendue triste (oui ça contredit la note 1 mais je ne suis pas hélas toujours en plein trip), parce que les discours ne changent pas, ils sont juste plus polis, plus lisses…

Mon univers à moi c’est plutôt le métissage sous toutes ses formes.
Et la dilution. (2)
J’en suis plutôt fière. (3) - c'est mon côté pom pom girl -

Cela dit, je suis assez d’accord quand Capucine (4) parle de valeurs à partager, principes, histoire. Je crois qu’elle a raison quand elle dit que c’est essentiel dans un couple. D’autant que je le signale, si on veut des enfants on a plutôt intérêt à partager un certains nombres de valeurs du côté de l’éducation.

Du coup je me suis demandée, mes valeurs à moi ?

Et j’en suis venue à m’avouer que jamais…
Non jamais….
Je ne pourrais vivre avec un homme qui ne se passionne pas pour son prochain, qui n’a pas envie de construire un monde plus juste, qui n’a pas fait des études supérieures, qui lit moins de 3 livres par mois, qui ne fréquente pas les ciné d’arts et d’essai, qui n’aime pas Kandinsky, qui ne vote pas à gauche, qui répond « Rothko ? le type qui fait des grands rectangles ? », qui n’a pas des goûts musicaux que je respecte….

mais qu’est ce que je raconte ? C’EST JUSTEMENT CE QUE JE NE VEUX PAS, rester une petite bourgeoise très sage et bien sous tout rapport (5)

Je blague. La nunuche que je suis rêve d’un bad boy révolutionnaire tout droit sorti de sa cité (6)

N’empêche je tombe toujours sur des fils de bonne famille. (7)
L’époque manque décidément de passion.

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(1) tout ça m’a bien fait rire mais je le signale je suis sous drogue et je n’ai pas la télé
http://mon.journalintime.com/capucine/forum/6576



(2) Oui je me souviens d’un orthodoxe m’expliquant que des types comme mon père était coupable de génocide (en épousant une chrétienne)

(3) les grands discours d’intention, les concepts qui nous transcendent...ça me fait rire droguer, ça me rend triste le reste du temps. J’aime le particulier, la différence, la multitude, les zones d’ombre je préfère papillonner, apprendre, découvrir et finalement ne jamais rien savoir. Et si on m’interroge sur mon passé de militante je répondrais que l’un n’empêche pas l’autre….
(4) Autre débat sur son forum http://mon.journalintime.com/capucine/forum/6711

(5) aucun jugement de valeur, d’ailleurs demain il se pourrait bien que je dise ici même : je veux être une petite bourgeoise très sage et toute lisse et toute parfaite dans son rôle mais c’est syndrome miss dalloway, vous n’avez pas suivi !
(6) ou d’un Corse ?
(7) Le hasard ? Si seulement….

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Mais en réalité c’est beaucoup plus compliqué que cela. Evidemment. (1)

Adolescente, dans mon lycée catholique, on murmurait que si j’étais brillante c’est parce que j’étais juive, ma grand mère ne désespérait pas qu’avec mon nom un juif m’épouserait, un type une fois m’a affirmé qu’il ne verrait aucun inconvénient à me mettre dans son lit mais que n’étant pas juive notre histoire devait se limiter géographiquement là, on m’a insulté pendant le ramadan parce que je fumais une cigarette en journée et publiquement….
mon père a longtemps été contre le sionisme.

et moi ?

J’évite la communauté juive et elle me le rend bien, mon fils a trois nationalités, porte le nom d’un patriarche, il n’est ni circoncis ni baptisé. Mais son pédiatre porte la kippa pendant les consultations.

Seulement ça c’est un hasard.

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(1)C’est d’ailleurs pour ça que c’est pénible cette tendance à vouloir systématiser. D’un autre côté c’est nécessaire je sais bien. Créer un modèle qui sera forcément imparfait pour après n’avoir de cesse de le perfectionner….

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C’est fou ! je comprends chéri love quand il dit qu’il a du mal à se relire : ça me fait le même effet que je tente d’être posée et réflechie

« Carla ! retournez à vos plumes !

Mea culpa. Je voulais tenter l’exercice



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samedi 10 mai 2003 à 03h13
crise amoureuse d'Olga, deuxième version
J’écoutais Olga et intérieurement je bouillais

« Felix est un pervers, c’est dégueulasse de faire ceci , de dire cela, mais je l’aime mais ma mère m’avait prevenue, mais il a tout, alors pourquoi il gâche tout… »
Dure. Un peu méprisante.

« moi je ne ferais jamais ça, moi je ne suis pas comme ça

Alors Olga ma mie, pourquoi être amoureuse d’un type que tu qualifies d’un tas de mots dégradants ?
C’est encore l’amour qui a frappé à tort et à travers ?
Quel crétin !

Elle était la toute droite dans son chagrin. Elle attendait de moi que je trouve ou corrobore des défauts Félixien.

Je n’en avais pas envie. Je me fiche de Felix, complètement. Je pense qu’il ne mérite pas Olga si il ne sait pas la garder.

Mais je sais qu’il est profondément désespéré, plus sûrement qu’elle ne le sera jamais. Et déconnecté de la réalité.

Je sais aussi qu’il lui a déjà fait assez de mal depuis assez longtemps pour que son départ à elle soit logique. Alors que c’est un peu simpliste de les réduire au rôle de victime et bourreau.

Que malgré tout c’était une belle histoire.

Je n’avais pas envie de la détruire pour mettre du baume à l’égo d’une de mes meilleures amies.

Olga avait des crises d’angoisse bien avant de connaître Félix.
Olga ne supportait pas son corps avant de connaître Felix.

Je ne crois pas les hommes coupables de tout.

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samedi 10 mai 2003 à 03h16
où il s'agit de question
Depuis qu’O m’a posé la question, ça cogite.

Pourquoi écrire un journal en ligne ?

Parce que j’aime écrire mais que je ne sais pas finir.

Non, sérieusement !

Oui j’adore ça écrire, j’adore lire aussi et puis le cinéma c’est sensationnel et …. enfin j’adore les histoires. Les histoires des gens, les fils qui se tissent, Spinoza et la psychanalyse et même les thérapies familiales de Maimonide…

Tout de suite les grands noms !

Envie de raconter mon monde ? mon univers ? de le reconstituer ? et donc d’en découvrir les liens ? Redécouvrir ma vie de jeune femme ordinaire ? (1)


Petit flash back : synthèse expéditive du comment au pourquoi une petite fille ordinaire écrit un journal

Depuis que j’écris un journal c’est à dire ma plus tendre enfance (sortez les pâquerettes), j’ai toujours imaginé que ma fille le lirait un jour.
Et lui laisser cette trace de moi c’était ne pas oublier combien certains moments sont étranges, éprouvants, injustes, solitaires…Une manière de lui dire, moi aussi j’ai vécus cela, tu n’es pas si seule toutes les petites filles, toutes les adolescentes ont des hauts, des bas.
Parce que ma mère ne racontait rien de son histoire. Et j’en souffrais.
Parce que parfois je me demandais si Papa se rendait compte que le monde changeait plus vite que lui.
Pour ne pas oublier que j’avais été aussi une enfant.
Pour le plaisir du souvenir. Aussi.

Créer des racines par l’écrit

Quand je relis mes vieux journaux, parfois je ris parce que je me trouve émouvante et ridicule. Parfois je pleure, certaines blessures restent identiques à elles mêmes. Je me ressemble. Et curieusement je me sens plus courageuse.

Au présent et en ligne

Je n’écris pas de la même manière.
De confident le journal est devenu lecteur. (2)

Seulement voilà je rêvais d’autres choses

D’un journal hello kitty tout rose où forcément je ne serais que de passage avec un lectorat essentiellement féminin. Dans le forum on se serait échanger des recettes de cuisine ou d’aphrodisiaque, on se serait confier nos gros chagrins, on aurait pesté contre ce monde trop injuste, on aurait avoué en rougissant qu’on avait eu les félicitations du jury.

Ma vie de célibataire recommençait, ma vie toute courte prenait forme précisément. Un moment d’euphorie(3) L’envie d’écrire, de raconter,

le bonheur tout petit, ne plus le mépriser.

Je n’étais pas amoureuse.
Je remplaçais l’amour par des mots
J’investissais mon écriture de mon besoin d’aimer,
de vivre à travers l